Blog de Robert Duguet - Décembre 2017 /contact:

Meeting pour défendre l'honneur du militant ouvrier Gérard Filoche, première impression par Robert Duguet


 

Samedi après-midi j’ai tenu à me rendre à la bourse du travail de Paris à la réunion convoquée pour la défense de Gérard Filoche et son honneur de militant, attaqué par les médias, la direction du PS et vraisemblablement aussi l’appareil d’Etat pour antisémitisme. 80 militants étaient présents dont un grand nombre de cadres syndicaux de toutes les confédérations : Gérard est connu, outre sa position de membre du conseil national du PS, comme un militant ouvrier, connaissant à fond le droit social (ex-inspecteur du travail), qui a toujours répondu présent pour défendre des syndicalistes attaqués dans l’exercice de leur mandat. Personne ne peut croire une minute que Gérard soit un raciste et un antisémite… L’opération visait à interdire toute discussion démocratique dans le cadre du congrès de février 2018 du PS. Tout ce qui est lié à la contre-révolution macronienne se rassemble pour interdire tout ce qui pourrait jouer un rôle dans effectivement la reconstruction d’une gauche digne de ce nom.

Toutefois l’intervention finale de Gérard, mi-figue mi-raisin, me laisse sur ma faim: que vont-ils faire maintenant? On tourne la page de l’existence d’une composante gauche du PS et on se rassemble avec tous ceux qui veulent reconstruire, ou on espère encore jouer un rôle dans le congrès de Février?

 


Les plagiats de Monsieur Ormesson, par Robert Duguet



Les deux derniers textes publiés de Monsieur Ormesson sont :

« Un jour je m’en  irai sans en avoir tout dit » (2013)
« Je dirai malgré tout que cette vie fut belle » (2016)

Deux très beaux titres d’ouvrages, il est vrai, en fait deux alexandrins, pillés chez Louis Aragon. Si on feuillette ces deux ouvrages, on constatera que la source n’est pas indiquée, la voilà :

Il s’agit d’un texte de la fin de l’œuvre poétique d’Aragon, qui est par ailleurs un de ses plus beaux poèmes (Monsieur Ormesson ne vole pas n’importe où, car plagier est un vol  !), « Les Yeux et la Mémoire »

« C’est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midi d’incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes… »

Et la dernière strophe :

« …Malgré tout je vous dis que cette vie fut belle
Qu’à qui voudra m’entendre ici à qui je parle ici
N’ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle. »


Que la vie en vaut la peine, par Louis Aragon

Tiré de "Les Yeux et la Mémoire"


C’est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midi d’incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes

Rien n’est si précieux peut être qu’on le croit
D’autres viennent Ils ont le cœur que j’ai moi-même
Ils savent toucher l’herbe et dire je vous aime
Et rêver dans le soir où s’éteignent des voix

D’autres qui referont comme moi le voyage
D’autres qui souriront d’un enfant rencontré
Qui se retourneront pour leur nom murmuré
D’autres qui lèveront les yeux vers les nuages

Il y aura toujours un couple frémissant
Pour qui ce matin-là sera l’aube première
Il y aura toujours l’eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n’est le passant

C’est une chose au fond que je ne puis comprendre
Cette peur de mourir que les gens ont en eux
Comme si ce n’était pas assez merveilleux
Que le ciel un moment nous est paru si tendre

Oui je sais cela peut sembler court un moment
Nous sommes ainsi faits que la joie et la peine
Fuient comme un vin menteur de la coupe trop pleine
Et la mer à nos soifs est un commencement

Mais pourtant malgré tout malgré les temps farouches
Le sac lourd à l’échine et le cœur dévasté
Cet impossible choix d’être et d’avoir été
Et la douleur qui laisse une ride à la bouche

Malgré la guerre et l’injustice et l’insomnie
Où l’on porte rongeant votre cœur ce renard
L’amertume et Dieu sait si je l’ai pour ma part
Porté comme un enfant volé toute ma vie

Malgré les méchancetés des gens et les rires
Quand on trébuche et les monstrueuses raisons
Qu’on vous oppose pour vous faire une prison
De ce qu’on aime et de ce qu’on croit un martyre

Malgré les jours maudits qui sont des puits sans fond
Malgré ces nuits sans fin à regarder la haine
Malgré les ennemis les compagnons de chaînes
Mon Dieu mon Dieu qui ne savent pas ce qu’ils font

Malgré l’âge et lorsque soudain le cœur vous flanche
L’entourage prêt à tout croire à donner tort
Indifférent à cette chose qui vous mord
Simple histoire de prendre sur vous sa revanche

La cruauté générale et les saloperies
Qu’on vous jette on ne sait trop qui faisant école
Malgré ce qu’on a pensé souffert les idées folles
Sans pouvoir soulager d’une injure ou d’un cri

Cet enfer Malgré tout cauchemars et blessures
Les séparations les deuils les camouflets
Et tout ce qu’on voulait pourtant ce qu’on voulait
De toute sa croyance imbécile à l’azur

Malgré tout je vous dis que cette vie fut belle
Qu’à qui voudra m’entendre ici à qui je parle ici
N’ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle.

 


Sur l'antisémitisme, par Vincent Présumey

09 décembre 2017


 

La soi-disant "affaire Filoche" a permis une provocation visant à lyncher Gérard Filoche et à éliminer le courant qu'il représente, et en général le combat pour l'unité ouvrière contre la destruction du code du travail. Elle appelle donc pour première réponse une contre-attaque pour cette unité et contre cette destruction. Elle intime aussi aux militants ouvriers d'approfondir la question de l'antisémitisme, pour savoir le débusquer, le combattre et éviter ses pièges. Cela, les idéologues du capital ne le feront pas, même quand ils le prétendent. Amorcer cet approfondissement est l'objet du présent article.

Posons d'abord des distinctions de base mais qui peuvent surprendre. L'antisémitisme sous sa forme vraiment contemporaine n'est pas un racisme "ordinaire". Le raciste reconnaît ses cibles, à leur pigmentation surtout. L'antisémite les démasque, parce que l'apparence ne le permet pas : elles "cachent bien leur jeu". Le racisme "ordinaire" voit la différence et la dénonce, l'antisémite prétend voir ce qui est caché sous la non-différence.

Seconde distinction. L'antisémitisme contemporain hérite de l'antijudaïsme ancien mais en diffère. L'opposition culturelle violente envers le monothéïsme hébreu apparaît dans l'Antiquité. Le christianisme, dont l'origine est juive, mais qui fait corps avec Rome, systématise la relégation. L'islam, dont l'origine est judéo-chrétienne, en fait autant - envers les chrétiens aussi. La première croisade inaugure ce que l'on appellera plus tard les pogroms. Luther après une phase philojudaïque devient un dénonciateur acharné, pour qui usure et judaïsme vont de pair. Cet héritage historique est très lourd, mais par rapport à lui l'antisémitisme est une idéologie moderne, non religieuse.

Le mot est forgé pour désigner carrément un mouvement politique allemand, la Ligue antisémite de Wilhelm Marr (1879). Les pogroms fomentés par la police tsariste sont lancés après l'exécution d'Alexandre II par les narodniks en 1882. La racialisation de l'identité "juive" permet de persécuter des personnes d'origine juive mais qui s'étaient acculturées et ne se considéraient plus forcément juives. A la fin du XIX°, en partie en réaction à l'antisémitisme, se constitue une identité nationale juive, avec un courant prolétarien, le Bund (émancipation nationale sur place dans la lutte commune avec tous les opprimés) et un courant d'origine bourgeoise, le sionisme (émancipation par la constitution d'un Etat-nation qu'il faut donc localiser et qui le sera en Israël-Palestine). Les nazis adoptent une vision du genre humain systématiquement raciste, dans laquelle les Juifs ne sont pas la race "inférieure" comme tous ceux que les "aryens" doivent asservir, mais la race maléfique qui menace la germanité et fait dégénérer les autres races. L'antisémitisme est ici la clef de voûte du racisme.

Pour les nazis la judéïté était soi-disant héréditaire, "raciale". Mais la race maléfique entre toutes est chargée de tous les malheurs du monde : le traité de Versailles, les méfaits du capitalisme et la perdition que serait la révolution sociale lui sont, tout ensemble, mis sur le dos, ainsi que les maladies vénériennes, etc. Nous voyons là l'idée du complot se mêler à l'idée raciale et la déterminer : la "race juive" se définit par son complot. L'œuvre maîtresse, toujours rééditée, est le faux tsariste Protocole des sages de Sion. Dans les notes qu'Hitler aurait dictées à Martin Borman dans son bunker en 1945, les Juifs deviennent une "race mentale" qui aurait existé même sans l'Ancien testament, besoin pathologique d'un ennemi absolu.

Dans la vision "national-socialiste", l'antisémitisme tient lieu de (fausse) lutte émancipatrice. C'est ce fantasme qui est au cœur de l'antisémitisme contemporain et qui le nourrit. Sa production est fondée sur la manière dont le capital se reproduit et s'accumule : tout semble naturel dans le capitalisme, les choses ont un prix, le travail vaut un salaire, etc. Et pourtant tout part à vau-l'eau, chômage, crises, guerres, destruction de la planète. Très naturellement, la toute-puissance spontanée, et reproductrice du capital, du fétichisme des marchandises et de l'argent, interdit de saisir immédiatement que le problème vient d'eux, en tant que rapport social parvenue à l'autonomie. On va donc accuser des méchants de falsifier, de voler, de tromper. Par exemple on fait des "patrons voyous" le problème n°1 (il y a bien sûr des patrons-voyous, mais la nécessité d'accumuler les pousse tous à cela). Même chose en général avec "la finance" envisagée comme un secteur malsain, comme si ce n'était pas la production capitaliste qui l'engendre. On va aussi trouver des Etats-coupables, ou des peuples-coupables. Les Etats-Unis sont assurément un bon client. Au final, la révolte contre les conséquences de l'accumulation du capital, détruisant humanité et planète, lorsqu'elle ne parvient pas au niveau de conscience et d'organisation politique qui s'en prend à la propriété capitaliste et à l'Etat eux-mêmes, conduit à fantasmer des boucs émissaires (parfois partiellement coupables en effet, mais nullement de manière fondamentale, comme le montrent nos trois exemples des "patrons voyous", de la "finance" et des "Etats-Unis").

Je viens très sommairement de présenter une thèse qui relie antisémitisme et capitalisme, et envisage l'antisémitisme comme une forme extrême, mais nécessaire, de fétichisme automatiquement produit par les conditions apparemment "naturelles" de l'accumulation capitaliste. Cette thèse s'appuie principalement sur les travaux d'un important spécialiste de Marx, héritier de l'école de Francfort et par là du marxisme vivant du premier XX° siècle, Moishe Postone.

Si on la saisit dans toute son ampleur, alors on comprend qu'il n'y a pas de "question juive", mais une question antisémite, engendrée par les conditions d'existence sous la domination du capital. Cette représentation fétichiste de l'Ennemi dont le Complot cause nos malheurs ne se porte pas nécessairement sur les Juifs, mais elle leur tombe souvent dessus en raison de l'héritage historique chrétien et musulman, d'autant que c'est bien avec l'antisémitisme qu'elle a pris sa forme caractéristique. Ainsi, le génocide commis contre un groupe social ruandais, les tutsis, en 1994, a été fomenté en transposant sur eux tous les fantasmes de l'antisémitisme.

Et rien ne permet de prétendre qu'avec la défaite de Hitler la question antisémite aurait été réglée. Quelques années après on avait le "complot des médecins" de Staline à l'Est, où l'antitrotskysme a lui aussi repris les schémas et souvent fusionné avec l'antisémitisme, et le procès Rosenberg à l'ouest.

Bien entendu, dénoncer les patrons voyous, la toute-puissance de la finance, ou l'impérialisme nord-américain, ce n'est pas être antisémite : mais ces causes du combat des exploités et opprimés doivent, dans leur propre intérêt, en être soigneusement démarquées et séparées. Une intolérance radicale est nécessaire sous peine de gros plantage. Militants ouvriers, il nous faut l'apprendre. Et vite.

La même chose vaut pour la défense des droits nationaux palestiniens. Il est évident que l'oppression nationale des Palestiniens, constitués en nation justement par leur résistance à l'Etat israélien, Etat capitaliste et colonial mais aussi refuge de populations juives persécutées (par les nazis, et par la suite par les régimes nationalistes arabes et les monarchies musulmanes, par les régimes staliniens et par les militaires éthiopiens), doit être combattue, et qu'elle permet en même temps d'alimenter l'antisémitisme.

Les Etats arabes et les mouvements islamistes se font passer pour pro-palestiniens en donnant à cette cause un caractère absolu, fétichiste, qui ne sert en rien les Palestiniens. De même, les militants ouvriers ne peuvent se contenter de manifester leur solidarité avec "Gaza". La solidarité réelle avec Gaza passe par la solidarité avec Alep et le peuple torturé de la Ghouta de Damas. L'"antisionisme" est lui-même un terme ambigü. L'identité nationale judéo-israélienne, autrement dit sioniste, est un fait. Hériger l' "antisionisme" en vertu cardinale aux côtés de l'anti-capitalisme, etc., ouvre grand cette ambiguïté : s'agit-il d'affronter la colonisation, l'oppression nationale et les forces militaristes et religieuses israéliennes, ou d'affronter ce peuple en tant que Mal radical ? Dans le premier cas on combat le capital, dans le second on tombe dans la pire de ses productions fétichistes.

Dieudonné s'est paraît-il produit à Marseille voici peu devant 8000 personnes à guichets fermés. Ricaner sur des euphémismes et des grossièretés visant les J... sans le dire est un plaisir pervers antisémite, rendu possible par le déni de la question antisémite à gauche et dans les milieux populaires d'origine musulmane depuis des décennies. Ce déni a une expression théorique officielle : l'idée selon laquelle l'"islamophobie" aurait remplacé l'antisémitisme, lequel ne saurait par conséquent exister. Les antisémites nouveaux ne se considèrent pas tous comme antisémites, le fétichisme s'auto-dissimule, mais il est là, agissant.

N'ayez aucune illusions, camarades, le ventre est encore fécond, car il s'agit du capital. Un débat très sérieux sur ces questions s'impose. On nous accuse maintenant d'être antisémites si nous dénonçons les banques, comme l'a fait M. Apathie à propos de ... François Hollande au Bourget ! La très bourgeoise et réactionnaire Revue des deux mondes consacre une "enquête" du sociologue P.A. Taguieff sur l'antisémitisme qui caractériserait la gauche, comme le prouverait ... Gérard Filoche. En effet, dans ses convictions profondes, celui-ci n'aime pas les capitalistes : il est donc antisémite ! M. Taguieff ne combat pas ici l'antisémitisme, il dénonce "'l'antisémitisme anticapitaliste et révolutionnaire" alors que l'antisémitisme est capitaliste et contre-révolutionnaire. Il est la colère déviée sur un fétiche. N'ayons aucune illusion : les défenseurs du capital ont intérêt à attiser l'antisémitisme et à nous y assimiler. Démontrons que le seul vrai combat contre l'antisémitisme est anticapitaliste !

 


Quarante cinq mille partisans de l’indépendance de la Catalogne dans les rues de Bruxelles, Par Jean-Pierre Stroobants

Correspondant du Monde à Bruxelles

Source: http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/12/07/quelque-45-000-partisans-de-l-independance-de-la-catalogne-dans-les-rues-de-bruxelles_5226172_3214.html


 

Les manifestants font une démonstration de force devant les institutions européennes, à deux semaines d’élections régionales cruciales en Catalogne.
 

 
Une pluie battante, un vent intense et l’indifférence des institutions européennes, qu’ils tentaient une fois encore d’appeler à l’aide, l’accueil réservé aux dizaines de milliers de catalans venus défiler en soutien à l’indépendance de la Catalogne, Jeudi 7 Décembre 2017 à Bruxelles, a été glacial, dans tous les sens du terme.
 
Environ quarante-cinq mille personnes, selon les chiffres de la police, s’étaient rassemblées dès 10 heures du matin dans le parc du Cinquantenaire, avant de suivre un court itinéraire dessiné pour éviter le siège du conseil européen, du parlement européen et de la commission européenne, dont elles n’auront vu que l’arrière. Seul Carles Puidgemont, flanqué d’une garde personnelle et de policiers belges en civil, fut autorisé à traverser le rond-point Robert Schuman, où les organisateurs avaient espéré, en vain, conclure cette manifestation, dont l’ampleur a dépassé toutes leurs espérances.
 
Le rassemblement a lieu au cœur de la campagne pour des élections régionales cruciales en Catalogne, le 21 décembre 2017. Carles Puigdemont, visé par des poursuites judiciaires en Espagne, a annoncé Mercredi 6 Décembre 2017 son intention de rester en Belgique pour l’instant, au lendemain du retrait par un juge espagnol du Mandat d'Arrêt Européen (MAE) émis par Madrid.
 
« L’Europe, je n’y crois plus. Je suis seulement là pour défendre mon gouvernement contre un gouvernement espagnol corrompu, aux mains d’une vieille garde franquiste », explique le jeune Sergi, venu de Barcelone avec son labrador. Un peu plus loin, Josef est l’un des rares protestataires à arborer un drapeau européen. Catalan, il travaille au parlement européen, à Bruxelles, depuis un peu plus d’un an et il aimerait croire que l’Europe peut encore servir de médiatrice. « Cela suppose toutefois des concessions de Madrid et c’est peu probable », redoute-t-il. Venu défiler avec son épouse, Navarro, barbe grise et bonnet noir enfoncé jusqu’aux yeux, tient, lui, à expliquer qu’il est « encore européen », mais il déplore que « Bruxelles, trop éloignée des réalités, oublie les catalans ».
 
« Europe, réveille-toi. L’histoire te jugera », clame une bannière arborée par des retraités arrivés de Badalona. Des jeunes, plus irrévérencieux, s’en prennent à Jean-Claude Juncker, invité à embrasser leur arrière-train. « Y a-t-il quelqu’un qui nous écoute », interroge une autre pancarte.
 
Le défilé est porteur de beaucoup de slogans et de pas mal de contradictions. Des militants flamands d’extrême droite saluent leurs « frères » catalans, tandis qu’un peu plus loin un militant trotskiste belge explique que « c’est la question sociale qui a réveillé la question nationale et, en tant que marxiste, nous ne pouvons donc que soutenir la volonté populaire ». La Nieuw-Vlaamse Alliantie (NVA), le parti indépendantiste flamand qui a remisé son programme institutionnel et qui privilégie désormais la participation au pouvoir fédéral belge, assure également une présence, somme toute assez discrète. Le parti se dit cependant solidaire des exilés qui ne sont, désormais, plus visés par un MAE, à la surprise générale, la justice espagnole a décidé, Lundi 4 Décembre 2017, d’arrêter la procédure à leur encontre.
 
Le cortège est parsemé de nombreux drapeaux jaunes ornés d’un lion noir, la bannière de la Flandre. « C’est pour remercier la justice et le gouvernement belge d’avoir accueilli Carles Puigdemont et ses ministres », explique Oriol, un étudiant en informatique. Si on lui objecte que le drapeau du pays n’est pas celui de la Flandre, il répond que « c'est la même chose ».
 
Les principaux soutiens dont bénéficient, en Belgique, Carles Puigdemont et ses quatre ministres en exil sont, en tout cas, flamands. Un feuillet distribué dans le cortège, remerciant le royaume de « prendre soin de notre président », déplore, en néerlandais, « le fascisme qui peut se manifester impunément dans les rues de Catalogne » et il fait remonter à 1716 le début de l’oppression de la région, quand Philippe V avait « intégré par la force » la région à l’Espagne honnie.
 
Placée décidément sous le signe de l’Europe, la manifestation s’est achevée par une longue séance politico-musicale au square Jean-Rey, du nom d’un ancien président belge de la commission européenne. A peine réchauffés par l'hymne à la joie, de Ludwig van Beethoven, l’hymne officiel de l’Union Européenne, et par des chants nationalistes, les soutiens de Carles Puigdemont ont écouté celui-ci s’en prendre à l’inaction de la commission européenne et assurer que lui et ses concitoyens continuaient cependant à croire en l’Europe, « une autre Europe ».

 


Déclaration de la liste Delteil : résultats élections Orthez (Béarn)

Source : https://www.facebook.com/ListeGaucheOrthez/


 

Nous tenons tout d'abord à remercier les 317 électeurs d'Orthez et Ste Suzanne qui ont voté pour la liste Rassemblement soutenue par le POID, le PCF-Front de Gauche, les Amis de Guy Môquet et des citoyens de sensibilités diverses, montrant par ce vote l'implantation de la vraie gauche sur Orthez et Ste Suzanne.

Dans un contexte où l'abstention massive, conduisant à 45% de votes exprimés, le Parti du gouvernement LREM allié à la droite institutionnelle subit une lourde déconvenue.

Dans ce contexte les 7,81% que la liste Rassemblement réalise constitue un résultat encourageant pour l'avenir et dans les luttes à venir.

Ne détenant pas les voix des électeurs et comme les listes restant en présence soutiennent toutes peu ou prou la politique d'austérité gouvernementale, nous ne ferons pas alliance et ne donnerons pas de consigne de vote.

 


Message de Michel Warschawski lu à la tribune du meeting de soutien à Gérard Filoche
 
Samedi 9 Décembre 2017


 



C'est à la fois en tant qu'ami de Gérard Filoche et comme militant juif-israélien que je m'adresse à vous aujourd'hui.
 
Je connais Gérard Filoche depuis plus de quarante-cinq ans et, si j'ai eu parfois des divergences politiques avec lui, j'ai une certitude. Il n'est pas et n'a jamais été raciste. Un point c'est tout.
 
Gérard Filoche est aujourd'hui une double victime, victime d'abord des nouvelles technologies et de la rapidité des réseaux sociaux. Les militants de notre génération en ont fait souvent l'expérience, par des réactions trop hâtives qu'il nous faut immédiatement corriger, ce qu'a évidemment fait Gérard Filoche.
 
Mais quand on est un militant qui dérange, on n'a pas droit a l'erreur. Et le faux pas de Gérard Filoche a fourni un prétexte à ses nombreux adversaires dans et hors du Parti Socialiste pour lancer une cabale contre lui et le délégitimer.
 
Gérard Filoche est aujourd'hui la victime d'une campagne qui instrumentalise la terrible accusation d'antisémitisme pour le détruire et pour faire taire ses combats.
 
L'accusation d'antisémitisme pour faire taire des voix qu'on ne veut pas laisser s'exprimer est d'une terrible efficacité. Demandez à Daniel Mermet ou encore à Edgar Morin comment ils ont vécu cette accusation infamante quand ils dénonçaient les crimes israéliens dans les territoires occupés au début des années 2000.
 
Cette instrumentalisation de l'accusation d'antisémitisme, dont Gérard Filoche est aujourd'hui la nouvelle victime, est aussi une banalisation de ce fléau. Or l'antisémitisme français est encore aujourd'hui trop réel pour qu'on se paie le luxe de le banaliser, même s'ils sont nombreux ces antisémites vieille France qui se sont recyclés dans l'islamophobie qui est plus dans l'esprit de notre temps de régression.

Une régression qui valorise aujourd'hui la délation et la balance, on balance son porc et on balance son adversaire politique, souvent dans l'anonymat des réseaux sociaux. Or, ils ne sont pas si loin ces temps ou la délation avait pourri la France, ou des voisins balançaient leurs voisins ou leurs concurrents commerciaux à la Gestapo, du seul fait qu'ils étaient juifs.
 
En prenant la défense de Gérard Filoche, on ne rend pas seulement justice à un militant calomnié. On lutte également contre ce renouveau d'une culture de délation et de diabolisation de tout ceux ou celles qui refusent de célébrer la messe de la pensée unique. En accusant un homme comme Gérard Filoche d'être antisémite, c'est la lutte commune contre tous les racismes qui est attaquée.
 


 

Ah Monsieur d’Ormesson,
Vous osez déclarer
Qu’un air de liberté
Flottait sur Saïgon …

La bourgeoisie française vide ses fonds de tiroir, par Robert Duguet



Un mort chasse l’autre… à peine le corps de Monsieur Ormesson était-il refroidi, que déjà les chiens couchants du pouvoir médiatique aux ordres nous bassinaient avec la disparition de Monsieur Jean-Philippe Smet, alias Johnny Halliday de son nom américanisé.

Deux personnages du crépuscule de la société bourgeoise qui, pour l’un n’est en rien comparable aux Bernanos, Malraux, Camus, Sartre, Aragon, Breton et autres grands intellectuels et pour l’autre n’arrive pas à la cheville de cette merveilleuse génération de chanteurs poètes issus du mouvement cabaret rive-gauche de la période historique qui a suivi la seconde guerre mondiale ; les Trenet, Ferré, Brel, Brassens et Ferrat, et bien d’autres moins connus.

Qui était Monsieur Ormesson ? (Il était une période de l’ascension d’une bourgeoisie révolutionnaire où l’on supprimait la particule aristocratique « de », il est vrai par des moyens fort expéditifs…) : un dandy qui a conquis sa position sociale aisée en défendant servilement les intérêts de la classe sociale qu’il a choisi de défendre dans les salons cossus. Hier, comme patron du Figaro, il revendiquait le passé colonial de l’impérialisme français en Indochine puis en Algérie. Jean Ferrat dans une chanson célèbre des années 1970 l’épinglait de la manière suivante :

« Ah Monsieur d’Ormesson,
Vous osez déclarer
Qu’un air de liberté
Flottait sur Saïgon …

Allongés sur les rails nous arrêtions les trains
Pour vous et vos pareils nous étions la vermine
Sur qui vos policiers pouvaient taper sans frein
Mais les rues résonnaient de paix en Indochine

Nous disions que la guerre était perdue d'avance
Et cent mille Français allaient mourir en vain
Contre un peuple luttant pour son indépendance
Oui vous avez un peu de ce sang sur les mains…

Après trente ans de feu de souffrance et de larmes
Des millions d'hectares de terre défoliés
Un génocide vain perpétré au Viêt-Nam
Quand le canon se tait vous vous continuez

Mais regardez-vous donc un matin dans la glace
Patron du Figaro songez à Beaumarchais
Il saute de sa tombe en faisant la grimace
Les maîtres ont encore une âme de valet… »

Bravo Jean Ferrat, pas grand-chose à ajouter pour la période d’ascension sociale de Monsieur Ormesson.

Pour la période récente, Daniel Mermet vient de publier un article sur l’attitude d’Ormesson sur le génocide du Rwanda en 1994. Citons des extraits :

« En mai 1994, dans notre émission sur France Inter, nous avons diffusé une série de reportages sur le génocide du Rwanda, notamment dans le charnier de Nyarubuyé que nous avions découvert et où, parmi des centaines de cadavres, nous avions trouvé une fillette de 13 ans qui avait survécu parmi les cadavres, Valentine Iribagiza. Inutile de dire le choc profond que furent pour nous et pour les auditeurs ces scènes inimaginables du génocide des Tutsis du Rwanda, où nous sommes revenus plusieurs fois.

Quelques semaines plus tard, début juillet, une fois les massacres achevés, Jean d’Ormesson se rendait au Rwanda pour le compte du Figaro, assisté d’une escorte militaire française. Le nombre de victimes en cent jours de tuerie était alors estimé à environ 800 000. La qualification de « génocide » était unanimement reconnue.

À 69 ans, Jean d’Ormesson découvrait le Rwanda. Il en a rapporté trois articles publiés les 19, 20 et 21 juillet 1994 dans Le Figaro. Jean d’Ormesson de l’Académie française n’épargne pas ses lecteurs de toutes les inepties sur les Rwandais et sur le Rwanda que vraisemblablement le service d’information de l’armée française (SIRPA) lui a gentiment fournies, selon le journaliste Kagama. Il reprend tous les clichés racistes imposés par les colonisateurs :

« Les Tutsis parlent anglais et swahili. Les Tutsis seraient grands, élégants, rapides, organisés. Les Hutus seraient petits et moins bien physiquement. Il n’est pas impossible que les Tutsis aient des origines nilotiques. Ils rappellent à certains égards le type égyptien. On a pu dire que les Tutsis jouaient le rôle des Israéliens et les Hutus, celui des Palestiniens. On a même avancé, avec un peu trop de subtilité, que les Hutus ne veulent pas tuer – mais qu’ils tuent ; et que les Tutsis veulent tuer – mais qu’ils se contrôlent. »
(…)
« Un pas de plus et on passe à la conviction que le FPR, mélange de fascisme, de marxisme et de Khmers rouges, est tout simplement l’ennemi. »
(…)
« S’il faut tirer une leçon du Rwanda, c’est que les hommes sont tous coupables et qu’ils sont tous innocents. »
(…)
« Sortez vos mouchoirs : il va y avoir des larmes. Âmes sensibles s’abstenir : le sang va couler à flot sous les coups de machette. »
(…)
« Partout, dans les villes, dans les villages, dans les collines, dans la forêt et dans les vallées, le long des rives ravissantes du lac Kivu, le sang a coulé à flots – et coule sans doute encore. Ce sont des massacres grandioses dans des paysages sublimes. »

Voilà Monsieur Ormesson ! L’esthète petit bourgeois en gants blancs dans toute sa répugnance civilisée : « Ce sont des massacres grandioses dans des paysages sublimes. » Quant à ses qualités littéraires, je suis de ceux qui ne séparent pas le fond de la forme. La littérature est grande et utile quand elle répond aux critères qu’Albert Camus définissait dans son discours de Suède, lors de la réception de son prix Nobel :

« Le rôle de l'écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd'hui au service de ceux qui font l'histoire : il est au service de ceux qui la subissent. Ou, sinon, le voici seul et privé de son art. Toutes les armées de la tyrannie avec leurs millions d'hommes ne l'enlèveront pas à la solitude, même et surtout s'il consent à prendre leur pas. Mais le silence d'un prisonnier inconnu, abandonné aux humiliations à l'autre bout du monde, suffit à retirer l'écrivain de l'exil, chaque fois, du moins, qu'il parvient, au milieu des privilèges de la liberté, à ne pas oublier ce silence et à le faire retentir par les moyens de l'art. Aucun de nous n'est assez grand pour une pareille vocation. Mais, dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s'exprimer, l'écrivain peut retrouver le sentiment d'une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu'il accepte, autant qu'il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté. Puisque sa vocation est de réunir le plus grand nombre d'hommes possible, elle ne peut s'accommoder du mensonge et de la servitude qui, là où ils règnent, font proliférer les solitudes. Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s'enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir : le refus de mentir sur ce que l'on sait et la résistance à l'oppression […]. »

Quant à Monsieur Jean Philppe Smet, alias Johnny Halliday, ami des grands de ce monde et en particulier de Monsieur Sarkozy, il y a moins de choses à en dire vu l’éminente médiocrité intellectuelle du personnage (Ah ! que…). Toutefois l’individu joue un rôle important dans le mouvement yéyé qui démarre, en particulier avec l’émission « Salut les copains ! », des années 1960. La génération des chanteurs poètes dont je défends le patrimoine est née dans le mouvement cabaret-rive gauche des années qui ont suivi la guerre : il y avait de la révolte et de l’insoumission dans l’air. La musique, la révolte et la poésie faisaient bon ménage. Les grandes ombres de Brassens et de Ferré sont encore sur cette période. Avec l’industrie capitaliste du disque et le bisness du show biz, on se tourne vers l’adaptation à la sous-culture anglo-américaine. Halliday est au centre de ce commerce, qui sert aujourd’hui à une jeunesse précarisée aujourd’hui une sous-culture, texte et musique, médiocre, sinon franchement mauvaise. Pas de quoi lui offrir des funérailles nationales. C’est tout juste si, le commis voyageur du MEDEF Macron, ne va pas jusqu’à mettre sa dépouille entre celle de Victor Hugo et de Jean Moulin au panthéon…

Triste et répugnant fin de règne !
Ah ! ça ira !

 


 

Brève...

La dernière de Mélenchon...

"...le dégagisme c’est Simeoni. Bravo ! Macron sévèrement puni. Le FN ridiculisé. L’usurpation d’identité et la tambouille du PCF ont été durement sanctionnées. "

Mélenchon se félicite de la victoire des nationalistes corses et qualifie la liste d'union à gauche de tambouille du PCF...

Jusqu'où ira t'il?

 


Pétition pour Gérard Filoche

L’honneur d’un militant

http://pour-lhonneur-de-gerard-filoche.org/

 



 

Oui, Gérard Filoche a retweeté un montage photo mettant en cause Emmanuel Macron dont, dans la précipitation, il n’a pas immédiatement perçu le caractère antisémite. Il s’est rapidement rendu compte de son erreur, a retiré le tweet, s’est excusé publiquement, a répondu aux journalistes.

L’affaire aurait pu s’arrêter là mais le tweet a été relayé sur la Toile pendant plusieurs jours au point de devenir une affaire d’État. Les condamnations, sans la moindre prise de recul, ont abondé. Le PS qui, ces temps-ci, peine tant à parler d’une seule voix, a retrouvé son unité pour exclure à bon compte une de ses dernières voix de gauche, sans autre forme de procès.

Voilà le plus inquiétant : les réseaux sociaux sont devenus le procureur le plus expéditif et le plus implacable, et derrière eux certains médias aussitôt aboient à l’unisson.

Filoche est donc antisémite : la sentence de Facebook est tombée. Qu’il disparaisse sur-le-champ !

Nous ne pouvons accepter cette accusation scandaleuse, cette atteinte portée à l’honneur d’un militant qui a consacré sa vie entière à défendre les libertés syndicales et le code du travail, à lutter contre le racisme et l'antisémitisme (il fait partie des fondateurs de SOS Racisme) .

Cette polémique, comme celle qui oppose Charlie Hebdo et Mediapart, témoigne d’une extraordinaire dégradation du débat public. Journalistes et politiques rivalisent dans la surenchère et dans l’anathème. Il faudrait admettre une bonne fois que Twitter ne favorise pas l’intelligence dans le temps long, qui est celui de toute pensée politique digne de ce nom. Gérard Filoche a aujourd’hui l’occasion cuisante de s’en rendre compte, tandis que ses détracteurs continuent de tapoter furieusement sur les claviers de leurs smartphones.

Pendant ce temps, l’antisémitisme et le racisme répandent leur poison. Manuel Valls, si prompt à dénoncer l’antisémitisme, affirmait cette semaine encore que les musulmans « sont un problème ». Ce n'est pas la première fois, et il n'a jamais été inquiété pour ce type de propos.

Ça suffit.

Je signe
 

Premiers signataires :

 

Guy Bedos (artiste) , Jacques Bidet (philosophe) , Christine Blum (consultante) , Patrick Brody (syndicaliste) , Patrick Chamoiseau (écrivain) , Annick Coupé (syndicaliste) , Jean-Baptiste Del Amo (écrivain) , Christine Delphy (sociologue) , Christian de Montlibert (sociologue) , Annie Ernaux (écrivain) , Karl Ghazi (syndicaliste) , Jean-Marie Harribey (économiste) , Anne Hessel, Daniele Kergoat (sociologue) , Pierre Khalfa (économiste et syndicaliste) , Jean-Marie Laclavetine (écrivain) , Philippe Marlière (politiste) , Gus Massiah (économiste) , Gérard Mauger (sociologue) , Christiane Marty (altermondialiste) , Jean-Pierre Mercier (syndicaliste) , Gérard Mordillat (écrivain) , Gérard Noiriel (historien) , Willy Pelletier (sociologue) , Michel Pialoux (sociologue) , Michel Pinçon-Charlot (sociologue) , Monique Pinçon-Charlot (sociologue) , Louis Pinto (sociologue) , Patrick Raynal (écrivain) François Ruffin (député, réalisateur)

 


 

Parti « Socialiste » : effondrement-mutation confirmé, par Vincent Présumey

Source : Arguments pour la Lutte Sociale,

https://aplutsoc.wordpress.com/author/aplutsoc/


Le parti refondé à Epinay, à partir de la vieille SFIO et d'une grande partie du PSU sur lesquels s'était greffé un habile politicien de la IV° République, en bisbille avec la V° jusqu'à ce qu'il en prenne la tête, s'était développé en assurant de fait la représentation politique, de concert avec le PCF, du salariat, "classe ouvrière" ou "monde du travail".

L'exercice du pouvoir, consistant, à partir de 1982-1983, non plus à faire quelques réformes mais à initier des contre-réformes à l'encontre des acquis sociaux, a naturellement rongé ce parti de longue date, mais sans qu'il y ait eu d'affrontement central entre le monde du travail et lui-même: on a plutôt eu affaire à une longue érosion. Un tel affrontement se nouait, sur un terrain spécifique, entre l'école publique et le ministre Allègre, lors du gouvernement Jospin cohabitant avec le président Chirac. La défaite de 2002 a toutefois provoqué des remous dans ce qui était encore le "parti d'Epinay", conduisant à la défaite historique de la prétendue "constitution européenne" et de Chirac au référendum de 2005, dont l'élément clef fut la cassure interne à ce parti et la campagne du "Non de gauche" menée par de larges secteurs de celui-ci.

La portée démocratique et par là révolutionnaire de cet évènement fut immédiatement occultée par ses propres promoteurs (dont J.L. Mélenchon), acceptant la "synthèse" qui devait accoucher de la candidature Royal aux présidentielles de 2007, sur une orientation en rupture tant avec ce qui restait de traditions issues du mouvement ouvrier qu'avec les éléments de démocratie bourgeoise parlementaire et municipale portés dans ce parti, une nouvelle génération de technocrates (précisons que ce terme n'implique aucune compétence réelle !) issus non seulement des cabinets ministériels de l'ère Mitterrand, mais des entreprises privées et privatisées à partir de 1986, et des clientèles des conseils régionaux, en prenant les rênes.

Malgré tout, ce parti était ramené au pouvoir par la défaite de Sarkozy en 2012, ce qui l'engageait dans une vérification ultime. Or il se produisit alors un phénomène étrange : un parti revenant au pouvoir ne connaissant aucune dynamique mais continuant à s'étioler. La résistance dans ses rangs et dans son groupe parlementaire à la politique antisociale de Hollande flanqué de M.M. Valls et Macron, appelée la "fronde", n'envisageant d'aller au vote contre et à l'affrontement politique public que lorsque c'était trop tard.

Durant ces années, Gérard Filoche, inspecteur du travail, ancien dirigeant de la LCR, acquit une place spécifique de mauvaise conscience de ce parti, symbolique et populaire, défendant avec obstination le code du travail et les droits sociaux, de toutes les manifestations de l'année 2016.

La base sociale et électorale du PS, tout en s'étiolant, était opposée à la politique de Hollande, de Valls et de Macron. Les "primaires", dispositif visant à diluer le parti en tant que parti, se sont retournées contre eux. La candidature qui en fut issue fut sabotée par le gouvernement et par la couche dirigeante cliéntéliste et affairiste. Ayant sauvé un groupe parlementaire, le PS refusait ensuite de voter contre la confiance au gouvernement Macron-Philippe, s'abstenant.

Toutefois, la pression de ce qui lui reste de base pouvait le pousser à entrer en opposition, notamment sur la seconde loi Travail, portant cette fois-ci le nom de son véritable auteur alors que la première s'était appelée "El Khomri". Comme il était prévisible il le refuse et fait le choix de l'achèvement de la rupture avec le mouvement ouvrier, avec Epinay, avec la démocratie parlementaire et municipale.

Dans la semaine écoulée ce choix s'est incarné dans deux noms.

Gérard Filoche, alias "la nature ouvrière du PS", celui qui avait été empêché de se présenter à ses primaires de crainte d'une surprise "à la Jérémy Corbyn", a vu le BN de ce parti annoncer ignominieusement son exclusion pour "antisémitisme" suite à cette grosse bêtise reconnue par l'intéressé.

La campagne politique et médiatique lancée à ce propos vise à terroriser : pour M. Apathie critiquer la finance et le capital serait être antisémite. Il y a, de fait, division du travail entre ceux qui mènent cette campagne et les véritables antisémistes : Dieudonné aurait fait 8000 entrées à Marseille.

Olivier Dussopt, qui était le rapporteur de la loi NOTRe, créant les "grandes régions" et accélérant la marche à l'inégalité territoriale devant la loi, l'impôt et le service public, sous Valls, entre au gouvernement Macron avec le titre de "secrétaire d'Etat à la Fonction publique".

Rachid Temal, qui avait tweeté l'exclusion du prétendu antisémite Filoche trois jours avant, a tweeté qu'O. Dussopt n'est plus membre du PS, mais personne n'est dupe. N'ayant pas de base sociale et politique large, même pas, surtout pas peut-être, parmi les élus locaux, Macron peut puiser dans le réservoir de médiocrités technocratiques que lui offre l'ex-maison Solférino, et ce qui s'appelle encore PS n'a d'autre choix que de jouer le rôle, au centre-gauche, des "constructifs" de service.

Cela fait-il de lui un nouveau "parti radical" (comme l'écrit Philippe Marlière) ? Certes non car le parti radical s'était épanoui dans d'autres institutions que celles de la V° République : celles de la république bourgeoise parlementaire, III° et encore IV°. Il le compare d'ailleurs plutôt au parti radical finissant, qui ne servait plus à rien pour personne, mais qui – avec la démocratie chrétienne - a fourni des notables au bonapartisme gaulliste en 1958. L'on peut ainsi définir la fonction sociale d'un Rachid Temal (cet individu que l'exclusion de G. Filoche suivie de l'ascension d'O. Dussopt a fait connaître, lui même pur produit de la médiocratie clientélaire fabriquée dans les nouvelles collectivités locales instaurées par la V° République depuis les années 1980) : tenir en otage une base étiolée avec des élus locaux attachés, eux, aux services publics et aux libertés publiques, pour former le flanc "constructif" du macronisme en lui refilant des carriéristes tâcherons, "mis en dehors du parti" afin de pouvoir continuer ainsi.

Ainsi est acté le vide politique car, soyons sérieux, aucune force n'a occupé ce vide – et pas la "France insoumise" que l'on ne saurait confondre avec les 19,5% de voix de J.L. Mélenchon au 1° tour de la présidentielle. Il y a donc de nombreux groupes locaux, des réseaux d'exclus par centaines, des élus municipaux, qui sont en déshérence et qui, eux, tout modérés qu'il veuillent être, n'ont d'autre avenir possible que de se fédérer avec tous les courants politiques qui entendent reconstruire dans ce pays, pour imposer rapidement une alternative à Macron, faute de quoi celle-ci s'appellera Marine Wauquiez, une représentation politique organisée, démocratique, du monde du travail et de la jeune génération.

Jamais leur avenir ne se situera avec les Dussopt et les Temal. Il est avec tous les Filoche de 7 à 77 ans.

 


Baruch Spinoza, les prémisses d'une conception matérialiste du monde...

Spinoza, cloué au pilori par ses propres coreligionnaires…



Un exemple de la barbarie sacerdotale, que cette dernière soit servie par un curé, un imam, ou un rabbin… Ne croyez pas que ce texte, porteur d’une malédiction barbare, est à côté de la situation actuelle qui voit une meute de chiens couchants et de prétendus intellectuels progressistes se déchainer contre le militant ouvrier Gérard Filoche…(RD)

 

Les messieurs du Mahamad (1) vous font savoir qu’ayant eu connaissance depuis quelques temps des mauvaises opinions et de la conduite de Baruch de Spinoza, ils s’efforcèrent par différents moyens et promesses de le détourner de sa mauvaise voie. Ne pouvant porter remède à cela, recevant par contre chaque jour de plus amples informations sur les horribles hérésies qu’il pratiquait et enseignait et sur les actes monstrueux qu’il commettait et ayant de cela de nombreux témoins dignes de foi qui déposèrent et témoignèrent surtout en présence dudit Spinoza qui a été reconnu coupable ; tout cela ayant été examiné en présence de messieurs les Rabbins, les messieurs du Mahamad décidèrent avec l’accord des rabbins que ledit Spinoza serait exclu et retranché de la Nation d’Israël à la suite du herem que nous prononçons maintenant en ces termes:

A l’aide du jugement des saints et des anges, nous excluons, chassons, maudissons et exécrons Baruch de Spinoza avec le consentement de toute la sainte communauté d’Israël en présence de nos saints livres et des 613 commandements qui y sont enfermés. Nous formulons ce herem comme Josué le formula à l’encontre de Jéricho. Nous le maudissons comme Elie maudit les enfants et avec toutes les malédictions que l’on trouve dans la Torah.

Qu’il soit maudit le jour, qu’il soit maudit la nuit, qu’il soit maudit pendant son sommeil et pendant qu’il veille. Qu’il soit maudit à son entrée et qu’il soit maudit à sa sortie. Que les fièvres et les purulences les plus malignes infestent son corps.

Que son âme soit saisie de la plus vive angoisse au moment où elle quittera son corps, et qu’elle soit égarée dans les ténèbres et le néant.

Que Dieu lui ferme à jamais l’entrée de Sa maison.

Veuille l’Eternel ne jamais lui pardonner. Veuille l’Eternel allumer contre cet homme toute Sa colère et déverser sur lui tous les maux mentionnés dans le livre de la Torah.

Que son NOM soit effacé dans ce monde et à tout jamais et qu’il plaise à Dieu de le séparer pour sa ruine de toutes les tribus d’Israël en l’affligeant de toutes les malédictions que contient la Torah.
Et vous qui restez attachés à l’Eternel , votre Dieu, qu’Il vous conserve en vie.

Sachez que vous ne devez avoir avec Spinoza aucune relation ni écrite ni verbale. Qu'il ne lui soit rendu aucun service et que personne ne l'approche à moins de quatre coudées. Que personne ne demeure sous le même toit que lui et que personne ne lise aucun de ses écrits.

Note:

(1)Mahamad : Le corps des administrateurs dirigeant une synagogue sépharade


Les chiens sont lâchés contre Gérard Filoche ! par Gilles Houdouin,

conseiller régional de Normandie

Samedi 2 décembre 2017.


 

Les chiens sont lâchés. Mardi 21 Novembre 2017, Gérard Filoche a été exclu du Parti Socialiste. Le Parti Socialiste aurait eu des dizaines de raisons d’exclure Gérard Filoche depuis très longtemps. Car ce dernier n’a jamais manqué une occasion de pointer les faiblesses, les dérives et les trahisons du Parti Socialiste. Seulement voilà, exclure Gérard Filoche pour des désaccords politiques, c’était s’exposer à des répliques et à devoir débattre sur le fond et sur le programme. Sans doute que Gérard Filoche en serait sorti vainqueur.

Le Parti Socialiste a donc choisi l’occasion la plus dégueulasse, profiter que Gérard Filoche est en difficulté pour avoir, une fois dans sa vie militante, fait une connerie, et profiter qu’il lui est très difficile de se défendre à cause du déferlement médiatique. Décidément, le Parti Socialiste n’aura jamais brillé par son courage.

Je tiens à apporter mon soutien à Gérard Filoche car je sais et je suis persuadé que ce tweet qui défraie la chronique est, comme il l’avoue lui-même, une connerie et une inattention de sa part sur un montage qu’il n’ a sans doute même pas trouvé lui-même mais qui lui a été présenté et qu’il a repris sans l’analyser à fond. C’est le revers des moyens de communication actuels. Cela va vite. Cela va trop vite. Et quand on a appuyé sur le bouton, c’est trop tard.

Les chiens sont lâchés. Je connais Gérard Filoche depuis 1976 lorsque j’ai adhéré à la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), dont il était à l’époque un des dirigeants. Jamais, tant dans sa bouche que dans ses écrits, je n’ai lu ou entendu un quelconque propos antisémite ou raciste. Lui faire un tel procès est une honte. Entendre une journaliste qui n’a sans doute pas le dixième de son intelligence et de sa culture le traiter d’imbécile ou de salaud est proprement insupportable.

Gérard Filoche est de notre camp, le camp des travailleurs, des sans-grades et des exclus. Il a été et il sera sans doute encore, car il en faut plus pour l’abattre, de tous les combats, de tous les meetings et de tous les soutiens. Au Havre, nous nous en souvenons. Il était au meeting intersyndical du 2 juin 2016, combatif comme jamais. Il est revenu le 12 octobre 2016 soutenir les grévistes de la poste.

Ce déchainement contre un militant ouvrier, de la part de gens qui, au fond d’eux-mêmes, savent bien que ce dont ils l’accusent est faux, est tout simplement une attaque de la bourgeoisie contre la classe laborieuse. Tous et toutes, nous pouvons être à la place de Gérard Filoche un jour car nous sommes des empêcheurs de faire du fric tranquillement entre gens de bonne compagnie.

Gérard Filoche a donc besoin de notre soutien et il a le mien. Que celui ou celle qui pense que, parce que je le soutiens, je serais raciste et antisémite, qu’il ose me l’écrire.

Je le soutiens car je sais qu’il n’est rien de tout cela, au contraire. C’est juste un militant infatigable de la cause ouvrière. Aux ouvriers de le défendre.

 


Déclaration du Collectif Syndical CGT Burkina Faso, par Bassolma BAZIE

Secrétaire Général Confédéral de la CGT-B
Porte-Parole du Collectif Syndical CGT-B


 

« Le lundi 27 Novembre 2017, M. Emmanuel MACRON, Président de la république française et chef de file de l’impérialisme français dans notre pays effectue une visite au Burkina Faso… »

Ouagadougou, le 24 novembre 2017 – Collectif syndical CGT-B (CGT-B – SATB – SYNACIT – SYNAMICA – SYNASEB – SYNATEL – SYNATEB  SYNATIC – SYNPTIC- SYNTAS)

 Déclaration sur l’arrivée du président français au Burkina Faso

Le lundi 27 Novembre 2017, M. Emmanuel MACRON, Président de la république française et chef de file de l’impérialisme français dans notre pays effectue une visite au Burkina Faso.

Cette visite du chef de file de l’impérialisme français intervient dans le contexte national post-insurrectionnel des 30 et 31 octobre 2014 et de la résistance populaire et victorieuse au putsch du 16 septembre 2015, putsch soutenu à l’époque par l’impérialisme français qui menaçait quiconque s’opposerait au plan machiavélique dit de sortie de crise de la CDEAO pour  maintenir les putschistes au pouvoir.

Pour mémoire, pendant l’insurrection populaire des 30, 31 octobre et 1er novembre 2014, l’impérialisme français a joué un triste rôle en mettant tout en œuvre pour exfiltrer le dictateur Blaise Compaoré des mains du peuple et l’exiler en Côte d’Ivoire. Cette protection de Blaise COMPAORE est celle d’une puissance impérialiste à quelqu’un qui a été son serviteur zélé pendant près de trente ans et qui pourrait encore lui être utile pour servir ses intérêts et perpétuer sa domination sur le pays.

Le contexte de cette visite est aussi marqué par :

Mais quel sens peut-on donner à cette visite de M. Emmanuel MACRON au Burkina Faso ?

L’impérialisme français doit la place qu’il occupe dans le monde essentiellement à la domination et à l’exploitation de ses colonies et anciennes colonies. Cependant, confronté à la poussée des impérialistes américain, chinois, allemand, russe, etc., il est aujourd’hui en perte de vitesse y compris dans ses anciennes colonies. C’est pourquoi, en considérant que l’Afrique est son avenir (CF. Rapport du Sénat français intitulé « L’Afrique, notre avenir »), il joue des pieds et des mains pour conserver une place prépondérante dans ses ex-colonies dont le Burkina Faso. De ce point de vue, la visite du président français vise principalement les objectifs suivants :

Au vu de toute cette politique réactionnaire menée par l’impérialisme français en Afrique et au Burkina Faso, le collectif CGT-B:

Vive la solidarité internationale entre les peuples !
Vive l’insurrection populaire d’octobre 2014 !
Vive la résistance victorieuse de septembre 2015 !
Vive le Collectif Syndical CGT-B !
Vive l’Unité d’Action Syndicale (UAS) !


Une édition électronique réalisée à partir du texte de

John Silas Reed, Dix jours qui ébranlèrent le monde. (1919)

Traduit de l’Américain et du Russe par Vladimir Pozner. Préface d’Ewa Berard.

Paris: Les Éditions du Seuil, 1996, 612 pp.. Une édition numérique de 

Claude Ovtcharenko, journaliste à la retraite dans le sud de la France.

Source: http://classiques.uqac.ca/classiques/reed_john/Dix_jours_qui_ebranlerent

_le_monde/dix_jours.html


 

 

 

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