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15 janvier 1919 : Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont exécutés par un commando de militaires,

Par Jean-Numa Ducange

Historien

mardi 15 janvier 2019.


 



Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht et plusieurs de leurs compagnons qui venaient de fonder le Parti communiste d’Allemagne étaient assassinés par un commando militaire, alors que tentait de se développer un mouvement révolutionnaire dans le pays. Figure marquante du mouvement ouvrier international, économiste, théoricienne de la démocratie, femme cultivée, sensible, elle nous laisse un héritage fécond qui mérite d’être réévalué à l’heure de la crise mondiale du capitalisme.

Le 11 janvier 1919, deux mois après l’abdication de l’empereur Guillaume II et la proclamation de la République, le social-démocrate Gustav Noske entre dans Berlin à la tête des troupes gouvernementales. Pendant plusieurs jours, de nombreux militants spartakistes[1] sont assassinés : le 15 janvier, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, exécutés par un commando d’officiers et de militaires, sont les victimes les plus célèbres de cette semaine sanglante. « L’ordre règne à Berlin », comme l’avait écrit Rosa la veille de sa mort. « Rosa la rouge » est parfois citée et souvent appréciée à gauche. Sa mémoire est immortalisée par un célèbre poème de Bertolt Brecht (« Elle avait dit aux pauvres la vérité / Et pour cela les riches l’ont exécutée »). Mais, à l’époque, certains n’avaient pas de mots assez durs pour condamner « Rosa la sanguinaire ». Les spartakistes, ainsi nommés en allusion à Spartacus, le leader du soulèvement des esclaves romains pendant l’Antiquité, étaient alors assimilés au « banditisme » ou « terrorisme » par une social-démocratie qui venait de s’allier à la force militaire pour terminer la révolution commencée quelques semaines tôt.

Cette social-démocratie allemande (SPD), les deux dirigeants spartakistes la connaissaient bien : ils en furent membres pendant de nombreuses années. Rosa Luxemburg est née en 1871 à Zamosc, petite ville de Pologne, alors sous domination russe, dans une famille de commerçants juifs, qui s’installera à Varsovie, où la jeune fille fréquente le lycée. Elle milite dès l’âge de seize ans. Engagée dans un groupe de socialistes révolutionnaires, menacée d’expulsion, elle émigre en Suisse, où elle poursuit des études d’économie avant de se retrouver à Paris. Pendant cet exil, elle contribue à la création de la social-démocratie polonaise, avant de devenir une figure importante du Parti social-démocrate allemand, auquel elle adhérera en 1898 à Berlin. À travers cette expérience, elle incarne cet internationalisme qui était l’idéal de nombreux militants cosmopolites d’Europe de l’Est. Mais elle ne jugera pas utile, contrairement à d’autres, d’appuyer les revendications nationales des peuples d’Europe centrale, vues comme rétrogrades.

Rosa se fait connaître au tournant du siècle pour sa virulente critique d’Edouard Bernstein, qui « révise » le marxisme. Attentive aux problèmes du socialisme européen, elle soutient le combat en faveur de la réhabilitation de Dreyfus, mais s’oppose à ceux en France qui en 1899 appuient l’entrée d’un ministre socialiste dans un gouvernement où siège un certain Gallifet, auteur de la répression de la Commune de Paris de 1871.

C’est au moment où Luxemburg polémique avec les socialistes français que Karl Liebknecht adhère à la social-démocratie allemande, en 1900. Fils de Wilhelm Liebknecht, dirigeant historique et acteur de la révolution de 1848, Karl ne laissera pas une œuvre de la même ampleur que sa camarade. Mais on lui doit une agitation et de courageux écrits antimilitaristes, pour lesquels il sera emprisonné, ainsi qu’une attention spécifique portée à l’organisation des jeunes sociaux-démocrates. Et après plusieurs tentatives infructueuses, il est élu député au Reichstag en 1912.

À la suite de la vague de grèves déclenchée en Russie dans le sillage du « dimanche rouge » de janvier 1905, Rosa part pour Varsovie. Elle compte sur les nouveaux modes d’action apparus dans le processus révolutionnaire, la « grève de masse », pour lutter contre les appareils politiques et syndicaux, dont la pression se fait de plus en plus sentir en Allemagne. Peu après, son hostilité au nationalisme l’amène, contre l’avis de la délégation du SPD, à faire adopter par l’Internationale en 1907 une résolution contre la politique coloniale. Ces positions intransigeantes font d’elle la principale porte-parole de l’aile gauche du parti et devaient la conduire à rompre avec son vieil ami Karl Kautsky, alors considéré comme le « pape » théorique de la social-démocratie.

Révolutionnaires, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht l’étaient assurément. Pour eux comme pour beaucoup de sociaux-démocrates allemands d’alors, la révolution et le socialisme ne sont pas des rêveries lointaines que seules les générations futures pourront accomplir : ils sont à portée de main, du domaine du réel et du réalisable dans les années à venir. Ces militants du XIXe siècle, souvent ouvriers, avaient une « sensibilité à l’histoire, une conscience aiguë de la portée historique de leur mouvement », selon l’expression de l’historien Georges Haupt, qui contribua à rééditer des textes de et sur Rosa Luxemburg un demi-siècle après sa mort. C’est cette histoire des mouvements révolutionnaires de 1789, 1848, 1871 que Luxemburg enseigna à l’école du parti, où elle exposa aussi aux cadres sociaux-démocrates son analyse marxiste de l’économie capitaliste.

C’est le choix de ne pas soutenir la politique d’union sacrée en 1914 - le SPD vote le 4 août les crédits de guerre allemands - qui les associe définitivement. Dissidence qui les conduira au-delà des vifs débats des années précédentes : de désaccords en divergences, ce sera bientôt la rupture. Elle commence au Reichstag, où Karl Lieknecht refuse - seul - de voter les nouveaux crédits en décembre 1914, rompant ainsi la discipline de parti qu’il avait respectée jusqu’alors. L’un et l’autre sont emprisonnés pendant une partie de la guerre pour leurs activités militantes. Peu à peu se forme un groupe de militants, radical dans son opposition à la guerre : les spartakistes.

Quand les bolcheviks prennent le pouvoir au cours de la Révolution russe en octobre 1917, Luxemburg leur reproche dans un texte posthume certains actes jugés trop autoritaires, au point que d’aucuns ont voulu y voir une critique avant-coureuse des dérives ultérieures. Mais elle se solidarise, malgré tout, à l’image de nombreux militants d’alors, avec la Révolution russe dont le « mérite » est « impérissable ». En Allemagne, alors que le processus révolutionnaire s’étend dans le sillage des événements russes, la République est proclamée deux fois le 9 novembre 1918 : Scheidemann au Reichstag annonce la « République allemande » tandis que Karl Liebknecht, de son côté, du balcon du château des Hohenzollern, fait reprendre par la foule « Vive la République allemande socialiste ! ». Deux options possibles qui vont s’avérer inconciliables : le Parti - communiste allemand (KPD) naît le 1er janvier 1919 et les spartakistes en forment la composante essentielle. Dans cette période de forte agitation sociale, la social-démocratie d’Ebert et Scheidemann choisit l’alliance avec l’armée pour réprimer l’aile radicale révolutionnaire. De cette répression naît une profonde division du mouvement ouvrier allemand, un fossé irrémédiable entre sociaux-démocrates et communistes, qui contribuera à leur défaite face au nazisme une décennie plus tard.

Les thèmes de la spontanéité des masses et l’insistance sur la démocratie indissolublement liée au projet socialiste ont permis la redécouverte des textes de Luxemburg dans les années 1970, à l’heure de la critique des régimes bureaucratiques. Et chaque année, aujourd’hui encore, des Allemands de différentes générations et d’horizons divers se retrouvent pour honorer la mémoire des deux révolutionnaires.

Des débats d’une autre époque qui ne nous interrogeraient plus aujourd’hui ? Les contextes ont bien changé, mais les préoccupations posées pour un projet d’émancipation demeurent. À l’heure de la crise du capitalisme, une relecture critique de l’Accumulation du capital et de l’Introduction à l’économie politique - récemment rééditée -, où sont montrés les mécanismes de l’exploitation et de la reproduction du capital, s’impose.

Parions que d’autres lectures nous interrogeront dans l’avenir : bien des textes de Rosa restent encore à découvrir dans notre langue, comme le montre l’extrait reproduit dans cette édition de l’Humanité d’un article qu’elle écrivit à l’occasion du centenaire d’une année charnière de la Révolution française, 1793.

Notes

[1] L’aile gauche scissionniste du Parti social-démocrate.

 


Rosa Luxemburg (1871-1919)

Rosa Luxemburg et la Convention de 1793


Extraits d’un article paru en juillet 1893 dans la revue polonaise Sprawa Robotnicza (la Cause Ouvrière), éditée à Paris et diffusée clandestinement en Pologne. Rosa Luxemburg en était la principale animatrice. Ce texte, inédit depuis lors, est paru dans le journal l’Humanité du 15 janvier 2009 grâce à l’historien polonais Feliks Tych.

L’année 1793 ! Cent ans sont passés depuis ce temps auquel les ennemis du peuple travailleur, les tsars, les rois, la noblesse, les princes, les patrons d’usine et tous les autres riches (les capitalistes) ne peuvent songer encore aujourd’hui sans éprouver de la terreur. Leurs âmes tremblent dès que l’on prononce ce mot : l’année 1793 !
Pourquoi cela ? Parce que, dans ces années-là, le peuple travailleur en France, et particulièrement dans sa capitale, Paris, s’est débarrassé pour la première fois du joug multi-séculaire et a entrepris de tenter d’en finir avec l’exploitation et de commencer une vie nouvelle et libre.

« Pour quelle raison ai-je combattu ? Pourquoi ai-je versé mon sang ? » s’interroge le peuple français trompé dans ses espérances. Pourquoi ai-je offert ma poitrine aux balles des soldats du roi ? Seulement pour remplacer un oppresseur par un autre ? Pour arracher le pouvoir et les honneurs à la noblesse et le transmettre à la bourgeoisie ?

Et le peuple de Paris engagea un nouveau combat. Ce fut la deuxième révolution - la révolution populaire -, le 10 août 1792. Ce jour-là, le peuple prit d’assaut le Palais royal et l’Hôtel de ville. La bourgeoisie était du côté du roi, qui, doté d’un pouvoir affaibli, défendait ses intérêts contre ceux du peuple. Cela n’empêcha pas le peuple de renverser le trône. La bourgeoisie tenait l’Hôtel de ville et l’administration municipale d’une main ferme et voulut dominer le peuple avec sa police et la Garde nationale. Cela n’empêcha pas le peuple de prendre d’assaut l’Hôtel de ville, d’en expulser la bourgeoisie et de tenir dans ses mains calleuses l’administration municipale de Paris.

La Commune, s’appuyant sur le peuple révolutionnaire victorieux, obligea la Convention (la nouvelle Assemblée nationale), qui se réunit en septembre 1792 et proclama aussitôt la République, à faire d’importantes concessions. Sans la puissance menaçante de ce peuple, la Convention aurait probablement fait aussi peu de choses que les Assemblées précédentes pour les masses populaires.

Seule la minorité de la Convention, la Montagne (ainsi nommée parce que ses membres occupaient les bancs les plus hauts dans la salle de la Convention), défendait fidèlement la cause du peuple travailleur. Aussi longtemps que les girondins siégèrent à la Convention, ceux de la Montagne ne purent la plupart du temps pratiquement rien faire, car les girondins avaient évidemment toujours la majorité de leur côté.

Examinons ce que le peuple travailleur obtint au cours de sa brève période où il exerça un rôle dominant. Les dirigeants du peuple, comme les membres de l’administration municipale et les montagnards souhaitaient ardemment la complète libération économique du peuple. Ils aspiraient sincèrement à la réalisation de l’égalité formelle de tous devant la loi, mais aussi à une réelle égalité économique. Tous leurs discours et tous leurs actes étaient basés sur une idée : dans la république populaire, il ne devrait y avoir ni riches ni pauvres ; la république populaire, cela veut dire que l’État libre bâti sur la souveraineté populaire ne pourrait rester longtemps en place si le peuple, souverain politiquement, se trouvait dépendant des riches et dominé économiquement.

Après tout cela, il est clair que les montagnards, malgré toute leur bonne volonté, étaient incapables de réaliser leur désir ardent : l’égalité économique de tous. Cette aspiration n’était pas réalisable en ce temps-là. En outre, les moyens dont on se servait n’eurent comme effet que de retarder pour une brève période le développement de la constitution du capitalisme, c’est-à-dire la plus grande inégalité économique.

Après la chute de la Commune et de la Montagne, le prolétariat parisien pris par la faim se souleva encore quelques fois contre la Convention , en criant : « Du pain et la Constitution de 1793. » Ce n’étaient toutefois plus que des faibles sursauts d’une flamme révolutionnaire en voie d’extinction. Les forces du prolétariat étaient épuisées ; quant à la conjuration organisée en 1796 par le socialiste Babeuf contre le gouvernement d’alors, dans le but d’introduire une constitution socialiste, il fut tout aussi infructueux.

La conjuration de Babeuf n’a pu troubler qu’un instant le calme de la bourgeoisie française repue qui s’enrichissait. Elle avait déjà oublié les « frayeurs de l’an 1793 ». C’est bien elle et non le prolétariat qui a récolté tous les fruits de la Révolution française.

Mais la victoire du prolétariat signifie le triomphe du socialisme, le triomphe de l’égalité et de la liberté de tous. Cette égalité économique, qui était il y a un siècle le grand rêve de quelques idéalistes, prend aujourd’hui forme dans le mouvement ouvrier et dans le mouvement social-démocrate. La devise « Liberté, Égalité, Fraternité » n’était à la l’époque de la grande Révolution française qu’un slogan de parade dans la bouche de la bourgeoisie, et un faible soupir dans la bouche du peuple - ce mot d’ordre est aujourd’hui le cri de guerre menaçant d’une armée de plusieurs millions de travailleurs.

Le jour approche où il prendra corps et deviendra réalité.

En l’an 1793, le peuple de Paris a réussi à détenir le pouvoir entre ses mains pour une courte durée ; mais il a été incapable d’utiliser ce pouvoir pour se libérer économiquement. De nos jours, le prolétariat de tous les pays mène résolument et inlassablement un combat à la fois politique et économique.

Le jour où le prolétariat détiendra le pouvoir politique sera aussi le jour de sa libération économique. "

Signé "K" (pseudonyme de Rosa Luxemburg)

 


 

Le point de la situation au 13 janvier 2019, par Vincent Présumey 

Source: APLUTSOC, Arguments pour la lutte sociale


Le week-end des 5 et 6 janvier a vu les mouvement des gilets jaunes repartir de plus belle, déjouant les souhaits et prévisions du pouvoir, affrontant directement ses forces de police le 5, mettant en avant les femmes travailleuses dans ce qui fut la plus importante vague de manifestations féministes au sens fort du terme que l'on a connu dans ce pays, le 6.

Tout au long de la semaine la ligne de dénonciation de la "foule haineuse", lancée par Macron dans ses vœux du nouvel an, a prévalu au niveau du pouvoir et des principaux médias. Le prétendu philosophe Luc Ferry a dit tout haut ce que toute la macronie pense et dit plus ou moins ouvertement, à savoir qu'il serait temps de tirer sur la foule (il a en effet appelé police et armée à se servir de leurs armes !). Et le trouble Castaner la veille du samedi 12 lançait la provocation : les manifestants, annonçaient-ils, seraient les complices des casseurs.

 La journée du samedi 12 janvier a donc été une nouvelle défaite politique pour ce pouvoir exécutif engagé dans la fuite en avant répressive, suite logique de sa fuite en avant dans les contre-réformes antisociales.

D'une part il n'y a pas eu de morts (en France ; en Belgique un gilet jaune renversé par un camion est décédé sur un barrage) malgré les violences policières (au moins deux yeux crevés, à Paris et à Bordeaux ...).

D'autre part Castaner a bien dû avouer que la mobilisation était en hausse, bien qu'il ait arrêté les compteurs à 86 000, chiffre aussi absurde qu'à l'accoutumé.

 Il faut prendre la mesure de ce qu'est une situation dans laquelle se pose, de samedi en samedi, la question de combien de morts et de blessés fera la répression.

Elle entraîne bien entendu la nécessité de l'unité contre la répression et de l'organisation du secours et de la défense juridique contre un Etat qui n'est pas l'Etat de droit, et en la matière on constatera une fois de plus la carence du mouvement ouvrier et démocratique "traditionnel" dans ses principales composantes.

Mais plus encore, la répression et l'hystérie de la "macronie" attisent la question démocratique centrale, celle que tous les états-majors politiques esquivent : qu'ils dégagent.

Parmi les gilets jaunes, la poussée vers l'auto-organisation consistant dans la délégation et la coordination, prenant la place des portes-paroles autoproclamés et incontrôlables, progresse depuis le second appel de Commercy, auquel ont répondu favorablement de nombreux regroupements de gilets jaunes comme celui de Montreuil.

Et, même mouvement sur le fond, les gilets jaunes de Toulouse s'adressent aux organisations syndicales pour aller les chercher afin d'aller à la grève générale.

Unité avec les organisations ouvrières et élections de délégués mandatés et révocables, là est la voie du succès.

Dans l'intérêt d'un tel développement, il convient donc de dénoncer et de faire toute la lumière sur la manière dont s'est constitué un "service d'ordre" de "brassards blancs" dans la manifestation parisienne des gilets jaunes d'hier.

En effet, il apparaît que l'extrême-droite a infiltré ce SO d'une cinquantaine de membres, très mobiles, au point de le contrôler de fait. Victor Lenta, ex-para, "identitaire", soupçonné d'avoir pris part à l'incendie d'une mosquée en 2009, et mercenaire de Poutine dans le Donbass alors que beaucoup de gilets jaunes se réfèrent, à juste titre, au Maidan ukrainien pour définir leur mouvement, a été identifié dans ce SO.

Beaucoup de gilets jaunes veulent à juste titre un SO, mais pas pour les encadrer eux, pour les protéger et, au besoin, faire bloc contre les charges policières. Ce n'est pas ce qu'a fait le SO façon Lenta, soucieux d'interdire tout affrontement avec la police au motif de ne pas céder aux provocations : le cas échéant les liens policiers de ce provocateur poutinien devront eux aussi être éclaircis.

Enfin, ceci évitera aux anti-gilets jaunes professionnels de compléter la provocation en affirmant mensongèrement, ainsi qu'on peut le lire sur les réseaux sociaux, qu'en "choisissant" un Lenta les gilets jaunes auraient "choisi leur camp" !

Où en est Macron ?

La fuite en avant répressive, déjà en cours, ne marchera pas, c'est clair. S'ils tirent, la marée ne reflura pas, bien au contraire.

La dissolution de l'assemblée en l'état actuel n'aurait qu'un seul résultat certain : l'élimination des élus macronistes. Un référendum tel qu'il en est question dans les hautes sphères suppose d'avoir fabriqué un minimum de faux consensus auparavant, et ils n'en sont pas là.

Macron ne peut donc que continuer à naviguer à vue en combinant répression et participation, en une sorte de caricature bégayante de ce qu'avait été l'action de l'exécutif gaullien entre mai-juin 1968 et le Non au référendum de 1969.

Le "grand débat" a commencé par deux épisodes illustratifs.

Le Conseil Economique, Social et Environnemental, institution voué à la "participation" et à l'association des syndicats aux décisions du pouvoir, a lancé un questionnaire qui, trusté par la droite et l'extrême-droite, a vu quelques milliers de réponses (autant dire rien du tout) mettre en tête des "préoccupations des Français" la remise en cause du mariage pour tous. Tout en faisant accuser les gilets jaunes d'être les coupables, le pouvoir a confirmé que, à la différence de l'ISF, un tel sujet n'est pas tabou pour lui !

Deuxième épisode, la présidente du machin censé organiser les débats publics, Chantal Jouanno, a démissionné de l'organisation du "grand débat", son salaire indécent de haute fonctionnaire, de près de 15 000 euros (une paille il est vrai, comparé aux grands actionnaires !) ayant été connu suite à des questions sur Twitter.

Ces deux petits épisodes résument bien les choses. CGT et Solidaires ont boycotté la réunion inaugurale. Mais c'est la totalité du "grand débat" que les organisations syndicales ainsi que les associations d'élus doivent boycotter !

Non pas seulement parce qu'il s'agit d'une farce et que tout le monde le sait. Mais parce que c'est, avec le dialogue social sur les retraites et le statut de la fonction publique, l'ultime planche de salut de Macron qui veut ainsi tenir jusqu'aux Européennes.

L'unité "gilets jaunes/gilets rouges", la voie du succès pour les gilets jaunes comme pour la jeunesse et pour les grévistes dans des centaines de petites et moyennes entreprises de tous les secteurs, exige que l'on ne collabore pas avec Macron ou ses ministres mais qu'on les combatte, pour nos revendications !

 
Pas de participation à la farce du "grand débat" !

Que les représentants syndicaux arrêtent tout "dialogue social" sur la casse sociale !

L'issue politique c'est : Macron dégage !

Ce ne sont pas les droits sociaux qu'il faut casser, c'est l'Etat de la V° République : unité dans le blocage et la grève générale !

 


Les gilets jaunes de Montreuil (93)

Appel des gilets jaunes de Montreuil en réponse à l’appel des gilets jaunes de Commercy

 


 

Les gilets jaunes de Montreuil ont entendu l’appel de l’assemblée populaire de Commercy à se retrouver dans une grande assemblée des assemblées, une commune des communes, le 26 janvier prochain.
Nous les remercions et leur répondons que nous serons présents.

A Montreuil aussi, nous avons enfilé des gilets jaunes et nous nous sommes installés tous les jours en face du rond-point de Croix de Chavaux comme partout en France. Ça nous a permis de nous rencontrer autour d’une soupe, de débattre autour d’un brasero, de tisser des solidarités malgré des horizons très différents et de parvenir à sortir de l’isolement. Cela nous a aussi permis de rappeler que les banlieues parisiennes, comme à Pantin, à Saint-Denis, à Ivry, à Aulnay, ont bien rejoint le mouvement.

Le gilet jaune est le symbole d’une révolte.
Il est bien trop tôt pour rentrer chez soi et il n’est pas trop tard pour en sortir !

Nous sommes révoltés à cause de l’humiliation et du mépris. L’extrême richesse de certains, la soif de pouvoir des politiciens, le saccage de la planète par les plus riches et les violences de l'État sont allés trop loin.

Les mains arrachées, les manifestants éborgnés, la jeunesse alignée à genoux, les milliers d’inculpés et les centaines d’incarcérés sont venus s’ajouter à la répression policière quotidienne exercée à l’encontre des quartiers populaires depuis des années. Nous n’oublions aucune victime du « maintien de l’ordre » et nous affirmons notre solidarité aujourd’hui comme demain.

On essaie comme toujours de séparer les « bons gilets jaunes » et les « casseurs ». 300 personnes qui s’affrontent avec la police pour défendre un rond-point, c’est de l’autodéfense populaire et 3000 personnes qui attaquent des banques ou des ministères, c’est le soulèvement d’un peuple en colère !

Pour obtenir ce que nous désirons, ne tombons pas dans le piège des médias et du pouvoir en définissant des limites à notre mouvement.

Ni les miettes que nous propose le gouvernement, ni un « débat national » dirigé par lui-même, ni l’obtention du RIC n’arrêteront le magnifique moment qui est en train de s’ouvrir.

Certains doutent et ont peur de l’incertitude de l’après. Nous répondons que dans la façon dont s’organise la révolte des gilets jaunes nous avons déjà beaucoup de pistes pour vivre dans des territoires désirables.

Face à la révolte, la plus vieille des techniques du pouvoir est de nous diviser. Nous ne devons pas tomber dans ce piège.

Plutôt que le chacun pour soi, l’individualisme et la soif d’argent qui permettent le maintien de ce pouvoir, c’est la solidarité et le partage que nous avons à développer : Nous avons vu qu’ensemble nous sommes bien plus forts !

Nous savons bien que ceux qui privent les habitants de ce pays d’une vie digne ne sont ni les immigrés ni les exilés mais bien l’insolente richesse de certains et ce système injuste

Voilà pourquoi nous pensons que la différence ne doit pas constituer une frontière : ni la couleur de peau, ni le lieu de naissance, ni le genre, ni l’orientation sexuelle, ni la religion ne serviront de prétexte pour nous diviser. Nous devons être unis dans nos différence si nous voulons bâtir un monde plus juste et plus beau.

En Irak, Tunisie, Belgique, Kurdistan, Syrie, Japon, Hongrie, Espagne, Burkina Faso, Égypte, Angleterre, Maroc, Italie et dans bien d’autres endroits des gens mettent des gilets jaunes pour montrer leur colère : Notre révolte n’a pas de frontière !

Nous ne laisserons plus personne, qu’il soit président, maire ou « représentant » décider à notre place de nos conditions d’existence.

L’organisation par rond point, par quartier, par village, par commune nous permet de reprendre le contrôle de nos territoires et donc de nos vies.
C’est cela qu’il nous faut continuer et viser si nous voulons que les choses changent vraiment.

A Montreuil, nous lançons un « club gilets jaunes » à l’image de ce qui se faisait durant la Révolution Française où l’on se rencontrait dans des clubs d’éducation populaire. Car se réapproprier le savoir permet de nous rendre moins manipulables et de faire émerger une intelligence collective au service d’actions concrètes pour améliorer notre quotidien.
Nous appelons à la multiplication de ce genre de club sur tous les territoires.

Sans pour autant effacer la diversité et l’autonomie de nos organisations et initiatives locales nous pensons qu’il est important de nous lier et de nous rencontrer pour renforcer le mouvement des gilets jaunes.

C’est pour cela que nous serons présents à Commercy et que nous appelons depuis Montreuil à ce que des gilets jaunes de partout participent à l’assemblée des assemblées.

C’est le début d’une révolution qui veut construire une société plus digne et plus juste, pour nous et nos enfants. Nous ne nous arrêterons pas même si cela doit prendre 100 ans. Pour que le peuple décide lui-même de comment il veut vivre.

Entendez cet appel : continuons le début, prenons le chemin de la révolution !

Mail : chavaux@riseup.net
Groupe Facebook : Les Gilets Jaunes de Montreuil
Point fixe de 16h à 20h du lundi au vendredi Place Jacques Duclos (Métro Croix de Chavaux)
Club Gilet Jaunes de Montreuil tous les vendredis à partir de 19h30 à la Parole Errante
Départ collectif à 10h Place Jacques Duclos tous les samedis"

 


Les GJ de Toulouse, 12 janvier

A Toulouse, près de cinq cent Gilets Jaunes votent pour un cahier de revendications

Source : http://www.revolutionpermanente.fr/A-Toulouse-pres-de-500-gilets-jaunes-votent-un-cahier-de-revendications



Dimanche 16 Décembre 2018, une seconde assemblée générale des Gilets Jaunes de Toulouse a réuni plus de cinq cent personnes, l'occasion de voter un cahier de revendications pour avancer dans la structuration du mouvement.

Malgré le froid et la pluie, plus de cinq cent Gilets Jaunes s’étaient réunis Dimanche 16 Décembre 2018 avec la ferme intention de s’organiser autour de revendications communes, de tirer les bilans des premières semaines et de prévoir de nouvelles actions pour faire monter d’un cran encore le rapport de force.

C’est grâce à ce cadre que les Gilets Jaunes de Toulouse ont pu commencer à mettre en forme un cahier revendicatif, faisant ressortir les propositions semblant les plus prioritaires aux yeux des votants. Au total ce sont quatre cent soixante cinq Gilets Jaunes qui se sont exprimés, en choisissant parmi une liste de revendications et en les classant par ordre de priorité, de la plus importante à la moins importante. Le système de vote était différent des assemblées générales telles qu’elles se déroulent plus habituellement dans le mouvement étudiant par exemple. Au lieu d’un vote à main levée sur tout ce qui a été proposé durant le moment de débat, c’est sur les propositions soumises aux assemblées générales précédentes que les quatre cent soixante cinq votants se sont exprimés, à bulletin secret. Ce cahier de revendications a été voté dans un contexte où le gouvernement, par l’intermédiaire des mairies, tentent de remettre la colère sur un terrain institutionnel en appelant les Gilets Jaunes à venir discuter avec eux de leur doléances. Au contraire, l’enjeu de voter des revendications en assemblée générale permet aux Gilets Jaunes de garder la main sur leur mobilisation et de décider par eux-mêmes.

Il ne fait désormais plus aucun doute que la colère des Gilets Jaunes est aujourd’hui loin d’exprimer un mouvement manipulé par l’extrême droite. Nous pouvons à cet égard noter que la diminution du prix du carburant, qui avait pourtant initié le mouvement au mois de novembre 2018, est une des propositions les moins votées. C’est l’instauration d’un Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) qui arrive en première position, avec plus de quatre vingt dix pour cent des votes exprimés qui le place comme très prioritaire, mais aussi avec toute une flopée d’autres revendications portant sur le fonctionnement même du système politique actuel. Instauration d’une sixième république par une assemblée constituante populaire, baisse et encadrement strict du revenu du gouvernement et des élus et justificatif de leur frais et prise en compte réelle du vote blanc, parmi celles jugées les plus prioritaires.

Ces revendications expriment une fois de plus le caractère politique et la méfiance très importante et inédite contre les institutions de la cinquième république et du modèle de démocratie représentative, preuve, s’il en fallait, que le mouvement des Gilets Jaunes n’est pas seulement économique.

Le fait que le RIC arrive en première place est à la fois le signe d’un fort rejet du système politique actuel, mais pourrait être aussi une limite pour réaliser vraiment le pouvoir au peuple auquel aspire le mouvement.

À côté de cela, les revendications économiques sont elles aussi très radicales. Ce que les différentes revendications les plus votées mettent en lumière, c’est bien le fait que ce sont aujourd’hui les patrons et les politiciens professionnels sur-payés qui sont dans le viseur. C'est la chasse accrue à la fraude fiscale et patronale qui arrive en deuxième position avec près de quatre vingt dix pour cent des votes exprimés qui en font une priorité, mais encore la fin du Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi (CICE) qui recueille près de quatre vingt pour cent des voix, à côté de quoi sont exigées la hausse du minimum vieillisse et des retraites à la hauteur du Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC), une augmentation de celui-ci et une revalorisation des salaires et du Revenu de Solidarité Active (RSA). Une attention particulière est aussi portée aux services publics.

Enfin, contre tous les préjugés ayant pu circuler sur le mouvement, que ce soit du côté du gouvernement ou des médias voulant faire passer le mouvement pour réactionnaire, affirmant que les Gilets Jaunes œuvreraient contre les préoccupations écologistes ou féministes, nous voyons au contraire fleurir sur le cahiers revendicatifs des questions touchant du doigt ces problématiques écologistes. En sixième position, nous pouvons voir la revendication de l'égalité salariale et parentale entre les hommes et les femmes. Les femmes sont en effet les plus affectées par les différents plans d’austérité et de casse de l’emploi, mais aussi les actrices fondamentales de ce mouvement, à tel point qu’une marche des femmes gilets jaunes est d’ores et déjà appelée, Dimanche 6 Janvier 2019 à 11 heures.

La question de l’organisation et de la structuration du mouvement est une question primordiale pour que le mouvement des Gilets Jaunes ne s’essouffle pas. Pour un mouvement aussi spontané, le manque d’organisation au départ se comprend et la grande méfiance dans les trahisons potentielles se comprend aussi. Aujourd’hui néanmoins tout le monde voit que le mouvement gagnerait à être plus organisé pour être capable d’aller plus loin.

De ce point de vue, nous pouvons voir du côté de la région toulousaine une tentative intéressante de s’auto-organiser en reprenant notamment la forme des assemblées générales qui ont fait la force des victoires du passé. Différents cadres, assemblées générales et commissions pour traiter de sujet particuliers, ont en effet été mis en place depuis le début du mois de décembre 2018 pour faire en sorte que les informations, les discussions et les décisions, soient posées dans un cadre collectif, le plus démocratique possible.

S’il n’est pas toujours évident de s’organiser en étant plusieurs centaines voire plusieurs milliers, le cadre des assemblées générales permet néanmoins à tout le monde le droit à la parole et le droit de prendre part aux décisions permettant d’acter, à la majorité, les prochaines étapes de la lutte et d’agir comme force collective, directement. Durant l'assemblée générale, plusieurs interventions ont permis d’interroger la mise en place concrète du vote, qui s’est déroulé à l’aide de bulletins déposés dans une urne prévue à cet effet, une forme qui ne permet pas de contrôler démocratiquement le vote, puisque une même personne pouvait voter plusieurs fois. C’est notamment pour éviter ce genre de cafouillages que traditionnellement les assemblées générales préfèrent le vote à main levée, qui permet, à l’issue d’un débat, de trancher une position de manière transparente et collective.

Ces assemblées générales, qui ont permis à chaque fois de réunir près de cinq cent Gilets Jaunes à Toulouse, gagneraient à être exportées dans d’autres villes pour structurer durablement et démocratiquement la mobilisation des Gilets Jaunes. Elles sont aussi les meilleurs gardes fous contre les portes paroles autoproclamés qui voudraient parler à notre place. Et elles permettent, au contraire, d’arriver à des décisions collectives qui peuvent ensuite être portées par des personnes mandatées par les assemblées générales pour se coordonner avec d’autres villes, comme le suggère l’appel très progressiste des Gilets Jaunes de Commercy.

A Toulouse, la prochaine assemblée générale aura lieu Dimanche 6 Janvier 2019 à 15 heures à Sesquières.


Les gilets jaunes de Lille, 12 janvier

Les gilets jaunes s'adressent aux autres travailleurs !

Appel aux syndicats adopté par l'assemblée régionale à Lille

(350 Gilets jaunes présents selon un participant)

Communiqué de la part des Gilets Jaunes Hauts de France à l'intention des organisations syndicales


 

Voilà sept semaines que la mobilisation des « Gilets Jaunes » ne connaît pas de répit. Nous sommes au quotidien sur les ronds – points, sur les autoroutes, dans la rue chaque samedi face à une répression des plus violente ! D'aucun pensait qu'avec les fêtes, notre mouvement prendrait fin, mais nous sommes encore là, bien décidés à ne rien lâcher !

Ce mouvement est inédit, intersectoriel, de portée internationale, indépendant de toute structure politique traditionnelle. Mais de la politique, nous en faisons tous les jours. Nous avons enfin compris que nous n'avions besoin de personne pour penser à notre place. Et certainement pas de professionnels de la politique qui prennent des décisions en notre nom mais qui pourtant ne connaissent rien de notre quotidien.

Nous luttons contre l'exploitation que la grande majorité du peuple subit au profit d'une minorité de riches, de plus en plus riches. Alors que les dividendes versés aux actionnaires n'ont jamais été aussi importants, la France d'en bas se crève pour des salaires de misère !

Pour bloquer l'économie et avoir enfin une vie juste, nous avons besoin d'une grève générale. Nous demandons aujourd'hui aux organisations syndicales de se positionner clairement du côté des exploité.e.s, de soutenir notre lutte et d'y prendre part en appelant à une grève générale reconductible dès janvier 2019 afin de permettre à tous les salarié.e.s d'exercer leur droit de grève et de pouvoir se joindre à la lutte.

 


Contre les violences policières et la répression des manifestations et de la colère populaire

Source: https://www.npa2009.org/communique/contre-les-violences-policieres-contre-la-repression-des-manifestations-et-de-la-colere

Jeudi 3 Janvier 2019


 

Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) est révolté par le degré atteint par les violences policières et par la répression judiciaire inédite  que subit le mouvement des Gilets Jaunes, comme l’a dénoncé par exemple Amnesty International. La nouvelle interpellation d’Éric Drouet, fortement médiatisée, vise à faire témoigner de la détermination du pouvoir à se donner les moyens d’interdire les manifestations, même s’il y a peu de manifestants. Elle est à coup sûr en train de faire de ce personnage aux positions confusionnistes un symbole des victimes du pouvoir d'Emmanuel Macron.

Un peu partout dans le pays, les violences policières ont fait au moins une morte et des dizaines de  blessés graves. Des tirs de Lanceurs de Balles de Défense (LBD) ou de grenades de désencerclement arrachent des mains, crèvent des yeux et brisent des mâchoires. Ils blessent, souvent gravement, des personnes qui, en général, n’ont rien fait d’autre que de se trouver dans un rassemblement ou une manifestation des Gilets Jaunes. Des matraquages en règle ont lieu et les images de violences policières contre des manifestants isolés, et souvent à terre, se multiplient.

Si l’on ajoute à cela les nombreuses violences policières contre les lycéens et l’humiliation infligée aux élèves de Mantes-la-Jolie, nous sommes amenés à conclure que la répression policière constitue un outil majeur auquel ont recours Emmanuel Macron et son gouvernement contre la contestation sociale justifiée et salutaire dont ils font l’objet. L’achat par le pouvoir d’un stock inédit de grenades lacrymogènes, et l’acquisition récente de quatre cent cinquante LBD multi-coups et de mille deux cent quatre vingt nouveaux LBD mono-coups, montrent bien que la violence et la répression voulues par le gouvernement sont appelées à s’aggraver dans un proche avenir.

Le NPA dénonce l’utilisation de plus en plus systématique des arrestations préventives, héritage de Nicolas Sarkozy, qui permet de placer en garde à vue sur simple présomption. Les chiffres sont affolants. Entre le Samedi 17 Novembre et le Lundi 17 Décembre 2018, quatre mille sept cent cinquante personnes ont été placées en garde à vue, dont trois mille trois personnes en province, trois mille sept cent quarante sept personnes subissent des poursuites judiciaires, dont six cent quatre vingt dix sept personnes en comparution immédiate, qui ont abouti à l’emprisonnement de deux cent seize personnes, dont cent quatre vingt dix en province.

Il y a urgence à lancer une vaste campagne unitaire pour dénoncer cette politique et imposer une amnistie générale et sans condition pour toutes les victimes de la répression policière et judiciaire exercée par le gouvernement d'Emmanuel Macron.

Il y a urgence à lancer une campagne unitaire pour exiger l’abandon et l’interdiction de toutes les armes dites non-létales, mais dont l’utilisation conduit à des mutilations ou à des morts, telles que les LBD et les grenades de désencerclement.

Il y a urgence à lancer une campagne unitaire pour que la lumière soit totalement faite sur les chaînes de commandements responsables des violences policières ayant abouti à des blessures de manifestants.

Le NPA prend dès maintenant tous les contacts nécessaires avec les organisations démocratiques et du mouvement ouvrier pour réaliser une campagne unitaire de masse sur ces questions, en solidarité notamment avec les victimes de cette répression.

 


La langue française la plus belle au monde
Elle en prend un sérieux coup !!!


J’ai reçu ce petit texte… Commentaire de Robert Duguet

Si le sale boulot fait par les énarques de l’Education Nationale, j’entends ces hauts fonctionnaires embusqués sous les lambris d’une république qui n’en est plus une, qui n'ont pas vu un élève depuis bien longtemps, n’avaient pas largement détruit l’école républicaine et laïque, ce texte serait drôle à pisser de rire. La place de ces individus dont la fonction aura été de vendre l’école républicaine aux intérêts du néo-libéralisme, n’est pas dans un hôpital psychiatrique, comme l'indique l'auteur qui ne manque pas d'humour. Dans le cadre de la reconstruction d’un enseignement public digne de ce nom, on peut imaginer que seront sanctionnés les salopards qui ont délibérément servi leurs maîtres néo-libéraux : pour Macron et sa bande de coquins c’est le tribunal d’exception :

"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs". (Déclaration des droits de l’Homme de 1793)

Les gilets jaunes le mettent en œuvre !

Pour ces chers énarques, leur place est un statu de Maître Auxiliaire dans un collège de banlieue déshéritée ou de village, où ils purgeront une peine de quelques années pour réapprendre aux enfants du peuple les bases élémentaires du savoir :

Et autres éléments de base du savoir que les élèves ne maitrisent plus, résultat de toutes les contre-réformes (de droite et de gauche) appliquées depuis 30 ans. On a aujourd’hui des élèves de classes préparatoires qui ne maitrisent plus leur langue maternelle…

Allez, les stylos rouges, au combat…

 


 

Encore un bel exemple de l’esprit pervers de nos énarques de l’éducation nationale

Qu'est-ce qu'un Bloc mucilagineux à effet soustractif ?

Hé, les vieux il faut que nous retournions à l’école.

Faudra soumettre ce thème à l'académie Française.....

C'est excellent !!!!!! Lisez ce texte, vous allez vous régaler !!!....

L’éducation nationale fait des progrès dans la transmission de la langue française
 « Bloc mucilagineux à effet soustractif »...cela veut dire quoi?

Il est vrai que les femmes de ménage étaient devenues des « techniciennes de surface » et les aveugles des « non-voyants » (ben voyons), et les sourds depuis longtemps des malentendants…

Et contrairement à ce que l'on pourrait penser, il ne s'agit pas d'une "évolution de la langue", mais de "prospective positive modernisée d'un mode de communication oral... ! "

Déjà cet été, j’ai adoré les campings qui ne veulent plus qu’on les appelle campings parce que ça suscite instantanément dans l’esprit des gens l’image de Franck Dubosc en moule-boules ou de Roger et Ginette à l’apéro avec casquette Ricard et claquettes Adidas.

Donc les professionnels de la branche demandent que l’on dise désormais « hôtellerie en plein air »…

Ha ha, ça change tout !!!

J’ai aussi appris que je n’étais pas petite mais « de taille modeste » et qu’un nain était une « personne à verticalité contrariée ». Si, si ! 

Mais rendons à César ce qui lui appartient, l’empereur du genre reste le milieu scolaire et ses pédagos à gogo.

Pour suivre à la lettre nos nouveaux enseignements... Voilà qui devrait ravir les amoureux de la langue Française...

J’étais déjà tombé de ma chaise pendant une soirée de parents quand la maîtresse a écrit sur le tableau que nos enfants allaient apprendre à manier « l’outil scripteur » au lieu de tenir un crayon.

Je me suis habituée au fait que les rédactions sont des « productions  écrites »,

les sorties en groupe des « sorties de cohésion »   et les élèves en difficulté ou handicapés des « élèves à besoins éducatifs spécifiques».

Mais cette année, sans discussion aucune, la palme est attribuée au Conseil supérieur des programmes en France et à sa réforme du collège.

 Z’êtes prêts ?.. Allons-y. 

Donc, demain l’élève n’apprendra plus à écrire mais à « maitriser le geste graphomoteur et automatiser progressivement le tracé normé des lettres ». 

Il n’y aura plus de dictée,

mais une « vigilance orthographique ».

Quand un élève aura un problème on tentera une

« remédiation ». 

Mais curieusement le meilleur est pour la gym…Oups pardon !!! pour l’EPS  (Education physique et sportive). 

Attention, on s’accroche : courir c’est « créer de la vitesse », nager en piscine c’est « se déplacer dans un milieu aquatique profond standardisé et traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête », et le badminton est une « activité duelle médiée par un volant ».

Ah ! C’est du sportif,  j’avais prévenu !...

Les précieuses ridicules de Molière, à côté, c’est de l’urine de jeune félidé (je n’ose pas dire du pipi de chat). 

Alors, les amis, ne perdons pas ce merveilleux sens du burlesque et inventons une nouvelle catégorie : la « personne en cessation d’intelligence », autrement dit, le con. 

Signé Martine Meunier, mère d’une élève. Ah ! non, re-pardon… Martine Meunier « génitrice d’une apprenante ». 

Ben oui, un "outil scriptutaire", c'est un stylo, un "référentiel bondissant", c'est un ballon, et, pour finir et revenir à l’objet de ce courriel, un "bloc mucilagineux à effet soustractif", c'est… une gomme !

*Je pense que les "zzzélites" qui ont inventé de telles conneries (pardon: dires de personne en cessation d’intelligence!) n’en resteront pas là avant d’être tous en hôpital psychiatrique pour, voyons, voyons…
ah ! oui j’y suis : « remédiation de cessation d’intelligence »

 



Je hais le nouvel an, par Antonio Gramsci.



Chaque matin, à me réveiller encore sous la voûte céleste, je sens que c’est pour moi la nouvelle année. C’est pourquoi je hais ces nouvel an à échéance fixe qui font de la vie et de l’esprit humain une entreprise commerciale avec ses entrées et sorties en bonne et due forme, son bilan et son budget pour l’exercice à venir. Ils font perdre le sens de la continuité de la vie et de l’esprit. On finit par croire sérieusement que d’une année à l’autre existe une solution de continuité et que commence une nouvelle histoire, on fait des résolutions et l’on regrette ses erreurs etc. etc. C’est un travers des dates en général. On dit que la chronologie est l’ossature de l’Histoire; on peut l’admettre. Mais il faut admettre aussi qu’il y a quatre ou cinq dates fondamentales que toute personne bien élevée conserve fichée dans un coin de son cerveau et qui ont joué de vilains tours à l’Histoire. Elles aussi sont des nouvel an. Le nouvel an de l’Histoire romaine, ou du Moyen Âge, ou de l’Époque moderne. Et elles sont devenues tellement envahissantes et fossilisantes que nous nous surprenons nous-mêmes à penser quelquefois que la vie en Italie a commencé en 752, et que 1490 ou 1492 sont comme des montagnes que l’humanité a franchies d’un seul coup en se retrouvant dans un nouveau monde, en entrant dans une nouvelle vie. Ainsi la  date devient un obstacle, un parapet qui empêche de voir que l’histoire continue de se dérouler avec la même ligne fondamentale et inchangée, sans arrêts brusques, comme lorsque au cinéma la pellicule se déchire et laisse place à un intervalle de lumière éblouissante. Voilà pourquoi je déteste le nouvel an. Je veux que chaque matin soit pour moi une année nouvelle. Chaque jour je veux faire les comptes avec moi-même, et me renouveler chaque jour. Aucun jour prévu pour le repos. Les pauses je les choisis moi-même, quand je me sens ivre de vie intense et que je veux faire un plongeon dans l’animalité pour en retirer une vigueur nouvelle. Pas de ronds-de-cuir spirituels. Chaque heure de ma vie je la voudrais neuve, fût-ce en la rattachant à celles déjà parcourues. Pas de jour de jubilation aux rimes obligées collectives, à partager avec des étrangers qui ne m’intéressent pas. Parce qu’ont jubilé les grands-parents de nos grands parents etc., nous devrions nous aussi ressentir le besoin de la jubilation. Tout cela est écœurant.

(Antonio Gramsci, 1er janvier 1916 sur l’Avanti!, édition de Turin, rubrique « Sotto la Mole ») Traduit par Olivier Favier.

 


Le deuxième appel des gilets jaunes de Commercy

 


Je vous appelle à signer l'appel ci-dessous...

 

Pour la Libération des prisonniers politiques catalans


 

Voilà plus d’un an maintenant que sont maintenus en détention provisoire Jordi Sànchez et Jordi Cuixart, respectivement présidents de l’Assemblée Nationale Catalane (ANC) et d’Omnium Cultural. Ils sont accusés de sédition et de rébellion, « charges retenues qui sont sans fondement et doivent être abandonnées », selon Amnesty International. Amnesty International demande leur libération immédiate, « ce maintien en détention constituant une restriction disproportionnée de leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique ».

Sept autres dirigeants politiques sont aussi en détention provisoire, punis pour avoir mis en œuvre leur mandat électoral, le référendum du Premier octobre 2017 : Oriol Junqueras (vice-président) et Jordi Turull, (porte-parole du gouvernement), Joaquim Forn (ministre de l’Intérieur), Raul Romeva (ministre des Affaires extérieures, des Relations institutionnelles et de la Transparence), Jordi Rull (ministre chargé du Territoire et du développement durable), Dolors Bassa (ministre du Travail, des Affaires sociales, de la Famille) ainsi que Carme Forcadell, ancienne présidente du Parlement catalan.

Plusieurs autres élus et politiques catalans ont choisi l’exil : Carles Puigdemont, président du gouvernement de la Generalitat, Toni Comín (ministre de la Santé), Clara Ponsatí (ministre de l’Enseignement), Meritxell Serret (ministre de l’Agriculture, de l’Élevage, de la Pêche et de l'Alimentation) et Lluís Puig (ministre de la Culture), ainsi que Marta Rovira et Anna Gabriel, députées.
712 maires ont été mis en examen pour avoir mis à disposition des électeurs des locaux municipaux le Premier octobre. Les cinq membres du bureau électoral, qui avaient démissionné avant même le référendum, ont récemment été inculpés pour désobéissance et encourent des peines de plus de 2 ans de prison.

Sont également inculpés des dizaines de militants républicains catalans pour avoir participé à l’organisation des manifestations pacifiques contre la répression policière et pour avoir demandé la proclamation de la République Catalane lors des grèves générales des 3 et 8 octobre 2017. Plus de 2 ans de prison ont été demandés aussi pour 14 des personnes qui s’étaient enchaînées devant le palais de justice de Barcelone le 23 février 2017.

Des droits fondamentaux sont ouvertement bafoués : droit d’autodétermination, droit de se réunir, de manifester et de s’organiser pour l’exercer. Cette politique répressive anti-démocratique se base en partie sur la manipulation de la loi antiterroriste dite loi Mordaza. Déjà condamnés ou mis en examen, des rappers, des humoristes, pour avoir critiqué les agissements de la royauté. Aucun dialogue démocratique digne de ce nom ne saurait être entamé sans que ne soient libérés toutes celles et tous ceux qui sont poursuivis pour avoir exercé leurs droits civiques.

 

Adresse : petitionlibcat@gmail.com      Prénom, Nom, adresse,  profession, date, signature

 


En Andalousie, l’extrême droite est bien le faiseur de majorité, par le Monde

Source : https://www.lemonde.fr/international/article/2018/12/28/en-andalousie-l-extreme-droite-confirme-son-role-de-faiseur-de-majorite_5402851_3210.html


 

La candidate de la formation de centre droit Ciudadanos Marta Bosquet a été élue, Jeudi 27 Décembre 2018, à la présidence du parlement régional grâce à l’appui du parti Vox.

Une page vient de se tourner en Andalousie. Grâce au soutien de Vox, le petit parti d’extrême droite qui a fait une entrée en force lors des élections régionales du Dimanche 2 Décembre 2018, la droite a pris pour la première fois la présidence du parlement andalou. Vox confirme ainsi son rôle de faiseur de majorité qui devrait permettre au Parti Populaire et à Ciudadanos de gouverner la région la plus peuplée d’Espagne, qui était aux mains du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) depuis trente-six ans.

Lors du scrutin du Dimanche 2 Décembre 2018, le PSOE, bien qu’arrivé en tête, avait obtenu le pire résultat de son histoire, avec trente-trois députés et vingt-huit pour cent des voix. Le Parti Populaire andalou était arrivé en deuxième position, avec vingt-six sièges, devant Ciudadanos, avec vingt et un sièges. Mais c’est l’irruption inattendue de Vox, de ses douze députés et de ses onze pour cent des voix, qui a bouleversé le paysage politique local. Pour la première fois depuis le rétablissement de la démocratie en Espagne, après la mort du dictateur Francisco Franco en 1975, un parti d’extrême droite entrait dans un parlement régional.

Bien décidés à déboulonner le PSOE de son fief, les conservateurs et les centristes ont scellé un accord pour gouverner l’Andalousie qui donnera, au mois de janvier 2019, la présidence de la région à Juan Manuel Moreno, le leader du Parti Populaire andalou. Mais, n’ayant pas à elles seules une majorité absolue dans un parlement régional de cent neuf députés, les deux formations devront donc compter sur les élus de Vox.

Un premier pas vers la constitution de cette coalition sans précédent a été franchi, Jeudi 27 Décembre 2018, à l’occasion de l’élection du président du parlement. La formation d’extrême droite a apporté son soutien à Marta Bosquet, candidate de Ciudadanos. En échange, l’un des députés de Vox, Manuel Gaviria, est devenu l’un des six membres du bureau de l'assemblée régionale qui siège à Séville. Le parti d’extrême droite avait répété ces dernières semaines qu’il ne serait pas un obstacle pour le changement en Andalousie. Il n’avait pas demandé à entrer au sein du nouvel exécutif, mais il n’avait pas non plus confirmé qu’il voterait en faveur d’un gouvernement rassemblant le Parti Populaire et Ciudadanos.

Vox semble décidé à vendre cher son soutien. « Les négociations pour former un gouvernement en Andalousie avec le Parti Populaire et Ciudadanos ne font que commencer », a déclaré son secrétaire général, Javier Ortega, précisant qu’il ne participait pas à l’accord conclu par les deux partis, « les tractations aborderont tous les sujets, point par point ».

Sur le plan national, Vox, né en 2013, est opposé à l’immigration illégale et à l’indépendantisme catalan. Il veut supprimer l’autonomie des régions au nom des économies budgétaires et de la défense de l’unité de l’Espagne. Il demande aussi l’abolition de la loi contre les violences faites aux femmes, que le parti considère comme une loi discriminatoire contre les hommes.

Un rapprochement en Andalousie pourrait préfigurer d’autres alliances à droite, dans les régions ou à l’échelle nationale. Pour le président du Parti Populaire de l'état espagnol, Pablo Casado, il n’est que « le préambule de ce qui va se passer lors des élections municipales » du 26 mai 2019. « Si un accord est possible entre les partis constitutionnalistes qui défendent l’unité de l’Espagne en Andalousie, pourquoi ne le serait-il pas dans d’autres régions », a déclaré le leader du parti conservateur.

Selon les estimations de l’institut de sondage Metroscopia publiées Mercredi 19 Décembre 2018, Vox pourrait recueillir vingt-neuf députés sur trois cent cinquante au parlement espagnol lors d’hypothétiques élections générales. Ciudadanos, de son côté, a plus de mal à gérer un soutien de l’extrême droite. Son secrétaire général, José Manuel Villegas, a affirmé que son parti n’acceptera pas de changer le pacte conclu avec le Parti Populaire qui propose d’alléger la pression fiscale et de dépolitiser l’administration. Le PSOE n’a pas hésité, lui, à exploiter les contradictions de l’accord. « Sans l’extrême droite, ils n’ont pas de gouvernement. Pourquoi le cachent-ils ? Ont-ils honte », a dénoncé la présidente sortante d’Andalousie, Susana Diaz.

Le pacte andalou pourrait poser problème au parti centriste, notamment en Catalogne où il est la principale force d’opposition contre les indépendantistes. Manuel Valls, qui se présente à la mairie de Barcelone et dont la plateforme bénéficie du soutien de Ciudadanos, a préféré prendre ses distances.

« L’irruption de l’extrême droite, même si elle répond au résultat des urnes, est une mauvaise nouvelle pour l’Espagne et pour l’Europe », a assuré l’ancien premier ministre français sur Twitter, « tout accord de programme ou de gouvernement avec Vox serait une erreur politique et une incongruité morale ».

 


Dérives populistes dans le mouvement ouvrier, hier et aujourd'hui

Un livre de Robert Duguet

La grande crise des années 1930 conduisait hier au deuxième cataclysme mondial ; dans le mouvement ouvrier se développeront des courants populistes, dont les plus importants protagonistes finiront dans la collaboration avec Vichy et le nazisme. Passée l'embellie des 30 glorieuses, la social-démocratie, d'une manière générale le réformisme, a cessé de garantir aux populations laborieuses les conquêtes de civilisation acquises à la fin de la guerre. 
La dérive populiste, déjà inscrite dans une aile du nouveau parti socialiste de 1971, se manifeste aujourd'hui avec force : ironie de l'histoire qui voit un Jean Luc Mélenchon, qui a combattu durant 30 ans pour défendre l'identité socialiste, rallier aujourd'hui des positions populistes et nationalistes. L'histoire bégaie ?

Lire une présentation plus précise...


Les Cahiers du Mouvement Ouvrier n°80 viennent de paraître:

avec un dossier sur l'histoire de la révolution allemande (1919-1922), reprise d'une conférence de l'historien Pierre Broué (1926-2005) faite en 1969.

Abonnement annuel 4 numéros

(35 euros, Europe 38, autres 45)

Ecrire à Colette Hublet, 78 rue Haxo, Paris 75020 en joignant voscoordonnées (Nom, Prénom, Adresse et Courriel)


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