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(7 novembre 2018)


« …Contrairement à ce que raconte un Kuzmanovic, ce n'est pas la République française, mais c'est le prolétariat allemand qui a vaincu le second Reich ! »

11 novembre : lutte pour la vérité historique et pour renouer avec l'internationalisme prolétarien vont de pair ! par Aplutsoc

 




Dimanche prochain 11 novembre, Macron commémore l'armistice mettant fin aux combats de la première guerre impérialiste mondiale en invitant à Paris un grand nombre de chefs d'Etat  - les représentants d'une soixantaine de pays en tout-, à commencer par Trump et Poutine.

Officiellement l'accent serait plus mis sur la dimension de la "paix" que sur celle de la "victoire" dans la façon dont est organisée cette commémoration, ce que manifesterait l'absence de défilé militaire officiel. Ceci a notoirement contrarié les généraux, dont G. Kuzmanovic, récemment encore porte-parole de J.L. Mélenchon, s'est fait le porte-voix dans une tribune estimant que c'est, en somme, à nouveau capituler devant l'Allemagne que de ne pas faire défiler les tanks et les avions devant Macron, Trump et Poutine.

En réalité le simple fait que ce soit en France que tous les chefs d'Etats des pays qui furent belligérants en 1914-1918 soient conviés pour ce centenaire, suffit à signifier qu'il s'agit bien d'une apologie de l'impérialisme français, prétendument "victorieux" en 1918.

Les discours et éléments de langage officiels, abondamment diffusés dans beaucoup d'établissements scolaires au mépris de la liberté de conscience des élèves et des personnels, mêlent hypocritement l'apologie des "combattants de 14-18" qui auraient volontairement "accepté" leurs souffrances, à l'apologie de l'ordre diplomatique mondial contemporain tel que l'organisent l'Union Européenne, l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord et l'Organisation des Nations Unies, ordre appelé par antiphrase "la paix".

 La bataille pour la vérité historique et le combat révolutionnaire pour la survie de l'humanité contre l'accumulation du capital sont liées : non, la première guerre mondiale n'a pas pris fin le 11 novembre 1918 sur le constat d'une supériorité militaire des "alliés" dont le plus gros contingent de chair à canon avait été fourni par l'impérialisme français !

La première guerre mondiale a pris réellement fin deux jours avant, lorsque, reprenant les aspirations de la révolution russe des ouvriers, des paysans et des nationalités opprimées, et des soldats, ouvriers et paysans de toute l'Europe, d'Amérique et des colonies, des centaines de milliers de manifestants à Berlin, formés en trois colonnes, ont pris d'assaut et se sont emparés des centres du pouvoir : la colonne conduite par le social-démocrate révolutionnaire Adolf Hoffman, député zimmerwaldien, a pris l'Hôtel de Ville, la colonne conduit par le social-démocrate révolutionnaire Emil Eichhorn a ouvert les prisons et pris la préfecture, et la colonne conduite par le social-démocrate révolutionnaire Karl Liebknecht, le drapeau vivant de la révolution contre la guerre depuis son vote, seul, de rejet des crédits militaires au Reichstag en décembre 1914, a pris le palais impérial et le parlement.

Contrairement à ce que raconte un Kuzmanovic, ce n'est pas la République française, mais c'est le prolétariat allemand qui a vaincu le second Reich !

Les généraux de celui-ci, dont le futur parrain politique d'Adolf Hitler, Luddendorf, sont pour cette raison allés signer la fin des combats avec les généraux français et "alliés" afin de pouvoir préserver une force armée appelée à réprimer la révolution.

D'où le 11 novembre, qui n'a mis fin ni à la mobilisation - les soldats sont restés mobilisés jusqu'en juillet 1919 - ni aux combats dans les Balkans, et à l'envoi de corps expéditionnaire par l'infâme Clemenceau pour saigner les révolutions hongroise, russe et ukrainienne, contre qui se lèvera la mutinerie des marins de la mer Noire !

 Mener cette bataille, notamment à travers les actions engagées par les associations d'anciens combattants non bellicistes, pacifistes et libre-penseuses, pour la mémoire des centaines et des centaines de "fusillés pour l'exemple", exige la clarté dans les combats présents.

C'est pourquoi il est regrettable que les principaux appels à une manifestation dimanche 11 novembre à 14h Place de la République à Paris, ne parlent que de "Trump la guerre", alors que son ami et mentor Vladimir Poutine sera l'autre grand invité de M. Macron.

En 14-18 le combat contre la guerre impérialiste passait par l'action commune de la révolution russe, de la révolution allemande ou de l'insurrection irlandaise. Aujourd'hui le combat contre la guerre impérialiste passe par la lutte pour renouer le lien internationaliste de l'action commune des yéménites qui résistent aux bombardements saoudiens comme à l'obscurantisme d'al-qaida aussi bien que des "Houthis", et des syriens et kurdes contre Bachar el Assad et Erdogan.

Il ne saurait y avoir de combat anti-impérialiste qui s'en tienne à un seul impérialisme, fut-il dominant (d'autant plus que l'impérialisme des Etats-Unis est dans une crise grave). Le "campisme" conduit à choisir un camp impérialiste.

Nos ennemis de classe eux savent à quoi s'en tenir : Daniel Ortega, dictateur "de gauche" du Nicaragua, vient de féliciter le fasciste Jair Bolsonaro pour son élection soi-disant "démocratique" au Brésil !

Le collectif APLS appelle :

- à participer à la manifestation dimanche 11 place de la république à 14h indépendemment de ses initiateurs, en dénonçant Macron, Trump et Poutine,

- à participer la veille au même endroit à 18h 30 à la manifestation pour la libération de Oleg Sentsov et de tous les prisonniers politiques ukrainiens en Russie,

- à participer aux rassemblements organisés dans de nombreux départements, notamment à l'initiative de la Libre pensée, pour la "réhabilitation collective des fusillés pour l'exemple" de 1914-1918,

- à expliquer, expliquer et encore expliquer, dans toutes ces initiatives, la nécessité pressante de reconstituer l'internationalisme  prolétarien véritable, qui affronte tous les Etats et tous les gouvernements.

 


 

 

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Page 2 (7 novembre)