Blog de Robert Duguet - Mai 2017 /contact:

Caroline de Haas combat pour l'unité contre El Khomri

Ces messieurs de France Insoumise, vous êtes des diviseurs et des irresponsables !

par Robert Duguet




Caroline de Haas, militante féministe de 36 ans, s'était fait connaître au plan national en mars 2016 lorsqu'elle a lancé une pétition en ligne demandant l'abrogation de la loi Travail. Elle affrontera le candidat de la droite Pierre-Yves Bournazel mais surtout la candidate du Parti socialiste, Myriam El Khomri elle-même... Lors d’une réunion tenue à l’atelier Montmartre, elle a fixé le cadre qu’elle souhaite, si elle est élue, donner à son action : une ouverture citoyenne, un collectif de circonscription en quelque sorte, permettant à ses mandants de contrôler son activité au Palais Bourbon. Elle s’est engagée à ne faire qu’un seul mandat. Sa candidature reçoit le soutien du PCF et de EELV. Caroline de Haas veut réunir derrière elle "toutes les forces progressistes du pays" : en clair, elle veut rassembler mais sur une ligne de rupture avec El Khomri et donc le PS. L’ambiguité peut être chez les autres et non pas chez elle : EELV la soutient localement, même si ce parti nationalement passe des accords avec le PS. Que fait France Insoumise dans cette circonscription où vaincre El Khomri aurait un retentissement national, non seulement comme conséquence politique du mouvement social contre l’auteur de cette loi inique qui met en pièce le droit du travail, mais aussi contre ce que prépare le gouvernement de Macron sur le prolongement de cette affaire ?

Ces messieurs de France Insoumise que font-ils ? Qu’a décidé le leader maximus Mélenchon ? Car c’est lui, et qui plus est dans la circonscription d’El Khomri, qui sans nul doute impose la ligne. Et bien ils parachutent un charmant jeune homme,  portant une écharpe rouge et de fines lunettes et qui est absolument inconnu dans la circonscription. Paul vannier a donc fait savoir qu’en tout état de cause il ne se désistera pas ! Caroline de Haas s’inscrit d’emblée dans une démarche politique nationale, laissant quelque peu les aspects locaux, ce que quelques personnes lui ont par ailleurs reproché. Mais le sens vraiment de son combat est donné par Tristan, 29 ans, qui résume la situation ainsi : "Je veux damer le pion à Myriam El Khomri."

Ces derniers jours nous sont remontés de diverses circonscriptions des informations sur l’attitude scandaleuses de France Insoumise, refusant l’unité là où le rassemblement est possible pour vaincre et la droite et les macronistes.

Je crois que le leader maximus a perdu les pédales : il n’a surtout pas compris que les 7 millions de voix qui se sont portées sur son nom sont la traduction exacte du mouvement social contre la loi El Khomri. Elles ne sont pas la propriété de France Insoumise. Nous le disons tranquillement, la sanction sera terrible !

Vous êtes des diviseurs et des irresponsables !

Et nous saurons nous en souvenir !

 


Jean-Paul Dufrègne, candidat du Parti Communiste Français (PCF), réunit le Mouvement de la France Insoumise (MFI) et Ensemble

Source : http://www.lamontagne.fr/moulins/politique/2017/05/23/jean-paul-dufregne-pcf-reunit-la-france-insoumise-et-ensemble_12414734.html

Mardi 23 Mai 2017




 
Le MFI et Ensemble se rangent derrière Jean-Paul Dufrègne, le candidat du PCF dans la circonscription de Moulins. Privilégiant le rassemblement, ils ont trouvé un accord.
 
La gauche resserre ses rangs derrière Jean-Paul Dufrègne. Le candidat du PCF au premier tour des élections législatives dans la circonscription de Moulins, le MFI et Ensemble, sont parvenus à un accord local.
 
« Nous portons des choses communes », a commenté Jean-Paul Dufrègne, Mardi 23 Mai 2017, lors d'une conférence de presse à Moulins. « Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise. Nous avons des projets en commun sur les services publics, la transition écologique, la protection sociale et la sixième république. Jusqu'alors, nous n'étions pas parvenus à un accord. Je ne voulais pas signer la charte du MFI en l'état. Je voulais mener cette campagne au nom du PCF. Chacun a fait un pas vers l'autre. Cet accord, dont je me félicite, renforce nos chances de remporter la circonscription ».
 
Le comité local du MFI a consulté ses militants avant de faire cause commune avec le parti communiste, « il s'agit de défendre nos valeurs communes », confie Michelle Kapala, « nous avons donc décidé, Frédéric Desnoix et moi-même, de ne pas nous présenter ». Ce qui a conduit le MFI à changer d'avis, poursuit Michelle Kapala, c'est « une réflexion sur l'état des lieux localement, sur les résultats des élections présidentielles et sur nos points de convergence très forts, par exemple le code du travail et la transition écologique ». Patrick Bussy, militant du MFI, relève également que « beaucoup d'électeurs plébiscitent l'unité et le rassemblement ».
 
Au-delà des projets, le PCF, le MFI et Ensemble, se sont aussi mis d'accord sur une méthode de travail qui « associe la population aux décisions et au travail du candidat-député ».
 
Cette alliance est semble-t-il faite pour durer. Michelle Kapala et Jean-Paul Dufrègne indiquent en effet qu'elle devrait survivre après les élections législatives, « c’est un travail au long cours qui commence », confie la militante du MFI.
 
« Ce n'est pas un ralliement d'opportunisme pour ces élections »,  ajoute la candidate du PCF.
 
Pour l'heure, l'objectif de Jean-Paul Dufrègne et de Valéry Gouby est de remporter un siège à l'assemblée nationale.
 
« L'extrême droite ne doit pas être l'opposant principal à Emmanuel Macron et à son gouvernement qui est ni de gauche, ni de gauche », assure Alexis Mayet, militant d’Ensemble.

 


Appel contre la prorogation de l'état d'urgence
 
Lettre au président de la république

Source : https://www.laquadrature.net/fr/lettre-macron-etat-urgence


 

À l'issue du conseil de défense tenu Mercredi 24 Mai 2017, le président de la république Emmanuel Macron a annoncé qu'il demanderait au parlement la prolongation de l'état d'urgence jusqu'au premier novembre 2017, ainsi que la discussion d'une nouvelle loi pour lutter contre le terrorisme.
 
La veille de cette réunion, nous, associations de défense des droits, avocats et universitaires, avions envoyé un courrier au président de la république lui demandant d'avoir le courage de ne pas renouveler une fois encore l'état d'urgence, déclaré inopérant dans la lutte antiterroriste par les missions de contrôles parlementaires qui ont eu à en connaître ces derniers mois.
 
Nous regrettons que le président de la république et son gouvernement aient annoncé, aussi rapidement et sans concertation avec les acteurs de la société civile qui travaillent sur le sujet, leur volonté de renouvellement de l'état d'urgence.
 
Leur engagement à évaluer les politiques publiques trouvait pourtant sur le sujet de l'état d'urgence un motif impérieux d'être mis en pratique immédiatement. Qu'en est-il de l'évaluation de l'efficacité et de la constitutionnalité du mille-feuilles juridique sécuritaire mis en place ces cinq dernières années au fil des différentes lois contre le terrorisme, cinq en trois ans ? Alors que de plus en plus souvent les mesures contre le terrorisme, ou liées à l'état d'urgence, sont appréhendées par les spécialistes comme relevant de la communication politique davantage que de la logique opérationnelle, quelle évaluation a été faite de leur impact sur l'état de droit, les libertés fondamentales ou la cohésion sociale ? De même, la réflexion sur une réorganisation des services de renseignement, telle qu'annoncée par le président de la république, au profit d'une meilleure lutte contre le terrorisme, ne devrait-elle pas être menée à son terme avant toute proposition de nouvelle loi antiterroriste ou sécuritaire ?
 
Nous rendons ici public notre lettre au président de la république qui reprend de façon synthétique la plupart des revendications que nous portons. De par nos expériences respectives, nos travaux et le dialogue avec certaines institutions, nous avons acquis la conviction de l’inefficience de l’état d’urgence et de son caractère contre-productif.

 
Lettre au président de la république contre le renouvellement de l'état d'urgence
 
Le conseil de défense et de sécurité nationale que vous avez convoqué Mercredi 24 Mai 2017 se réunira moins de deux jours après que le Royaume-Uni ait été durement frappé par une action terroriste. Nous souhaitons d’abord exprimer notre solidarité à l’égard des victimes et de leurs proches. Ce drame ne vous dégage toutefois pas de la responsabilité que vous confie la constitution de rétablir le fonctionnement régulier des institutions. L’état d’urgence ne favorise en rien la protection de nos concitoyens et empêche au contraire de concevoir une réponse de long terme à la menace du terrorisme international.
 
Nous, membres actifs de la société civile, assistons avec inquiétude à ce basculement normatif se diffusant durablement dans le droit en portant une atteinte insupportable aux libertés fondamentales, libertés pour la garantie desquelles nous nous battons et que nous ne voulons pas voir réduites sous la pression de la menace terroriste.
 
La menace qui pèse sur la France, comme sur d'autres pays d'Europe et du monde, reste et restera longtemps élevée. Plus de dix-huit mois après son déclenchement, face à une menace terroriste persistante et latente, les conditions juridiques de prorogation de l’état d’urgence, le péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, ne sont pas réunies.
 
Nous pensons que la seule audition des services de renseignement ne vous suffira pas pour avoir une vision complète de la situation.
 
L’appréciation objective de la situation actuelle commande d’entendre l’ensemble des acteurs, juristes spécialisés, universitaires, avocats spécialisés, associations qui accompagnent les personnes visées par les mesures, éducateurs et médiateurs, qui vous éclaireront sur les effets toxiques de l’état d’urgence, pour certaines communautés comme pour l’ensemble de la société française, ainsi que sur l’efficacité de la lutte contre le terrorisme elle-même.
 
De par nos expériences respectives, nos travaux et le dialogue avec les institutions, nous avons acquis la conviction de l’inefficience de l’état d’urgence et de son caractère contre-productif. Nous faisons ici écho aux bilans dressés par la commission des lois de l'assemblée nationale chargée du contrôle parlementaire de l’état d’urgence et par des autorités indépendantes, comme le défenseur des droits, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) ou encore la Commission Européenne des Droits de l’Homme (CEDH).
 
La commission d’enquête parlementaire sur les moyens mis en œuvre dans la lutte contre le terrorisme a affirmé clairement que « s’il a été réel, cet effet déstabilisateur, lié à la surprise des opérations menées, semble s’être rapidement amenuisé ». En contournant la justice antiterroriste et en épuisant les forces de sécurité, l'état d'urgence s'avère même à long terme non seulement inefficace, mais aussi contre-productif.
 
Nous tenons par ailleurs à vous rappeler le coût, social, politique et institutionnel, très élevé de l'état d'urgence qui autorise des mesures impliquant des atteintes graves aux libertés individuelles sans contrôle en amont du juge judiciaire et sans que le contrôle a posteriori du juge administratif permette de compenser cet absence de contrôle a priori. Un régime d'exception ne saurait durer si longtemps impunément pour la république et ses citoyens. Il tend à fragiliser la séparation et l’indépendance des pouvoirs, en particulier au prix d’une déjudiciarisation s’installant durablement dans notre paysage juridique.
 
Notre droit commun, déjà de plus en plus imprégné de dispositions dérogatoires aux principes fondamentaux de la constitution, se retrouve de facto disqualifié par la longueur de l’état d’urgence et cela nous inquiète pour l’avenir.
 
Vous avez plusieurs fois affirmé que vous souhaitiez réconcilier la France. Des vies ont été et sont encore bouleversées par des mesures disproportionnées et discriminatoires, assignations à résidence se prolongeant de manière indéfinie, fermeture prolongée et non motivée de certains lieux de culte et multiplication des contrôles au faciès stigmatisant les personnes de confession musulmane ou supposée telle, autant d’éléments dont l’efficacité dans la lutte contre le terrorisme n’a jamais été démontrée. Au fil des mois, nous avons documenté de nombreux abus commis contre des personnes en vertu des pouvoirs d’exception conférés par l’état d’urgence.
 
A cet égard, l’avis rendu le 18 mai 2017 par la CNCDH sur la prévention de la radicalisation, confirme que les signes de radicalisation, souvent faibles, donnent lieu à des mesures disproportionnées, aussi bien administratives que judiciaires, témoignant des effets contre-productifs des mesures prises. L’état d’urgence est un facteur de division interne de la société française, ne pas le renouveler serait une marque de courage et un pas en avant vers une réflexion sur la résolution à moyen et long terme de la menace terroriste dans une société multiple et apaisée.
 
Vous aurez noté que ni l'Allemagne ni la Belgique, également touchés par des attentats, n'ont eu recours à un régime juridique d'exception tel que l’état d’urgence. En revanche, la France s’illustre négativement, en étant l’un des seuls pays du conseil de l’Europe qui déroge, avec l’Ukraine et la Turquie, à l’application de la convention européenne des droits de l'homme.
 
Nous rejoignons enfin la déclaration du ministre de l'intérieur Gérard Collomb du 19 mai 2017, selon laquelle « à un moment donné, il faudra sortir de l’état d’urgence ». Nous pensons que ce moment est venu.
 
Nous invitons donc le gouvernement à ne pas soumettre au parlement de projet de loi pour proroger une sixième fois l’état d’urgence.
 
Nous nous tenons à votre disposition pour nous entretenir de ce sujet avec vous ou avec vos proches collaborateurs.
 
Premiers signataires
 

Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture ; Action Droit des Musulmans ; Amnesty International France ; Club Droit, Justice et Sécurité ; European Prison Litigation Network ; Human Rights Watch ; Quadrature du Net ; Ligue des Droits de l'Homme ; Observatoire International des Prisons ; Syndicat de la Magistrature ; Syndicat des Avocats de France

 


Manifestation à Brasilia le 24 mai 2017

Brésil. Une conjoncture nouvelle. Quels axes pour une gauche socialiste radicale ? Par Valério Arcary

Valério Arcary est membre du Mouvement pour une alternative indépendante et socialiste (MAIS)

Source : http://www.anti-k.org/2017/05/28/bresil-une-conjoncture-nouvelle-quels-axes-pour-une-gauche-socialiste-radicale/

Publié par Alencontre le 25  mai 2017



Des dizaines de milliers de travailleuses et travailleurs – 150’000 selon les organisateurs (syndicat, mouvements sociaux, forces politiques), 50’000 selon la police – ont manifesté le 24 mai 2017 dans la capitale administrative du Brésil: Brasilia, sur l’esplanade des Ministères, en face du Congrès. Le gouvernement réactionnaire de Michel Temer, pour la première fois depuis 1986, a fait intervenir à Brasilia l’armée (le 32° Groupe d’artillerie de campagne), aux côtés des forces de police dites antiémeute (la réputée police militaire), habituellement mobilisées dans ces occasions et connues pour leur brutalité.

Des tirs à balles réelles ont été effectués blessant sérieusement 49 manifestant·e·s qui ont dû être hospitalisés d’urgence (O Valor Economico, 24 mai 2017, 22h11). Michel Temer (76 ans) – qui fait face à un mouvement massif réclamant son départ de la présidence – a émis un décret présidentiel ordonnant la présence de l’armée «jusqu’à ce que l’ordre soit rétabli», avec une première échéance au 31 mai 2017.

Les manifestants, qui ont fait souvent trente heures et plus de voyage en bus, sont venus, selon la Folha de São Paulo, de: São Paulo, Rio de Janeiro, Espirito Santo, Para, Rio Grande do Norte, Paraiba, Rio Grande do Sul.

La politique répressive de Temer a exacerbé les divisions au sein des partis qui ont soutenu initialement Temer. Le président du PSDB (Parti de la social-démocratie brésilienne) Tasso Jereissati a déclaré: «La présence de troupes nous effraie toujours un peu», faisant référence aux années de plomb de la dictature militaire (1964-1985). Existe la recherche accentuée d’une «sortie politique» par une fraction des classes dominantes qui s’est adressée à l’ancien président Fernando Henrique Cardoso (président de janvier 1995 à décembre 2002). Ce dernier a répondu: «A mon âge (85 ans) ce serait une folie.» Tout en soulignant: «qu’il y a un évidement du pouvoir et de la légitimité du gouvernement fédéral». Et il ajoute, indiquant la complexité de la conjoncture pour les classes dominantes: «Nous ne pouvons pas prendre une décision face à ce gouvernement sans savoir quel est le pas suivant» (O Valor economico, 24 mai 2017). Autrement dit, sans avoir une position majoritaire et claire sur la voie à suivre.

Or, les motions au Congrès pour la destitution de Temer s’accumulent. Une enquête a été ouverte par la Cour suprême suite aux révélations faites par Joesley Batista du géant de l’agroalimentaire JBS concernant les sommes versées à Michel Temer pour les élections de 2014. [Voir à ce sujet l’article publié sur ce site en date du 20 mai 2017.]

Valério Arcary expose les options politiques qui se présentent à la gauche radicale du Brésil dans cette conjoncture de crise sociale et économique, et institutionnelle qui frappe le «géant» de l’Amérique du Sud. (Rédaction A l’Encontre)



1.- Une nouvelle situation s’est ouverte depuis la semaine dernière. Elle a été précipitée par une grave scission au sein de la classe dominante. A un niveau plus tactique, une fraction fait valoir la chute de Michel Temer comme inévitable. Cela coûtera moins cher que sa permanence à la présidence et sera plus efficace pour la concrétisation des contre-réformes du droit du travail et de la sécurité sociale. Une autre fraction hésite encore car elle craint qu’une décision du Tribunal électoral supérieur – qui aboutirait soit à une démission, soit à une destitution de Temer – soit fatale pour l’avenir des contre-réformes. Cette fraction craint que le renversement de Temer bouleverse la continuité de l’agenda politique réactionnaire qui a permis de former le bloc apte à aboutir à l’impeachment de Dilma Rousseff, il y a un an, et à la mise en pratique, sous forme de choc, des contre-réformes politiques.

Les deux fractions ont très peur qu’il ne soit pas possible d’élire par le Congrès national (les deux chambres) pour la deuxième fois [après la première expérience de Michel Temer, en 2016] un président qui dispose d’un minimum de légitimité. Mais ces deux blocs expriment des différences aussi plus stratégiques. Une fraction défend l’initiative du Ministère public, de la police fédérale et d’une partie du pouvoir judiciaire qui par le biais du Lava Jato («Lavage express») a décidé – depuis trois ans, en 2014 – d’adopter un programme de réformes politiques, en particulier la réforme du système des partis construit ces trente dernières années, soit depuis la fin de la dictature. Ils se rendent compte que ce système partisan est anachronique, rétrograde, obsolète, corrompu et est devenu dysfonctionnel.

Tout d’abord, parce que les principaux partis sont tous financés illégalement par les grandes firmes. L’autre fraction résiste, car elle craint les conséquences d’un effondrement brutal de ce système. Les deux blocs sont réactionnaires. Aucun d’entre eux ne mérite un soutien. Les alliances avec l’un de ces deux blocs seront mortelles pour la gauche brésilienne.

Il est nécessaire d’explorer les possibilités qu’offre la division de l’ennemi de classe, mais de marcher de façon indépendante. Cela implique de soutenir le mouvement «Temer dégage», mais aussi de mettre un cran d’arrêt aux contre-réformes du Code travail et de la sécurité sociale. De même, il convient de dénoncer les plans d’un coup d’Etat institutionnel dans le coup d’Etat [le mécanisme de la destitution de Dilam Rousseff], qui ne serait autre que l’élection indirecte d’un nouveau président par le Congrès.

Les méthodes de lutte sont aussi importantes. Une nouvelle grève générale devrait commencer à se construire, immédiatement, après l’Occupy Brasilia du mercredi 24 mai. Nous sommes socialistes, pas «gréviculteurs». Mais la grève générale pour renverser Michel Temer s’est imposée comme la prochaine étape pour la classe ouvrière afin d’accroître sa confiance dans ses propres forces comme un sujet social apte à ouvrir une autre voie.

2.- Une inflexion favorable dans les rapports de forces sociaux entre les classes s’est manifestée dans la foulée de la grève générale du 28 avril. L’entrée sur la scène politique de «gros bataillons» de la classe ouvrière organisée a confirmé que la majorité de la population avait déjà constaté que les contre-réformes de la sécurité sociale et de la législation du travail étaient inacceptables. Elle s’est disposée contre les réformes du gouvernement de Michel Temer. La découverte, encore partielle, du contenu scandaleux des dénonciations [par des industriels qui ont donné des informations contre des réductions de peines] semble avoir produit un tournant positif dans la conscience de millions de travailleurs. Les classes moyennes semblent marquées par la perplexité. Il est possible que des franges de la «classe moyenne» quittent le champ politique organisé par Michel Temer. Ce qui serait très positif. Dès lors, ce qui est mis en échec, ce ne sont pas seulement les contre-réformes, mais la continuité même du gouvernement Temer. Il se trouve que cette dynamique est encore lente, comme cela a été confirmé lors des premières manifestations, avant tout composées d’une avant-garde jeune, très combative, cela au cours de la dernière semaine.

Par conséquent, le changement de la situation, cela va de soi, n’implique pas que nous soyons dans une situation révolutionnaire. Il n’y a pas de situation révolutionnaire sans une combinaison entre une crise nationale (du système politico-institutionnel) et un sentiment de lutte au sein des masses laborieuses pour un changement radical. Une telle situation n’existe pas encore.

Ce que nous vivons ne permet pas d’analogies hâtives avec la situation de 2001-2002 en Argentine. Ce n’est pas un «Argentinazo» au ralenti. Le gouvernement de Temer agonise, c’est vrai. Qui gouverne encore un peu? C’est Mereilles [actuel ministre des Finances et ancien directeur de la Banque centrale nommé par Lula en 2003].

Penser que nous serions, en quelque sorte, au bord d’une crise de régime qui peut faciliter une expression des intérêts de la classe ouvrière, qui ouvrirait la perspective d’une lutte directe pour le pouvoir par les travailleuses et travailleurs, relèverait d’une illusion dangereuse, parce que la tendance qui en découlerait serait celle de définir des tâches qui ne peuvent pas être accomplies et, de la sorte, stimuler des actions aventureuses. Apprenons les leçons des Journées ouvertes en juin 2013 [mouvement sur le transport gratuit]. Donc, pourraient se profiler des actions aventureuses qui furent responsables de l’isolement du mouvement et de son reflux après février 2014.

3.- Les travailleurs et les jeunes du mouvement de résistance sont les acteurs d’une accumulation de forces dans le contexte d’une situation défensive depuis la fin de l’année 2016. Il est possible de faire un pas en avant qualitatif en raison de fissures au sein du camp bourgeois et de la division de la classe moyenne. Mais ne s’est pas encore concrétisé un saut qualitatif. Ne vous méprenez pas sur le rôle du PT (Parti des travailleurs) et du PcdB (Parti communiste du Brésil) dans ce processus, car il reste toujours décisif. En dépit de la crise qui l’a frappé suite aux affaires de corruption, le PT et Lula ont encore une influence de masse. Dans ses plans, n’existent pas une volonté et un projet de battre en brèche les contre-réformes. Et encore moins de renverser Temer. Sa stratégie consiste à affaiblir le gouvernement Temer dans la perspective des élections de l’an prochain, avec un ticket «Lula 2018».

Mais il est indéniable que le front uni construit pour la convocation de la grève générale entre les syndicats et les mouvements sociaux a été indispensable à la réussite du 28 avril. Maintenant, le fait que le PT et la CUT (Centrale unique des travailleurs) se soient «repositionnés» à gauche est un indicateur que ces appareils perçoivent la pression sociale. Sans une nouvelle grève générale, plus grande et plus puissante, il ne sera pas possible que la force sociale des travailleurs puisse s’exprimer pleinement, en tant que sujet social indépendant, face aux deux blocs bourgeois qui s’affrontent.

Le rôle du «Front du peuple sans peur» [Front social qui a pris forme en octobre 2015 face à l’avancée des forces conservatrices, de droite], dans la période antérieure, en particulier, a été très progressiste, car il a dénoncé les deux blocs de la classe dirigeante, et s’est prononcé contre Temer et avec un rejet des contre-réformes, et pour des élections directes maintenant, pour la présidence et pour les élections générales.

Maintenir une politique de construction d’un front uni avec un programme d’urgence face à la crise est vital. L’issue incertaine de la lutte pour renverser la peur ouvre la nécessité pour CSP/Conlutas [organisation politico-syndicale de masse ayant des liens, entre autres, avec le PSTU] de se présenter elle-même comme une Centrale populaire et syndicale, engagée dans la lutte pour un front uni appelant à la grève générale sans hésitation, mais aussi sans ultimatismes.

4.- L’importance du rôle de la gauche socialiste ne doit pas être sous-estimée. Nous devons être conscients que la bataille politique en cours possède ses propres rythmes. Nous sommes dans une conjoncture où il est décisif d’amplifier le mouvement social pour «Dehors Temer» et de construire un bloc politique contre les élections indirectes [soit la nomination par le Congrès d’un nouveau président en cas de «sortie» de Temer]. Il s’agit de défendre le mot d’ordre «Des élections directes maintenant» et ne pas capituler face à «une sortie électorale» se plaçant dans les limites de la démocratie bourgeoise libérale. Défendre les «élections directes maintenant» signifie dire NON à un politique d’une fraction bourgeoise prête à se défaire de Temer, mais à tout faire pour que ce soit le Congrès national qui décide qui doit gouverner. Evidemment, nous sommes pour un gouvernement des travailleurs et du peuple. Mais il ne peut voir le jour dans la foulée d’organisations de base traduisant ainsi un front unique de lutte. Il n’y a pas de conseils populaires ni d’embryons de pouvoirs populaires, à moins de rester sur des positions relevant d’une propagande «littéraire». Ce que nous pouvons faire c’est d’empêcher la bourgeoisie de gouverner «business as usual». Et ce n’est pas secondaire. Parce que si la classe dominante arrive à arbitrer entre ses positions différentes, l’offensive contre la loi du travail et la sécurité sociale prendra Toute sa puissance. Nous pouvons et devons défendre des élections générales, ce qui implique de mener une agitation pour la dissolution du Congrès national. Nous voulons que prenne forme un Front de la gauche socialiste avec un programme anticapitaliste qui devienne un point de référence en tant que bloc politique alternatif aux deux blocs bourgeois et, simultanément, contre le lulisme (le PT Lula). Le PSOL (Parti socialisme et liberté) occupe une place spéciale dans la formation de ce Front – car il doit déterminer qui sera le porte-parole et la candidature politique de ce Front – qui doit s’adresser à toutes les forces et partis de la gauche radicale. Mais la priorité réside dans la popularisation de son programme. (22 mai 2017; traduction A l’Encontre)

 


Le congrès débattra de la motion de censure de Podemos le 13 juin 2017, par El Pais
 
Pablo Iglesias sera le candidat alternatif à la tête du gouvernement

Source: http://www.politica.elpais.com/politica/2017/05/23/actualidad/1495531583_036123.html



 

La motion de censure contre Mariano Rajoy présentée Vendredi 19 Mai 2017 par le groupe d’Unidos Podemos a été reçue par le bureau du congrès Mardi 23 Mai 2017 et elle sera discutée lors de la séance plénière de la chambre le 13 juin 2017. Pablo Iglesias, leader de Podemos, sera le candidat alternatif de la formation pour présider le gouvernement.

Le débat durera au moins deux jours et se tiendra la même semaine que le congrès fédéral du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), du 16 juin au 18 juin 2017. L'un des effets secondaires est que Mariano Rajoy ne subira pas une session plénière du congrès jusqu'au 21 juin 2017. La tradition selon laquelle il n’y a pas de séance plénière de la chambre la semaine où les partis tiennent des congrès sera tout de même rompue.

Cette information a été donnée Mardi 23 Mai 2017 par la présidente du congrès, Ana Pastor, après avoir parlé avec les porte-paroles des groupes parlementaires qui ont été consultés sur la date du débat. Une fois que le bureau du congrès a déclaré recevable la motion de censure de Podemos, il y a un délai de deux jours pour que les autres groupes présentent des motions alternatives. « Nous devons célébrer la bonne humeur de la présidente » de faire le débat le Mardi 13 Juin 2017, a dit Mariano Rajoy lorsque les journalistes lui ont posé des questions sur la motion.

Le parti de Pablo Iglesias, qui n’a actuellement des garanties de soutien insuffisantes que d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) et de Compromís, a affirmé que la période avait commencé à courir à partir du Vendredi 19 Mai 2017, quand il a présenté la motion.

Podemos a accusé Ana Pastor de « détourner » le parlement pour retarder la date du débat et a critiqué une « utilisation partisane » de sa fonction, selon sa porte-parole, Irene Montero.

Pablo Iglesias a écrit un tweet dans lequel il déclare que « le nombre de jours pour la présentation d'une motion au débat était de sept jours en 1980, de trois jours en 1987 et de vingt-cinq jours en 2017 ».

Des sources de la présidence de la chambre expliquent que, cette semaine et la semaine prochaine, il ne peut y avoir de débat sur la motion de censure parce que les budgets sont traités et, conformément au cent-trente-troisième article du règlement, ils sont prioritaires par rapport à toute autre action du congrès.

La semaine du 5 juin 2017 est complète et, en raison d'engagements internationaux antérieurs de la chambre, la seule date disponible est le Mardi 13 Juin 2017.

Il a fallu plus de deux semaines à Podemos pour déposer sa motion de censure après son annonce.

Avant que le conseil des porte-paroles ne décide de la fin du débat, il commencera le Mardi 13 Juin 2017 et le vote est prévu pour le Mercredi 14 Juin 2017. En principe, Mariano Rajoy n'a pas à intervenir, mais il peut en faire la demande. L’orateur du Parti Populaire sera son porte-parole parlementaire, Rafael Hernando.

Le président du gouvernement a laissé entendre qu’il n'interviendra pas et il a ironisé sur la date choisie par Ana Pastor, « le choix de la date du Mardi 13 Juin 2017 révèle une certaine bonne humeur ».

Pour être une motion constructive, comme il le veut, Pablo Iglesias défendra son programme gouvernemental, ce ne sera pas seulement une critique de Mariano Rajoy. Le règlement stipule que « le débat commencera par la défense de la motion de censure, sans limitation de temps, faite par l'un des députés signataires de celle-ci. Ensuite, et sans limitation de temps, peut intervenir le candidat proposé par la motion pour la présidence du gouvernement, afin d'exposer le programme politique du gouvernement qu’il veut former ».

Autrement dit, la séance commencera par l'intervention d'un porte-parole de Podemos, qui pourrait être Irene Montero, responsable du groupe parlementaire. Elle continuera par une intervention de Pablo Iglesias lui-même.

« Après l'interruption décidée par la présidence, il peut y avoir une intervention d’un représentant de chacun des groupes parlementaires de la chambre qui en fait la demande, pour trente minutes. Tous les participants ont le droit à un temps de réponse ou de correction de dix minutes. Si une autre motion de censure a déjà été déposée, le président de la chambre, après avoir entendu le conseil des porte-paroles, peut accepter le débat conjoint de toutes les motions de censure qui figurent à l'ordre du jour de la discussion, mais elles doivent être mises aux voix séparément, suivant l'ordre de leur présentation », ajoute le règlement.

Le règlement conclut que « la motion ou les motions de censure seront mises aux voix au moment qui a été annoncé par la présidence et dans un délai qui ne peut être inférieur à cinq jours suivant la présentation de la première d’entre elles. L'approbation d’une motion de censure requiert, dans tous les cas, le vote favorable de la majorité absolue des membres du congrès des députés ».

Lundi 22 Mai 2017, après la victoire de Pedro Sanchez dans le processus des élections primaires du PSOE, la formation de Pablo Iglesias a offert au nouveau secrétaire général du PSOE la possibilité de retirer la motion de censure de Podemos pour que le PSOE présente sa propre motion de censure. Le leader du PSOE ne prendra aucune décision avant le congrès du PSOE.

En théorie, la motion peut être retirée jusqu'au dernier moment et une autre motion de censure peut être présentée qui s’ajouterait à celle de Pablo Iglesias. Cela ne peut arriver avant le 14 juin 2017 et que Mariano Rajoy procède à la dissolution du parlement.

Le porte-parole d’ERC au congrès, Joan Tarda, a annoncé le vote de son groupe en faveur de la motion de censure présentée par Unidos Podemos, parce qu'il considère comme acquis le soutien de ce groupe à la fois au droit à décider comme au référendum que les souverainistes veulent organiser au mois de septembre 2017.

 


La motion de censure d’Unidos Podemos reçoit un soutien populaire à la Puerta del Sol

Source : http://www.publico.es/politica/mocion-censura-unidos-recibe-apoyo.html



Des milliers de personnes se sont rassemblées Samedi 20 Mai 2017 à la Puerta del Sol à Madrid pour soutenir la manifestation convoquée par Unidos Podemos en faveur de la motion de censure contre le gouvernement de Mariano Rajoy. La manifestation a commencé à 18 heures.

Devant le siège du gouvernement de la communauté de Madrid, il y avait une tribune où les principaux dirigeants et les membres du groupe parlementaire d’Unidos Podemos, d’En Comu Podem et d’En Marea, ont pris la parole devant les manifestants pour défendre les raisons qui les ont amenés à déposer une motion de censure qui sera probablement perdante devant le congrès.

Avant 18 heures, les gens ont commencé à se regrouper devant la scène au centre de la Puerta del Sol en criant « si se puede », toujours présent lors des événements de la formation violette.

« Nous ne nous voilons pas la face. La motion de censure est une obligation morale », dit un des manifestants à Publico. « Nous savons que la motion de censure sera perdante, mais une motion de censure de Felipe Gónzalez a également été perdante à un moment puis il a fini par gouverner », ajoute-t-il avec enthousiasme.

Le premier intervenant était le secrétaire à l’organisation de Podemos, Pablo Echenique, après le chanteur Víctor Lemes qui a accueilli les manifestants avec des chansons satiriques et des imitations de chansons populaires.
 
Après Pablo Echenique, il y avait d'autres dirigeants de Podemos comme Ramón Espinar, Xavier Domenech, Irene Montero et Pablo Iglesias, et des dirigeants d’Izquierda Unida, Alberto Garzón et Sol Sanchez. L'événement a pris une couleur populaire avec la participation de citoyens anonymes, des chauffeurs de taxi, des pompiers, des dockers, des médecins et des étudiants, qui ont symbolisé le soutien de la base à la motion de censure proposée par Unidos Podemos au congrès.

Il y avait dans la manifestation des drapeaux républicains et des banderoles contre le complot et la corruption du Parti Populaire et les manifestants ont utilisé ces banderoles pour se protéger du soleil de Madrid.

La manifestation a coïncidé avec la campagne des femmes contre la violence machiste de la Puerta del Sol qui ont voulu montrer leur rejet de l'appel en criant « ils ne nous représentent pas ».

Des manifestants débordaient dans les rues autour de la Puerta del Sol, comme la rue de la Montera ou la rue de Preciados.

Podemos avait mobilisé cinquante-deux autobus dans presque toutes les communautés autonomes, ils sont venus d’Andalousie, de Catalogne, de la Communauté Valencienne, de Galice, de Castille-La Manche, de Castille-Leon, de La Rioja, du Pays Basque, de Cantabrie, des Asturies, de Murcie, de Ceuta, de Melilla et même des îles.

 


Les socialistes espagnols plébiscitent Pedro Sanchez, par Sandrine Morel

Correspondante permanente du Monde à Madrid

Source: http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/05/22/les-socialistes-espagnols-plebiscitent-pedro-sanchez_5131602_3214.html




 

L'ancien secrétaire du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) s’impose face à Susana Diaz sur une ligne claire d’opposition à la droite.
 

Pedro Sanchez a obtenu sa revanche. Dimanche 21 Mai 2017, les militants l’ont réélu à la tête du PSOE lors d’une élection primaire interne décisive pour l’avenir de la formation. Cet économiste, candidat malheureux aux dernières élections, promet un virage à gauche, une opposition ferme au gouvernement conservateur de Mariano Rajoy et un rapprochement avec le parti de la gauche radicale Podemos.

Contre tout pronostic, alors qu’il avait tout l’appareil du PSOE contre lui et qu’il a eu recours au financement participatif pour sa campagne, Pedro Sanchez a obtenu cinquante pour cent des voix, loin devant sa grande rivale, la présidente de l’Andalousie, Susana Diaz, avec quarante pour cent des voix, et l’ancien président du Pays Basque, Patxi Lopez, avec dix pour cent des voix. Le taux de participation de cette élection-clé pour l’avenir du PSOE a atteint quatre-vingt pour cent des militants. Le résultat des élections primaires sera validé lors d’un congrès, le 17 juin et le 18 juin 2017 à Madrid, qui pourrait rétablir la paix ou faire exploser la formation.

Par ce choix, les militants portent un coup dur aux grands ténors du parti et aux principaux barons régionaux, qui avaient poussé Pedro Sanchez à la démission au mois d'octobre 2016. Les dirigeants du PSOE critiquaient alors ses mauvais résultats électoraux lors des dernières élections législatives, quatre-vingt-dix députés au mois de décembre 2015 et quatre-vingt-cinq députés sur les trois cent cinquante députés du parlement espagnol au mois de juin 2016.
Ils ne comprenaient pas son refus obstiné, érigé en mantra, « no es no », « non c'est non », de faciliter l’investiture de Mariano Rajoy, arrivé en tête aux deux élections législatives, mais sans majorité absolue. Et ils ne toléraient pas ses tentatives de sceller, dans le dos du comité de direction du PSOE, une alliance avec le parti de la gauche radicale Podemos et les indépendantistes catalans afin de devenir président du gouvernement. « Le virus du populisme a gagné une nouvelle bataille », affirme un président de région socialiste proche de Susana Diaz au Monde, « je ne pense pas que le parti va se rompre mais tout dépend de celui qui en a la responsabilité ».

L’élection de Pedro Sanchez à la tête du PSOE marque aussi une rupture avec le PSOE historique, celui des anciens présidents du gouvernement Felipe Gonzalez et José Luis Rodriguez Zapatero, qui avaient donné leur soutien à Susana Diaz.

Le soutien des militants contraste avec l’hostilité qu’il suscitait aussi dans les principaux médias, à commencer par le Pais, journal de référence des électeurs du PSOE, qui a comparé l’élection de Pedro Sanchez au vote des britanniques en faveur du Brexit, « la victoire de Pedro Sanchez n’est pas étrangère au contexte politique de crise de la démocratie représentative dans laquelle s’imposent avec facilité la démagogie, les demi vérités, les fausses vérités et les promesses impossibles à tenir ».

Deux modèles opposés

« Rien ne se termine mais tout commence aujourd’hui », a déclaré le nouveau secrétaire général, « nous allons faire du PSOE le parti de la gauche de ce pays et mon engagement reste ferme, l’unité du parti ».
Susana Diaz, le visage décomposé, s’est mise à la disposition du PSOE, évitant soigneusement de prononcer le nom de son rival et demandant que la formation soit une « alternative de gouvernement avec un projet cohérent, solide et autonome », sous-entendu de Podemos.

La première tâche de Pedro Sanchez sera de recoudre un parti divisé et fracturé entre deux modèles opposés. En matière de fonctionnement interne, les divergences sont profondes. Alors que sa rivale entendait encadrer et limiter la participation directe des militants, Pedro Sanchez, opposé au PSOE des notables, comme il dit, aimerait consolider les attributs du secrétaire général et renforcer son pouvoir et son autonomie par rapport aux organes de direction collégiaux, tout en augmentant la fréquence et le nombre de consultations auprès des militants.
Sur les questions politiques et économiques, les différences sont aussi importantes. Alors que Susana Diaz défendait les principes de la sociale démocratie, Pedro Sanchez a annoncé son intention d’effectuer un virage à gauche pour récupérer « l’essence du socialisme et de la vraie gauche et construire une nouvelle sociale démocratie qui lutte contre le néo libéralisme et ses conséquences économiques et sociales ». Il est prêt pour cela à s’allier avec Podemos, avec qui Susana Diaz voulait au contraire mettre le plus de distance possible, elle qui gouverne en Andalousie avec le soutien du parti centriste et libéral Ciudadanos.

Fervent opposant à l’abstention des députés du PSOE qui a permis à Mariano Rajoy d’obtenir l’investiture du parlement et ainsi d’éviter de troisièmes élections législatives en un an, le nouveau patron des socialistes n’entend en aucun cas collaborer avec le Parti Populaire. Il a déclaré durant la campagne que sa première décision, une fois élu, serait de demander la démission de Mariano Rajoy, du fait des scandales de corruption qui éclaboussent sa formation.
La victoire de Pedro Sanchez pourrait ainsi avoir des conséquences directes sur la stabilité de l’exécutif. En refusant de négocier tout accord ou toute loi avec le Parti Populaire, le secrétaire général pourrait inciter le chef du gouvernement à convoquer de nouvelles élections législatives ou provoquer son départ par une motion de censure, comme celle déposée par Podemos, Vendredi 19 Mai 2017. Pour être effective, celle-ci doit être « constructive » et elle doit s’accompagner de la présentation d’une candidature alternative capable d’obtenir la majorité absolue au parlement. Pedro Sanchez, qui s’est dit prêt à se lancer « droit vers la Moncloa », le palais du chef de gouvernement, pourrait être tenté par cette perspective.

 


Le national soumet le local, par Gilles Lulla

Source : http://www.expressions-venissieux.fr/2017-05-18-france-insoumise-national-soumet-local



Une semaine après avoir décidé majoritairement de ne pas présenter de candidats dans la quatorzième circonscription du Rhône pour ne pas entamer les chances de la gauche de l’emporter, les militants du Mouvement de la France Insoumise (MFI) de Vénissieux, de Feyzin, de Saint-Fons, de Saint-Priest et de Solaize, étaient de nouveau réunis, Mercredi 17 Mai 2017, pour arrêter une décision qui se faisait attendre.
 
Ils n’en auront pas eu la possibilité. Le national a tranché. Il y aura bien un candidat insoumis, Benjamin Nivard. Il aura pour suppléante Léa Leverd. Leur candidature a été déposée Jeudi 18 Mai 2017 à la préfecture du Rhône.
 
Entre ces deux réunions, la confusion a régné. Sur le site internet du MFI, Benjamin Nivard, qui s’était positionné de longue date, est passé du statut de titulaire à celui de suppléant, puis de nouveau à celui de titulaire pour pallier le retrait de Monia Benaïssa, qui était devenue titulaire après avoir été pressentie pour être suppléante avant de finalement jeter l’éponge.
 
Cette valse-hésitation traduit la forte opposition qui existe entre l’échelon local, où le souci de ramener la quatorzième circonscription à gauche l’emporte, et le national, désireux de faire fructifier dans un maximum de circonscriptions le bon score réalisé par Jean-Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles.
 
Les militants contre la candidature s’estiment floués. « La candidate communiste et maire de Vénissieux, Michèle Picard, était la mieux placée pour représenter la gauche », soulignent-ils. Nous ne voulons pas prendre le risque d’un second tour qui opposerait le Front National à Yves Blein, l’ancien militant du Parti Socialiste converti au macronisme. Malgré tout, le bureau national du MFI a décidé d’imposer un candidat. Nous ne reconnaissons pas sa légitimité ».
 
Gérard Médioni, qui était jusqu’à présent coordonnateur du mouvement sur la circonscription, a par ailleurs annoncé qu’il se désengageait. La direction de campagne est désormais assurée par Claude Delorme.
 
La campagne des candidats du MFI sera courte, un peu plus de trois semaines avant le premier tour des élections législatives, et les troupes seront clairsemées. Les militants ont été invités lors de la réunion du Mercredi 17 Mai 2017 à se positionner individuellement, certains ont choisi de soutenir Michèle Picard, d’autres de s’abstenir et d’autres enfin, fidèles à la direction nationale mais minoritaires, de soutenir les candidats désignés.
 
Au-delà des élections législatives, nous pouvons nous interroger sur les traces que laissera une telle désunion dans un mouvement naissant.
 
« Nous avons essayé de régler le malaise au mieux pour essayer de faire vivre le MFI à l’avenir », assure Gérard Médioni.

 


Sur le terrain à Moulins, par Michel Panthou

Source : Club Politique Bastille, http://clubpolitiquebastille.org/

dimanche 14 mai 2017



[Le 13 mai]... s’est tenue la rencontre initiée par notre comité : 75 participants, ce qui est considérable pour une ville comme Moulins ; étaient présents les candidats aux législatives de LO, PCF, France insoumise, PS dissident (ancien député) et Verts. La candidate officielle du PS s’était excusée (membre du cabinet de Vals).

La convocation était libellée ainsi : Le Collectif d’Avril Lutte sociale et Débat démocratique, regroupement de citoyens, de militants de diverses tendances, pour qui le combat social a besoin d’unité et de confrontation démocratique, invite les candidats de gauche et écologistes aux législatives sur la première circonscription de l’Allier :
Jean-Paul Dufrègne (PCF, Ensemble), Jean Malot (socialiste), Magalie Alexandre (PS), Danièle Roury (EELV), Frédéric Desnois (FI), Jean-Marc Collot (LO)
à venir débattre publiquement autour des questions suivantes :

- Comment entendez-vous vous opposer à la politique antisociale d’Emmanuel Macron et à la politique antisociale de Marine Le Pen ?
- Entendez-vous agir pour que le président ne dispose pas d’une majorité à l’assemblée élue en juin, et dans ce cas comment envisagez-vous une transformation démocratique des institutions ?
- Vous prononcez-vous pour l’abrogation de la loi El Khomri dite "loi travail", et si oui que comptez-vous faire pour l’obtenir ?
- Comment envisagez-vous la transition écologique et la défense des milieux de vie ?

Les candidats avaient 8 mn pour répondre aux 4 questions puis un dialogue s’engageait avec la salle.

La question de l’unité a été posée d’emblée mais rapidement on a assisté à une offensive des « militants » de France insoumise sommant tout le monde de se rallier à leur programme brandi comme le petit livre rouge et à leur candidat, au nom de l’élan populaire qu’il a suscité au 1° tour.

Alors que 3 des 5 candidats présents avaient voté Mélenchon (Le PCF ; La candidate verte et le candidat de France insoumise) au 1 tour et que tous les candidats s’engageaient sans ambiguïté sur la question de l’abrogation El Khomri , ce qui constituait des points d’appui non négligeables, les partisans de France insoumise ont fait assaut de sectarisme assez virulent reprochant leur âge aux candidats PS et PCF. La ligne du « dégagisme » a fait des dégâts considérables. Les LO apparaissaient comme de gentils garçons comparés au sectarisme de ceux qui nous demandaient de nous rallier… au nouveau messie . En exagérant à peine cela avait un coté péroniste assez inattendu… pour moi en tout cas.
Le candidat de la France insoumise et les militants dans la salle se revendiquaient de n’avoir jamais été syndiqués, de n’avoir jamais fait de politique (certains avaient 60 ans), ce qui a fait dire à un sympathisant PCF « il n’y a pas de quoi s’en vanter ! » . C’est pour cette raison que j’ai mis des guillemets à militant.

Je n’avais pas côtoyé de partisans de Mélenchon depuis 2005 et la lutte contre le TCE et j’avoue avoir été surpris par la nature des militants regroupés dans la France Insoumise : ils revendiquaient de ne pas accepter le clivage de classe ( « on s’adresse à tout le monde on ne s’occupe pas s’ils sont de gauche ou de droite… »). Ces militants peuvent repartir aussi vite qu’ils sont venus (dans le cas probable où les candidats ne retrouveront pas le score réalisé par Mélenchon) , ils peuvent aussi aller n’importe où…

Le noyau de militants qui a été à l’initiative de cette réunion partageait assez mon appréciation ; nous en discuterons mardi prochain

 


Grèce. Trois journées de mobilisation face au coup de massue du 4e mémorandum, par Charles-André Udry

Source Alencontre : https://alencontre.org/europe/grece/grece-trois-journees-de-mobilisation-face-au-coup-de-massue-du-4e-memorandum.html

17 mai 2017

 



 

Le 14 mai 2017, le gouvernement Tsipras a initié la procédure parlementaire afin d’adopter, dans un délai fixé au vendredi 19 mai, les nouvelles mesures d’austérité réclamées par les créanciers. Conjointement à cette annonce, l’office de statistique annonçait avoir révisé les prévisions dites de croissance du PIB en les situant à 1,8% contre les 2,7% prévus par la loi de finance et les 2,1% établis par la Commission européenne. La Commission européenne a de même abaissé ses prévisions pour l’année 2018. Pour rappel, la «croissance du PIB» par rapport à l’année précédente se situait à hauteur de -0,2% en 2015, à 0% en 2016, à 2,1% (prévisions) en 2017 et à 2,5% en 2018 (la prévision établie antérieurement se situait à 3,1%). La dette publique en 2016 correspond à 179% du PIB, selon les données de la Commission européenne.

Autrement dit, l’économie capitaliste de la Grèce est condamnée à une dépression permanente qui se traduit socialement par une paupérisation massive de la population.

Le parlement – avec sa majorité Syriza-ANEL – est censé adopter un nouveau programme d’austérité pour la période 2018-2021. Le document préparé par les créanciers (Banque centrale européenne, Mécanisme européen de stabilité, Fonds monétaire international) et qui a eu l’aval des représentants du gouvernement compte 941 pages. En d’autres termes, il règle formellement dans le détail toutes les mesures censées être prises et appliquées par un gouvernement complice, mais de facto sans pouvoir. Le ministre des Finances, Euclide Tsakalotos, proposait, au début de ce qui est encore nommé négociations, une réduction des dépenses de 3,6 milliards d’euros. La facture finale s’élève à 4,9 milliards. Parmi les mesures prévues, on trouve, d’une part, une nouvelle imposition sur une tranche revenus qui se situe en dessous de la ligne de pauvreté, une hausse de contributions sociales pour les indépendants, des impôts sur la location d’appartements ou de maisons pour des touristes (effectuée à partir de la plateforme Airbnb, location qui est souvent un moyen de survie pour des dizaines de milliers de ménages). D’autre part se perpétue la réduction des dépenses dans les secteurs de la santé, de l’éducation, du système juridico-administratif; et un nouvel assouplissement d’un «code du travail» qui est réduit à sa plus simple expression, d’autant plus que le chômage se situe à un niveau extrêmement élevé, en particulier pour le groupe d’âge 15 à 24 ans: 48% officiellement, plus que ce qui a été enregistré en Espagne (40,5%) et en Italie (35,2%).

Sur la base des prévisions de croissance, le solde budgétaire primaire (avant le paiement des intérêts de la dette) est fixé dans le programme d’austérité à 1,9% pour 2017, à 3,52% pour 2018, à 4% pour 2019, à 4,01% pour 2020 et à 4,03% pour 2021. Cela revient à une aide de la part des créanciers qui pourrait être assimilée à enduire la nuque d’un condamné à la guillotine d’un gel facilitant le travail de la lame. Car «l’aide» de 7 milliards n’est rien d’autre qu’un prêt qui retourne à plus de 90% dans la poche des créanciers (des détenteurs de la dette).

Le processus de privatisation s’approfondit sans que les revenus qu’il engendre soient à la hauteur de ceux prévus depuis 2011 et chaque fois révisés à la baisse. Ce qui revient simplement à une expropriation des biens publics à des prix soldés. Les privatisations adoptées ou en cours concernent les compagnies d’eau, d’électricité, de transport (bus, train, métro) et le service postal (ELTA).

La journaliste Angélique Kourounis expliquait au journal d’information de France Culture, ce 17 mai 2017, afin d’illustrer les raisons de divers mouvements de grève qualifiés de «grève générale» les 16, 17 et 18 mai: «Tous protestent contre les nouvelles mesures d’austérité qui doivent être adoptées par le parlement dans la nuit de jeudi à vendredi. Ce nouveau tour de vis prévoit une nouvelle baisse des retraites, la 13e depuis huit ans, et une nouvelle hausse des impôts, y compris pour les familles à la limite du seuil de pauvreté. Désormais les salaires de 450 euros seront imposés alors que, soulignent les syndicats à l’origine de ce débrayage général, les impôts ont déjà augmenté de 52% depuis le début de la crise, alors que les salaires ont, eux, baissé de 30 à 60%. Cette rigueur est exigée par les créanciers du pays pour débloquer la nouvelle tranche de prêt de 7 milliards d’euros dont la Grèce a viscéralement besoin pour faire face à ses obligations [c’est-à-dire faire face aux échéances immédiates du service de la dette, quand bien même cette dernière est «illégitime, illégale, odieuse»] en juillet prochain.»

Dans le quotidien Le Monde en date du 17 mai, Marina Rafenberg cite Konstantinos Lionas, âgé de 72 ans, qui, après la faillite de son entreprise, doit éponger des dettes importantes: «En sept ans, ma retraite de commerçant est passée de 1660 euros à 1080 euros. Et je ne suis pas le plus mal loti. Comme je suis propriétaire, au moins je ne crains pas de me faire expulser de mon logement. Mais je trouve aberrant de devoir subir encore une nouvelle baisse de mes revenus dans les années à venir comme le prévoit le dernier accord signé par le gouvernement avec les créanciers… J’ai travaillé toute ma vie depuis mes 12 ans, cotisé pour profiter de mes vieux jours, j’ai l’impression d’avoir été floué!»

Il s’agit de la 13e réduction du montant des retraites depuis 2010. A cela s’ajoute la suppression dans les deux ans qui viennent de l’allocation de solidarité (EKAS), qui, initialement, devait compléter les retraites inférieures à 700 euros. Ainsi, à 95 ans, Christos Papazoglou, pâtissier à la retraite, comptait bien sur la centaine d’euros de cette aide. Il confie à la journaliste du Monde: «Actuellement, je ne touche que 665 euros par mois et je dois en même temps payer près de 200 euros d’eau, d’électricité, de téléphone, d’impôts… et subir en plus l’augmentation de la TVA sur tous les produits même alimentaires. Il faut continuer à se mobiliser, nous nous enfonçons dans la misère. J’ai connu la guerre et je ne pensais pas un jour revivre des situations d’appauvrissement comme celle que nous vivons aujourd’hui! Imaginez-vous qu’il m’arrive de m’éclairer à la bougie!»

Les mouvements de grève touchent aussi bien l’administration, les écoles, les hôpitaux que les transports. Ce mercredi 17 mai, une mobilisation avec deux dimensions s’est développée. Des grèves (au sens d’absence du travail ou de présence sans travailler) dans les secteurs mentionnés et des manifestations dans la rue. A Athènes, le cortège appelé par les syndicats du secteur public, mais aussi du secteur privé a réuni entre 7000 et 10’000 personnes, malgré une pluie abondante. Le cortège syndical, auquel se sont jointes, entre autres, les forces de l’Unité populaire (LAE), a démarré à 12h30. Dans sa tradition, l’organisation de masse contrôlée par le KKE (voir l’article sur le Congrès du KKE sur ce site en date du 12 mai) a fait un cortège séparé empruntant une autre voie. Il regroupait aussi quelque 7000 personnes, parmi lesquelles des retraité·e·s. Dans le secteur du commerce, des petits commerçants ont fermé leur échoppe. De plus, des salarié·e·s des supermarchés ont crié leur opposition à l’ouverture des magasins le dimanche. Le communiqué de presse d’ADEDY (secteur public) indique que la mobilisation a été significative – certes à un niveau assez distant de ceux atteints en 2012 – dans la majorité des villes.

Un appel unitaire à une manifestation de masse – avec musique – devant le parlement, place Syntagma, a été lancé par ADEDY. Elle doit se tenir dès 18h30, jeudi 18 mai. En effet, c’est à ce moment que doit être adopté le plan d’austérité incarné par le quatrième mémorandum. Quelques désaccords s’expriment au sein de Syriza, mais restent pour l’heure marginaux.

Le mouvement de résistance des 16, 17 et 18 mai traduit un sentiment de colère. Mais s’expriment aussi le désarroi et le désespoir. Selon les résultats des sondages, la Nouvelle Démocratie avoisine 36% des intentions de vote et Syriza oscille entre 15 et 16%. Mais une abstention de type politique reste forte, pour l’heure.

Une enquête, publiée le 28 avril 2017, parmi les étudiants de Thessalonique indique que 43,3% d’entre eux envisagent de continuer leurs études ou de chercher un emploi hors de Grèce. Selon les statistiques d’une étude publiée par la revue International Migration & Integration, 20’000 scientifiques (ayant une formation scientifique complète) ont émigré entre 2009 et 2014. Un demi-million de Grecs (427’000) ont émigré au cours de la période 2008-2016, selon la Banque nationale de Grèce. Il y a là un indice aussi du choc infligé à la société et à une fraction dynamique d’entre elle. Ce qui doit être pris en compte pour saisir les contours de la conjoncture socio-politique. (17 mai 2017)

 


Les insoumis de Bordeaux en manifestation Mélenchon : une majorité politique pour quoi faire ? Cohabitation ou Constituante souveraine, par Robert Duguet



Là où une situation de crise profonde dans la représentation politique se développe, c’est le cas dans la 8ème circonscription de l’Essonne où Nicolas Dupont Aignan a rejoint Marine Le Pen, de nombreux citoyens sont d’ores et déjà favorables à une candidature de rassemblement unitaire France Insoumise-Front de gauche contre le candidat sortant. Ils s’interrogent sur l’obstination de France Insoumise à refuser cette nécessité de l’heure. On atteint un sommet avec la plainte déposée en justice par France Insoumise contre le PCF, au prétexte que ce dernier a utilisé dans la campagne présidentielle le logo et l’image du candidat pour faire sa propre campagne de parti politique. Au passage, rappelons que le PCF a fait la campagne de Jean Luc Mélenchon, et pas celle de Benoit Hamon… Qui peut lui interdire d’avoir ses propres objectifs d’organisation politique, notamment pour les élections législatives à venir ? On vit encore en démocratie à ce que je sache ! Jean Luc Mélenchon dans son histoire politique n’a jamais rien fait au hasard : c’est donc qu’il est aujourd’hui sur une orientation qui va très vite poser problème, du moins pour ceux, les sept millions de jeunes et de salariés, qui se sont rassemblés autour de son nom.

Le 30 avril sur TF1, il commence par revenir sur la situation : « Je ne peux pas être le même homme qu’avant ; je suis le porteur de cette force. (…) Moi, mon devoir est de dire à mes amis, vous avez un point d’appui ; ce point d’appui, c’est moi, c’est La France insoumise et je suis prêt à gouverner ce pays si nous avons la majorité. » Il précise : «Aux élections législatives, je peux l’emporter. Alors oui, je me vois comme le chef de cette nouvelle coalition majoritaire.» Dans une nouvelle coalition majoritaire, on veut bien reconnaître qu’il y a une force motrice, France Insoumise, mais il y a aussi des alliés, même beaucoup d’alliés, si comme moi dans le rassemblement il y a des partis mais au-delà beaucoup de citoyens qui veulent que la politique serve à changer la société et qui n’ont pas du tout l’intention de s’encarter quelque part. On fait quelle place dans la représentation issue du suffrage universel à ces organisations ou groupes de citoyens ? « La loi est l’expression de la volonté générale : « …tous les citoyens ont droit  à concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation… » dit le texte de la déclaration des droits de l’homme.

La journaliste de TF1 continue et lui demande : « Vous seriez Premier ministre dans le cadre d’une cohabitation avec Emmanuel Macron ? » Réponse rapide : « Ah, il faudra bien qu’il s’y fasse. » À la suite de cette déclaration, on a entendu, le 1er mai à Paris, des manifestants le saluer sur le bord du trottoir en scandant : « Mélenchon ! Matignon ! » N’a-t-on point fait campagne pour une Constituante Souveraine qui redistribue les cartes du jeu démocratique, qui permette la reconstruction de la République et de se débarrasser de la monarchie républicaine léguée par les institutions gaullistes.  Jean-Luc Mélenchon n’a- t-il pas fait campagne pour une VIe République, dans laquelle les élus seraient soumis à la possibilité d’être révoqués, s’ils trahissent le mandat que le peuple leur a confié ? Jean Luc Mélenchon n’a-t-il point fait campagne pour entrer à l’international dans une démarche d’ « insoumission aux règles européennes », de remise en cause des traités qui depuis Maastricht mettent en pièce notre modèle social issu du programme du Conseil National de la Résistance et de la lutte contre le fascisme ? Macron au reste va continuer le sale boulot en gouvernant par ordonnances dès cet été !

Les informations qui parviennent par voie de presse sur la réunion de Villejuif où Mélenchon a cadré les candidats France Insoumise aux législatives de juin ne viennent hélas que renforcer le problème de la cohabitation que j’abordais dans le paragraphe précédent. Si nous voulons comprendre ce qui pousse Jean Luc Mélenchon à maintenir la division, je pense que nous avons là l’explication. Mélenchon déclare : « Nous sommes candidats partout, avec comme objectif gouverner le pays et constituer une nouvelle majorité… » ; Jusques là rien de choquant, sauf naturellement la division de ceux qui ont soutenu sa campagne. Puis il ajoute : « La France insoumise propose aux électeurs d’organiser une nouvelle cohabitation, de mettre en échec la politique macroniste » ; suit une énormité politique lorsqu’il ajoute encore : quand Lionel Jospin a été le Premier ministre de Jacques Chirac, cela « a été le moment le plus positif pour la France avec la mise en place des 35 heures : nous avons alors créé plus d’emplois qu’à aucun moment en France ». Ceux qui ont participé à la vie politique ou syndicale sous la cohabitation Chirac-Jospin savent très bien que leur gouvernement a privatisé mieux qu’une majorité de droite. Qui peut m’affirmer le contraire. Se donner pour objectif de constituer une majorité politique sur l’objectif de revendiquer le poste de premier ministre pour le chef de France Insoumise, c’est très exactement accepter in fine le cadre des institutions aujourd’hui agonisantes de la Vème République. C’est très exactement abandonner la perspective de la Constituante Souveraine, comme outil de reconstruction d’une république sociale, démocratique, laïque. Et lorsque Mélenchon dit que lui le vieux plein d’expérience il va mettre au piquet Macron : « il faut que ce jeune homme soit tempéré de sa folie par un homme âgé qui s’occupera du peuple ». D’abord le jeune blanc bec, comme sorti tout moulu d’une haute école commerciale, est là pour appliquer un mandat précis, celui qu’il a reçu des néo-libéraux. Cohabiter avec son ennemi, c’est passer sous la table. Ou il capitule comme Tsipras, si tant est que France Insoumise soit majoritaire dans le pays, ou il fait exploser le gouvernement de cohabitation.
Cherchez partout dans le compte rendu qui a été fait de cette réunion : la Constituante est passée sous la table. Une majorité politique pour cohabiter, c’est l’orientation actuelle de Jean Luc Mélenchon. Elle est absolument contradictoire avec la perspective de la Constituante. C’est la raison de la division actuelle.

Sur cette ligne là on ne gagnera pas aux législatives !

 


Mélenchon fixe l’objectif de La France insoumise, "gouverner le pays"

dimanche 14 mai 2017.

Source : http://www.lexpress.fr/actualites/1/politique/melenchon-fixe-l-objectif-de-la-france-insoumise-gouverner-le-pays_1907869.html




 
Villejuif - Jean-Luc Mélenchon a fixé samedi pour objectif à son mouvement, La France insoumise, d’obtenir une majorité au terme des législatives de juin pour se mettre en position de "gouverner le pays".

"Nous sommes candidats partout, avec comme objectif gouverner le pays et constituer une nouvelle majorité", a-t-il ajouté, espérant que les 7 millions de voix (19,6% des suffrages) qu’il a obtenues au premier tour de la présidentielle donneront à son mouvement l’élan nécessaire pour remporter le scrutin des 11 et 18 juin.

"La France insoumise propose aux électeurs d’organiser une nouvelle cohabitation, de mettre en échec la politique macroniste", a-t-il dit. "Nous le pouvons, c’est à portée de main, que viennent les jours heureux !"

Le chef de La France insoumise a loué les vertus de la cohabitation : quand Lionel Jospin a été le Premier ministre de Jacques Chirac, cela "a été le moment le plus positif pour la France avec la mise en place des 35 heures : nous avons alors créé plus d’emplois qu’à aucun moment en France".

En revanche, "le président Macron a prévu de faire passer par ordonnances, cet été, une série de mesures d’une extrême gravité", a-t-il mis en garde.

Le premier vote qu’Emmanuel Macron mettra à l’ordre du jour du Parlement "sera un vote de renoncement demandé à une Assemblée soumise, et nous, nous sommes pour la composition d’une Assemblée insoumise", a lancé le candidat arrivé quatrième au premier tour de la présidentielle.

Selon lui, "la négociation entreprise par entreprise sur des questions comme les horaires de travail ou les salaires, c’est jeter tout le pays dans une compétition entre les travailleurs et entre les entreprises, surtout dans les plus petites". "C’est un projet de contre-révolution et de violence sociale terrible qui frappe un siècle et demi d’avancées sociales", a-t-il affirmé, qualifiant de "crevards" les députés socialistes tentés de rejoindre le mouvement d’Emmanuel Macron.

Evoquant la jeunesse du nouveau président (39 ans) et son expérience à lui (il a 65 ans), M. Mélenchon a encore estimé qu’ « il faut que ce jeune homme soit tempéré de sa folie par un homme âgé qui s’occupera du peuple ».

 


La fabrication du produit Macron et la soumission de la presse… comment la démocratie est menacée ! par Jacques Cotta

Samedi 13/05/2017

Source : La Sociale,  http://la-sociale.viabloga.com/news/la-fabrication-du-produit-macron-et-la-soumission-de-la-presse

 



Sommaire

Journaliste depuis plus de 30 ans –le temps passe- je croyais avoir assisté durant ma vie professionnelle à un long déclin démocratique qui avait atteint le fond. La campagne présidentielle qui vient de se terminer par l’élection d’Emmanuel Macron vient démentir ce pronostic tout compte fait optimiste. Jamais en effet de mémoire professionnelle un tel point de soumission de la presse à des intérêts particuliers incarnés par le candidat Macron n’avait été atteint. Nul n’échappe au constat. Presse écrite, radio, télé… Qu’on en juge : durant les deux années de préparation de la candidature Macron, plus de 8000 articles, des centaines de reportages radios ou télé, une présence organisée, entretenue, digne des campagnes totalitaires. Voilà à quoi nous avons assisté. De tout temps il a été fréquent de considérer que la presse ne fait pas une élection. Et si celle de Macron était l’exception venant confirmer la règle ?

Macron au début, ça va pas fort…

D’où vient Macron, d’où vient donc sa popularité ? Comment s’est-il imposé dans l’espace public pour arriver aux plus hautes fonctions ? Comment donc ce jeune hussard de la Hollandie est-il parvenu à endosser le costume du Bonaparte de la 5ème république ? Qui donc lucidement aurait parié un kopek sur le protégé de Hollande ?

Lorsqu’il est nommé au ministère de l’économie par François Hollande, son niveau de popularité est très bas. Selon les sondages alors effectués, en octobre 2014, 11% seulement des personnes interrogées souhaitaient le voir jouer un rôle plus important dans la vie politique française (Sondage TNS-SOFRES octobre 2014). 18 mois plus tard, il est donné perdant au premier tour, derrière Juppé, mais aussi derrière Jean-Luc Mélenchon (Sondage IFOP avril 2016). Parmi certaines catégories sociales, sa côte est très faible. Seuls 6% des ouvriers et 4% des artisans voient d’un œil bienveillant le ministre de l’économie. Nous sommes alors à une année de l’échéance électorale. Que s’est-il donc passé, par quel miracle le très libéral Macron est-il devenu selon tous les sondages la « personnalité politique préférée » des français (Sondage ODOXA janvier 2017) ? Comment l’opinion a-t-elle basculé ? Qui fut donc l’agent magique de Macron au point de modifier de fond en comble l’avis des français sur celui qui allait emporter les élections ?

La perception que les français ont du ministre Macron est au départ sans ambiguïté. Ceux qui le connaissent savent qu’il s’agit d’un ex-banquier de chez Rothschild, un libéral affirmé comme tel (On trouvera dans « L’Imposteur », livre que j’ai consacré à Hollande et son entourage, un portrait de Macron qui retrace l’histoire déjà très « riche » du jeune collaborateur fétiche du chef de l’état. « L’Imposteur », Jacques Cotta, Editions Balland, 2014.), un homme dont le côté bling-bling n’échappe pas à l’opinion, instigateur d’une loi sur la dérégulation du travail, partisan du travail le dimanche, de la remise en cause des statuts professionnels, de « l’ubérisation » de secteurs importants de la société, d’une politique d’ensemble qui pousse les options de François Hollande et qui est plutôt mal reçue par les travailleurs.

… Mais un coup de presse, et ça repart !

Alors commence la fabrication du produit Macron (On verra une démonstration exhaustive de la manipulation médiatique au profit de Macron sur le site « le vent se lève » à l’adresse suivante : http://lvsl.fr/medias-ont-fabrique-candidat-macron). Un produit qui devait être susceptible de jouer la doublure fidèle de Hollande comme de Fillon en cas d’empêchement. Le produit Macron avait pour fonction première de boucher les trous, au cas où… Mais pour atteindre un tel but, il fallait sortir d’un relatif anonymat pour occuper le terrain, exister, devenir si besoin le candidat promis à la victoire. Le chemin était long car Macron partait de loin.

C’est une véritable surexposition médiatique qui devait remédier à l’image. Macron sous tous les angles, dans tous les médias. Macron est choyé par les « élites » journalistiques de tout bord, démontrant ainsi, bien malgré lui, qu’entre un journal dit de droite, un autre dit de gauche, un journal officiel du matin, un autre du soir, la différence n’existe que pour le petit jeu des médias, mais pas dans les faits. Durant les deux années qui viennent de s’écouler, Macron devient la personnalité politique la plus médiatisée.
Libération, le Nouvel Obs, le Monde, et l’Express totalisent plus de 8000 articles qui évoquent Macron entre janvier 2015 et janvier 2017, soit plus de 10 par jour !
Comparativement, Mélenchon, Hamon et Montebourg ne totalisent ensemble sur la même période et dans les mêmes organes que 7400 articles.
La guerre des mots est engagée. Leurs auteurs frisent le ridicule, mais ne désarment pas. Macron devient synonyme de « modernité », de « renouveau », de « trajectoire en forme de boulet de canon ». Quelques exemples :
Pour l’Express, « entre courage et indignation, il incarne la modernité ».
Pour LCI, il apporte « un air de renouveau ».
Pour BFM il est question de « l’iconoclaste Macron ».
Pour l’Opinion, il fera souffler « un vent de fraicheur sur un jeu politique statuffié ».
Evidemment au poids des mots doit se joindre le choc des photos. Paris Match, VSD, la presse people… Des centaines de couvertures nous présentent la nouvelle coqueluche des médias sous tous les angles. Une campagne publicitaire destinée à promouvoir un nouveau produit, digne des plus célèbres. La « mère Denis » détrônée par le « jeune Macron ». Tout y passe.
L’idylle amoureuse, le romantisme, l’inversion des âges, son ancienne prof de français, sa preuve d’ouverture…
Son passage chez le barbier… Une soudaine balafre… La France retient son souffle…
Le coiffeur, la simplicité…
« Simplicité », « modernité », « renouveau », il faut alors tenter de faire oublier que la politique mise en œuvre par Macron et préconisée par ses sponsors est vieille comme le siècle, nous ramenant d’ailleurs sur le plan social plusieurs décennies en arrière…

Macron propulsé sur l’air de « Il était un sauveur suprême… »

Tous ces efforts médiatiques avaient demandé de l’énergie, suscité des espoirs. Ils devaient d’autant plus servir que la terre se dérobait sous les pieds des « candidats naturels » à ce type d’élections. Bien avant les primaires socialistes, la popularité du chef de l’état ne lui laissait plus aucune chance pour tenter de répéter l’aventure. Hollande out ! De même le candidat naturel de la droite, François Fillon, une fois désigné à la primaire concernant son camp, se voyait rattraper par un secret de polichinelle. « L’affaire Pénélope » -les emplois fictifs et centaines de milliers d’euros- sortait de façon fort à propos pour libérer aussi de ce côté-là le terrain à un Macron dont les sponsors n’attendaient plus que ça.

Le moment était venu de passer à la vitesse supérieure. En appeler publiquement au sauveur suprême, indépendamment de la crédibilité du personnage, de son envergure, de son talent pour la fonction visée. On assiste alors à un tir tendu sur le même thème :
Christophe Barbier dans l’Express s’y colle le premier : « il est temps que macron annonce sa candidature… ».
France culture s’interroge, commentateur inquiet : « Macron, candidat ou pas ? ».
Le Monde prend le relai : « Macron toujours pas candidat… ».

Les médias font monter l’attente, comme si le suspens était insupportable. La Nation devrait ainsi retenir son souffle. Oui ou non le candidat fabriqué pour l’occasion viendra-t-il « nous sauver du chaos » ? France Inter, Le Monde, le Nouvel Obs évoque « l’espérance », « le candidat anti système » (sic), « la révolution démocratique » (re sic), pour conclure dans un souffle de soulagement « Macron enfin candidat ». Le jour de son officialisation, les JT du soir ne veulent se trouver en reste. Eux aussi doivent faire preuve d’allégeance, de discipline, de respect, de soumission. Le présentateur de la France 2, David Pujadas, consacre à « l’événement » 22 minutes lorsque TF1 lui sacrifie 17 minutes.

L’opération est définitivement lancée. Il faut passer au stade supérieur, celui qui fera de l’inconnu d’hier, du banquier et ministre de l’économie à la politique rejetée très majoritairement par les français, le candidat « naturel » de la cinquième république, « l’homme nouveau » qu’elle attendait avec envie.
Alors tout y passe :
Dans le Nouvel Obs : « Macron – Nuit debout, même combat ».
Dans le Nouvel Obs encore : « Macron contre le reste du monde politique »
Dans Le Monde : « Macron progresse sur l’implosion du système ».
Dans le Point : « Macron progresse encore ».
Sur RTL : « Macron en progression ».
Sur BFM : « La personnalité préférée des français, Macron ».

Il fallait alors scruter l’évolution. D’abord ne pas relâcher l’effort, en faire toujours autant sur le terrain de la promotion. Comme tout produit une fois installé en tête de gondole dans les supermarchés, il fallait organiser la fidélisation du public pour la marque déposée. Il fallait donc continuer avec un même acharnement. Généralement dans ce type d’élections, la presse se répartit les parts de marché. Là, tout le monde sur le même nom, la même image, le même candidat. Mais plus. Tous vont utiliser les mêmes outils. Comme il se doit le Front National et Marine Le Pen prendront la place d’épouvantail de service, montrant ainsi contre leur gré que le FN est bien un des piliers essentiels du système. « Pour éviter le mal » indique t’ils, « votez Macron ! ». Et sur les réseaux sociaux, un déchainement inouï de macronistes enthousiastes qui n’ont de mots assez durs pour toute résistance, qualifiant de « lepénistes » celui qui refuse, voire même qui se contente d’hésiter. La campagne ainsi engagée a dès lors le goût des campagnes totalitaires –avec le sourire certes, mais totalement totalitaire- d’un autre temps et d’autres lieux. Pour obtenir un score soviétique digne des républiques bananières, il faut ce qu’il faut ! Jusqu’au bout la presse aura été un élément clé de la réussite du produit Macron. Et lorsque la concurrence a semblé pouvoir menacer, alors le déchainement, avec une énergie redoublée, une détermination entière, s’est consacré à décrédibiliser l’adversaire, à le dénigrer, à faire par exemple de Jean Luc Mélenchon l’homme à abattre, de crainte que le scénario final ne soit contrarié. Pour le score plébiscitaire de Macron, il fallait que son opposant soit le Front National. La victoire large lui était alors assurée. Mélenchon, le danger pour le score mais pas seulement, pour l’élection elle-même. Alors éditorialistes, chroniqueurs, sondeurs, journalistes ont entonné le même couplet : le Venezuela, Chavez et Maduro, Cuba, Fidel Castro, … Il aura manqué 600 000 voix à Mélenchon pour battre Le Pen. C’est un ouf de soulagement qu’ont pu pousser tous les acharnés des médias. Leur entreprise macronienne l’a échappé belle !

2005 – 2017, une continuité

Il y avait eu le précédent de 2005 avec le référendum sur la constitution européenne. Nous avions alors assisté à un déferlement en faveur du OUI avec une interdiction de parole des opposants au projet constitutionnel dans la plupart des médias. Editorialistes, présentateurs, patrons de presse, tous unis alors sur une ligne commune : le traité soumis au vote des citoyens français devait passer coûte que coûte. Tout opposant, toute parole critique, seulement dubitative, était qualifiée de « lepéniste ». Rien ne devait pouvoir se mettre en travers d’un OUI victorieux sur un score totalitaire.

Cette période historique et déjà peu glorieuse de la presse nationale avait été marquée par la réaction interne aux rédactions, le refus de voir bafouée la liberté d’expression. Nous étions alors une poignée à avoir pris l’initiative, au départ dans le service public, d’un texte « le NON censuré dans les médias, ça suffit ! » qui très vite allait être contresigné par des centaines de confrères, au point de devenir un événement de la campagne référendaire. Avec ses milliers et milliers de signatures accumulées en quelques jours, cette bataille interne aux rédactions et plus généralement aux organes de presse allait peser, jusqu’à la victoire historique du NON qui déjouait la volonté des puissants, de l’oligarchie qui possède dans ses mains le pouvoir politique, économique et médiatique.

On croyait donc avoir touché le fond. La démocratie avait été menacée, mais le résultat l’avait sauvée. Les oligarques dans leur ensemble avaient été défaits et pour avoir gain de cause, ils devaient s’en remettre aux élus socialistes et UMP pour obtenir au congrès à Versailles ce que le peuple avait rejeté. La presse avait montré qu’elle était fortement gangrénée. Les plus optimistes ont voulu croire au lendemain de la victoire du NON que le monde des médias avait tiré le bilan. L’affaire Macron montre qu’il n’en n’est rien et qu’il suffit de la moindre occasion –là les présidentielles- pour que tout soit mis en œuvre au compte des intérêts politico-financiers d’une petite frange qui possède presse, radio ou chaines de télévision… sans oublier le public.

Là se trouve le lien entre deux évènements qui à première vue semblent bien distincts. La presse se trouve dans les mains d’une oligarchie politico financière qui sait mettre ses atouts à son service. La politique que Macron compte mettre en œuvre permet de comprendre ce travail minutieux des médias qui en ont fait leur candidat. Les patrons de presse, qui sont de grands patrons de l’industrie, du Cac 40 ou des banques, sont attachés aux retombées sonnantes et trébuchantes attendues du nouvel élu. Lorsque Emmanuel Macron annonce la destruction définitive du code du travail par ordonnances dès l’été, il leur parle. Lorsqu’il annonce la privatisation à venir de pans entiers de la sécurité sociale, il leur parle. Lorsqu’il prévoit la diminution des pensions par l’instauration des retraites par points, et donc l’ouverture plus grande encore aux assurances privées de ce secteur, il leur parle. Lorsqu’il se réclame de l’ubérisation générale de la société, il leur parle. Lorsqu’il prévoit la suppression de ce qui nous reste de souveraineté nationale face à l’UE, il leur parle encore. Et lorsqu’il indique la volonté de signer le CETA, accord commercial de déréglementation avec les USA, ou encore de prendre toute sa place dans l’OTAN, ce qui n’a d’autre sens que d’appuyer les opérations guerrières dans le monde au nom du combat anti-terroriste, il leur parle toujours.

Les oligarques, les patrons de Cac 40, les banquiers et patrons de la finance à qui il parle l’entendent. Et comme ce sont eux les patrons de presse….

Cette affaire met à jour une véritable question démocratique. Il y a plus de 70 ans, le conseil national de la résistance plaçait dans son programme « la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ; la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’état, des puissances d’argent et des influences étrangères ».

Il y a 70 ans, c’était hier, c’est aujourd’hui…

 


PCF, FI, pour que cessent nos divisions : un appel pour gagner les législatives ! Par Zsuetam

7 mai 2017

Source : le blog de Zsuetam, https://blogs.mediapart.fr/zsuetam/blog/040517/pcf-fi-pour-que-cessent-nos-divisions-un-appel-pour-gagner-les-legislatives

 



Les législatives arrivent à grand pas. La réussite politique du mouvement porté par la France insoumise ne peut et ne doit pas s'arrêter. Il nous faut arriver unis en juin, pour battre la droite molle, la droite dure et l'extrême-droite. Nous lançons un appel aux dirigeants de la FI, du PG, du PCF et d'Ensemble pour l'union afin de porter le programme des Insoumis à l'Assemblée.

A Clémentine Autain, Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon

Cher.es camarades,

Nous sommes des électeurs anonymes qui avons voté pour le programme de la France insoumise au 1er tour des présidentielles et pour son porte-parole, Jean-Luc Mélenchon.

Passée la déception de ne pas être au second tour, le résultat de la France insoumise nous rend profondément heureux et motivés. Le moment est historique : le mouvement rassemble 3 millions de voix en plus par rapport au Front de Gauche de 2012, il entame une reconquête des voix des classes populaires, des précaires et des jeunes. Il constitue l’une des grandes forces politiques du pays, à « seulement » 600 000 voix du FN. Et il s’affirme enfin comme première force de la gauche, une gauche de combat, qui ne cède pas aux sirènes du social-libéralisme, se tourne résolument vers l’écologie et entend rompre enfin avec une Union Européenne devenue un carcan libéral.

Désormais, tous nos efforts doivent être dirigés vers les législatives, qui arrivent à grand pas. A l'Assemblée, si nous y sommes en nombre, nous pourrons combattre toutes les politiques réactionnaires et libérales voire, qui sait, parvenir à convoquer une Constituante. Dans ce contexte, nous nous désolons de voir que les négociations entre les forces de notre gauche — et notamment entre la FI et le PCF — sont au point mort.

Que cela soit clair : si nous n’arrivons pas aux législatives en tant que force unique et unifiée, c’est la défaite assurée. Dans des dizaines et des dizaines de communes, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête des suffrages. Nous avons l’opportunité d’envoyer énormément de députés à l’Assemblée : de potentiels élu.es dont la plupart ne sont pas des professionnel.les de la politique et donc beaucoup ne sont pas des vieux hommes blancs aisés, cette catégorie de la population tant et tant sur-représentée à l'Assemblée. Nous avons l’occasion de renouveler l’Assemblée, tant d’un point de vue politique que sociologique. Cette occasion, nous ne pouvons pas nous permettre de la rater.

Nous demandons solennellement à Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent, Clémentine Autain et à tous les cadres des différents mouvements politiques qu’ils et elles représentent de s’accorder pour des candidatures communes et uniques aux législatives. Pour gagner :

Il faudra une candidature pour une circonscription. Cette candidature devra être supportée de façon commune par la FI, le PCF, Ensemble, le PG, et éventuellement avec le NPA s’il le souhaite.
Dans les circonscriptions où les candidats socialistes ou écologistes ne se résolvent pas à l’idée de devenir les supplétifs d’Emmanuel Macron au sein d’un grand groupe parlementaire du centre (ce qui est déjà prévu par les instances dirigeantes du PS : voir ici, notamment), tendons leur la main, quitte à se désister vis-à-vis d’eux s’ils décident de quitter le PS pour nous rejoindre.

La stratégie mise en œuvre par la France insoumise a fonctionné, en dépassant la structure de cartel de partis auquel le Front de Gauche s’était limité. Cette stratégie doit diriger notre action : qu’on le veuille ou non, les intérêts propres à chaque parti de notre gauche doivent être dépassés et les relations entre chacun se pacifier.
Dans ce contexte, on ne peut pas rejouer encore et encore la carte des identités partisanes, des alliances alambiquées et à géométrie variable. Nous comprenons notamment que le PCF tienne à son identité : ce grand parti a mené tant et tant de luttes pour les travailleurs et les travailleuses de ce pays, nous lui devons tant. Mais nous ne pouvons pas sacrifier l'émergence d'un mouvement large au nom de la préservation de cette identité là : le PG et Ensemble ont su se mettre en retrait pour favoriser ce mouvement, le PCF peut et devrait entrer dans l'espace politique de la FI, sans rien renier de sa singularité et de sa liberté de ton. Faisons tous et toutes partie d'un même mouvement, plus ouvert et moins rigide que le Front de Gauche, tout en gardant les spécificités propres à chacun : c'est ce qui nous a manqué ces dernières années !

Il est hors de question de proposer des accords qui seraient humiliants pour l’un ou l’autre des partis : absents de l’Assemblée sortante, la FI, le PG et Ensemble doivent avoir des députés. Mais dans le même temps, il est nécessaire de faire sa juste place au PCF, depuis longtemps investi dans les luttes et dont les militant.es ont toujours constitué une force précieuse pour notre gauche. Plutôt que de parachuter n’importe qui dans n’importe quelle circonscription, laissons les camarades locaux décider de qui est le ou la plus légitime.

La charte de la France insoumise doit être signée : elle permet d'arriver devant les électeurs et électrices avec clarté et transparence. Elle comporte des avancées majeures pour la transparence de la vie politique et le respect du mandat donné aux député.es. Amendons-la pour ne pas rebuter nos camarades : oui au respect du programme et des engagements électoraux, qui sont la racine même de la légitimité du mandat, tout en laissant une place à la possibilité de faire évoluer, dans une certaine limite, les positions futures au sein de l’Assemblée (positions qui devront être collectivement et démocratiquement élaborées).

La question du reversement des indemnités, et de l’association qui les recueille, ne peut pas continuer à crisper les relations entre la France insoumise et le PCF. Que soit trouvée au plus vite une solution, qui permette au PCF de continuer à alimenter son budget grâce à ses élus, puisqu’il semble que ce soit là le point de négociation.
La plainte déposée par la France insoumise contre le PCF doit être retirée. Cela crée encore plus de tensions, de frustrations, d'inimitiés entre les militants de nos organisations : ce n'est pas comme cela que nous gagnerons quoi que ce soit.

Enfin, la propagande doit être unifiée au niveau national : les affiches, tracts, argumentaires de campagne devront mettre en avant l’appartenance à la France insoumise (affiche blanche et bleue, photo de JLM…), même si ils pourront comporter, en format réduit, les logos des forces politiques en présence. Qu’on le veuille ou non, le résultat de la FI est fortement associé à la capacité qu’a eu Jean-Luc Mélenchon de mobiliser toute une partie de la population autour d’un programme, d’une image, d’un vocabulaire, d’un ensemble de symboles. Pour gagner aux législatives, nous ne pouvons pas mettre tout cela à la poubelle. Nous devons nous appuyer sur ce qui a fonctionné, sur ce qui a pu nous porter jusqu’aux 20%. Nous devons apparaître comme une force immédiatement reconnaissable et comme une force unie. Ce n’est qu’au prix d’une uniformisation du matériel de campagne que nous pourrons être identifiés et que nous pourrons remporter des suffrages.

Encore une fois, le moment est historique. Nous pouvons entrer en nombre à l’Assemblée : en fonction du taux de participation aux législatives, ce sont entre une et plusieurs centaines de circonscriptions dans lesquelles nous pouvons nous maintenir. Et 67 dans lesquelles Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête. Cette chance doit être saisie, et tous les moyens pour y parvenir doivent être mis en œuvre.

Dirigeant.es de la France insoumise, du PG, du PCF, d’Ensemble, cadres et militants de toutes les forces qui composaient le Front de Gauche : ne reproduisez pas les erreurs qui ont été commises ces 5 dernières années, qui ont fait retomber la dynamique lancée par les 11% de 2012. Nous, non-encartés, ne voulons plus des querelles partisanes, des affrontements stériles pour la répartition des postes, qui résonnent encore comme des échos de la vieille politique, et qui repoussent toujours plus loin notre objectif d’émancipation de toutes et tous.

Vous avez une responsabilité historique, 7 millions de Français vous font confiance et vous regardent. Camarades, soyez dignes de nos luttes, de nos espoirs et de nos volontés de rompre avec ce vieux monde !

 


Déclaration du Collectif national d’Ensemble, battre le Pen, combattre Macron et reconstruire une gauche debout


En arrivant quatrième au premier tour avec 19,6 % des voix, la candidature de Jean-Luc Mélenchon réalise une percée remarquable. Ce succès s’enracine dans la force du rejet de la politique de Hollande et de Valls, dans les mobilisations sociales, contre la loi Travail, le mouvement Nuit Debout, les mouvements écologistes, démocratiques qui se sont développés ces dernières années.

Pour la première fois, une candidature à gauche s’opposant à la politique gouvernementale du PS et à l’hégémonie de celui-ci a été envisagée comme une perspective crédible permettant d’accéder au pouvoir et non comme un moyen de pression à gauche sur le PS.

Des voix se sont fait entendre, notamment dans le cadre de l’Appel des cent, de Front commun et d’autres appels, pour des rassemblements unitaires de la gauche d’alternative sur des contenus en rupture avec le libéralisme. Jean-Luc Mélenchon est apparu, notamment dans la dernière ligne droite, comme le candidat portant cette aspiration.
La campagne de Jean-Luc Mélenchon a constitué, avec la France Insoumise, un outil qui a permis l’implication de plusieurs dizaines de milliers de citoyen-ne-s. Cette dynamique de campagne multiforme (meetings, réseaux sociaux, Internet, caravane, etc.) constitue un point d’appui pour l’avenir.

La possibilité d’une victoire de Marine le Pen ne peut être sous-estimée. Ce serait un désastre pour le pays. Quand l’extrême droite gagne le pouvoir, elle détruit la démocratie, les droits sociaux et l’égalité entre toutes et tous. Nous ne pouvons laisser faire dans notre pays ce qui arrive aux États-Unis avec Trump, en Hongrie avec Orban ou avec d’autres extrémistes de droite au pouvoir en Europe qui, dès leur arrivée au pouvoir, ont ouvert la chasse aux étrangers et détruit les droits sociaux. Multiplions les initiatives de mobilisation citoyenne contre les dangers qui menacent. Le mouvement Ensemble ! appelle à la mobilisation, dans la rue le 1er Mai, et à voter pour battre Le Pen le 7 mai et, immédiatement après, à se mobiliser contre Macron.

La dynamique de la campagne autour du candidat Jean-Luc Mélenchon doit s’amplifier mais aussi s’élargir. Rassembler une nouvelle gauche, « une gauche debout », c’est la seule manière de battre immédiatement et durablement le FN et les politiques réactionnaires, lesquelles ont été alimentées par les renoncements de la gauche gouvernementale dont l’héritier est Macron.

Les prochaines élections législatives constituent une bataille essentielle pour faire vivre l’espoir qui a émergé pendant la présidentielle et relever les défis auxquels nous sommes confrontés. Macron cherchera à réunir une majorité de députés alliant des secteurs de la droite et la droite du Parti socialiste, pour continuer et aggraver les politiques des gouvernements du quinquennat de Hollande. Pour les législatives, il est indispensable que les forces qui ont soutenu la candidature de Jean-Luc Mélenchon s’entendent pour se présenter ensemble dans les circonscriptions. Cet objectif doit être atteint. Au-delà, Ensemble ! défend la nécessité de candidatures communes des forces de gauche (FI, PG, PCF, Ensemble, NPA, EELV, écologistes et socialistes en rupture, militantes et militants issus du mouvement social…) sur la base d’un programme en rupture avec le social-libéralisme, pour une majorité s’opposant à la politique de Macron et pour faire front contre l’extrême-droite et les droites. Nous cherchons à développer cette orientation à l’échelle nationale et locale en tentant compte de la diversité des situations locales.

Macron développera son projet de politiques libérales sans attendre : libéralisation du marché du travail, remise en cause du système de retraites… y compris en ayant recours au 49.3. La nécessité de mobilisation de toutes les forces politiques et sociales contre ces projets sera essentielle. C’est sur le terrain des luttes sociales et démocratiques que doit être défait le consensus libéral, combattues les attaques contre les droits sociaux. Ensemble ! favorisera l’émergence de cadres larges et unitaires permettant d’impliquer le plus largement possible.

La question de la reconstruction d’une gauche de gauche, une gauche de classe, est aujourd’hui posée. Les forces existent pour un large mouvement populaire. Elles doivent se rassembler à partir de la dynamique de la campagne de Jean-Luc Mélenchon et des aspirations à rassembler une gauche d’alternative. C’est un défi crucial à relever dès maintenant. Ensemble ! a affirmé que son projet était de participer et d’aider à la construction d’une force politique en rupture avec les politiques néolibérales et productivistes, avec leur accompagnement social-libéral, et porteuse d’un projet émancipateur. Dans le bouillonnement d’initiatives, de rencontres qui vont se multiplier dans les prochaines semaines, Ensemble ! cherchera à favoriser les rapprochements et les convergences pour concrétiser l’aspiration à un renouveau d’une gauche démocratique, sociale, écologique, mettant en son cœur la participation citoyenne.


Barrer la route au Front National et amplifier la mobilisation sociale
 
Déclaration de la Commission Exécutive Confédérale (CEC) de la Confédération Générale du Travail (CGT)
 
Mercredi 10 Mai 2017

Source : http://www.cgt.fr/Declaration-de-la-Commission-44538.html


Les citoyens ont fait preuve d’une grande responsabilité en faisant barrage au Front National. Toutefois, le score élevé qu’obtient sa candidate est une blessure importante. Sans attendre de nouvelles échéances électorales, la CGT continuera résolument à lutter, avec les salariés, contre les conséquences désastreuses de l’influence grandissante de l’extrême droite.
 
Depuis sa création, la CGT a toujours combattu l’extrême droite et le fascisme, elle est restée fidèle à ses valeurs tout au long de son histoire.
 
La CGT a appelé les salariés à ne donner aucune voix à ce parti raciste, xénophobe, sexiste, homophobe, libéral et antisocial. Mais c’est au quotidien, et non pas seulement au soir du premier tour des élections présidentielles, que la CGT et ses syndicats combattent le Front National.
 
Les idées d’extrême droite se nourrissent et se développent sur la désespérance sociale, sur les promesses non tenues, les reniements, les besoins sociaux non satisfaits, la démocratie bafouée et la promotion de politiques d’austérité en France comme en Europe. La CGT exige une Europe sociale et solidaire.
 
Assurément, les leçons du 21 avril 2002 n’ont pas été retenues. La responsabilité des hommes et femmes politiques au pouvoir depuis est engagée. Ils devraient s’interroger au lieu de culpabiliser les seuls citoyens.
 
Ceux qui demain seront au gouvernement et au parlement doivent être conscients de la lourde responsabilité de leurs actes et des politiques qu’ils mettront en œuvre. Ne pas stopper celles qui ont conduit à une telle situation nous condamnerait à la revivre.
 
Le président de la république a été élu par défaut par une grande partie de ses électeurs. Nombre d’entre eux ont combattu une loi portant son nom et une majorité s’est mobilisée pendant des mois contre la loi travail, largement inspirée et soutenue par Emmanuel Macron. Il doit en prendre acte. Considérer qu’il s’agirait là uniquement d’un vote d’adhésion et un blanc-seing à son programme, comme il l’a fait, jusqu’aux derniers instants de sa campagne, aux risques de renforcer le Front National, serait irresponsable.
 
La CGT appelle solennellement Emmanuel Macron à renoncer à imposer de nouveaux reculs sociaux par ordonnance ou par le quarante-neuvième article de la constitution.
 
Alors que des aspirations à une alternative sociale sont fortes et que des exigences à vivre mieux et dignement s’expriment, la responsabilité du nouveau président et du futur gouvernement est engagée à plusieurs titres.
 
Les luttes n’ont jamais été aussi nombreuses durant cette période électorale traditionnellement vécue comme une période de trêve sociale. Il est essentiel que les travailleurs se syndiquent plus nombreux, s’organisent et se mobilisent pour leurs revendications, dans les administrations, les entreprises et les territoires sur toutes les questions qui les concernent et les impactent.
 
La seule solution pour éradiquer les idées d’extrême droite, c’est de répondre aux aspirations des citoyens, du monde du travail dans une société plus juste, plus fraternelle, solidaire et dans un monde de paix.
 
La CGT se place résolument dans une dynamique revendicative offensive pour agir contre tout projet régressif. Elle a des propositions concrètes dans les domaines sociaux et économiques pour sortir durablement de la crise. Elle appelle les syndicats, avec les salariés et retraités, à amplifier les luttes pour gagner de nouvelles conquêtes sociales.

 


Tous dans la rue le 19 juin à l’appel du « Front social »

Source : http://www.anti-k.org/2017/05/14/rue-19-juin-a-lappel-front-social/

Mediapart, le blog de Jean Marie B

12 mai 2017



La situation sociale bouge plus vite que Macron ! Avant juillet, ça va chauffer !

La CGT a lancé un appel national à un rassemblement, mardi 16 mai à 15 heures, devant l’usine GM&S Industry de La Souterraine, deuxième employeur privé de la Creuse. Le syndicat veut ainsi soutenir les salariés de l’équipementier automobile placé en redressement judiciaire depuis décembre dernier. Certains des 279 salariés ont par ailleurs affirmé avoir « piégé » à l’aide de bonbonnes de gaz et de bidons d’essence.

SI UN APPEL NATIONAL EST POSSIBLE DANS CE CAS, ALORS IL L’EST AUSSI CONTRE L’ORDONNANCE MACRON PRÉVUE POUR JUILLET.

Caroline de Haas (celle de la pétition à plus d’un million contre la loi Travail) et François Ruffin (Merci Patron) lancent une pétition « Ordonnances non merci ». « Plus rapide qu’un débat à l’Assemblée, plus facile qu’une négociation avec les syndicats et plus pratique que le 49-3: les ordonnances », dénoncent les initiateurs de l’appel, qui savent comme nous, l’importance de la première ordonnance.

Le contenu de cette ordonnance de juillet ? L’extension de la priorité aux accords d’entreprise. La loi El Khomri (dite Travail) les réservait au temps de travail. Emploi, salaire et conditions de travail seront concernés. La fusion des institutions représentatives du personnel (CE, DP, CHSCT). Le plafonnement des dommages et intérêts en cas de licenciement abusif. Un coup mortel porté aux Prud’hommes, une garantie offerte aux employeurs de licencier vite.

VOILÀ POURQUOI IL NOUS FAUT PASSER PAR LA RUE POUR NOUS OPPOSER À CE COUP DE FORCE, DANS L’ABSOLUE CONTINUITÉ DU 49.3 DE LA LOI TRAVAIL.

Les médias soumis à Lagardère, Bolloré, Bergé-Pigasse-Niel, Drahi, s’opposent à cette réalité sociale pour fabriquer leur réalité, comme Trump, à coups de faits « alternatifs ». La toute-puissance médiatique tresse chaque seconde des couronnes à ce Kennedy français, tout neuf, tout beau, tout nouveau. La propagande médiatique fait campagne pour Macron à un point tel qu’elle ignore que l’élection au 2e tour l’a porté à l’Elysée par le refus de Le Pen. Sur son propre programme, au 1er tour, il ne représente qu’un quart des suffrages exprimés.

Nous savons quelle colère sociale couve dans le pays. A nous de lui offrir une expression sociale, unitaire, déterminée. Telle est bien la vocation du Front social.

 


Tracer une orientation contre Macron, combattre pour l’unité dans les élections législatives, par Robert Duguet.




La première remarque que je fais, après que nous ayons pris l’initiative d’écrire une lettre à faire contresigner et que nous adressons aux responsables des Insoumis et du PCF de la 8ème circonscription, c’est que les signatures ne remontent pas. Est-ce que nos concitoyens acceptent le cadre de la division ? Je ne pense pas. Toutefois la situation politique pèse très lourd pour l’instant.

Depuis l’élection de Macron, nous sommes sous le feu d’un formidable matraquage des grands médias. Tout est mis en œuvre pour que, maintenant que Macron est président, nos concitoyens lui donnent une majorité parlementaire pour appliquer son programme : c’est le jeu classique des institutions de la Vème république, le Bonaparte plébiscité, il faut une majorité aux ordres. Par ailleurs je ne pense pas que les représentations respectives de France Insoumise et du Front de Gauche (PCF), au lieu de se taper dessus, feraient beaucoup mieux d’armer la conscience des 7 millions qui se sont rassemblés derrière Mélenchon, pour caractériser précisément la situation dans laquelle nous sommes entrés et repartir au combat.

Les faits établissent que Macron représente un courant minoritaire dans le pays. 26 % des électeurs inscrits se sont abstenus ; 9 % des électeurs inscrits se sont déplacés aux urnes pour émettre un vote blanc ou nul ; les suffrages exprimés représentent donc moins de deux électeurs sur trois, un record historique depuis la naissance de la Vème république, et parfois même moins de la majorité des électeurs dans les quartiers populaires; Macron, avec 65 % des suffrages exprimés recueille donc les suffrages de 42 % des électeurs inscrits ; de plus parmi ces 42% nous savons bien entendu qu’une majorité ont voté pour empêcher le Front National d’accéder à l’Elysée. On peut estimer que 20% du corps électoral a voté sur la base de ce que Macron a énoncé dans son programme en demi-teinte.

Le programme de Macron est clair :

Cet été, donc de suite après l’élection législative et au moment où les salariés prennent des vacances, il va recourir aux ordonnances et à l’article 49-3 pour une destruction totale du code du travail en aggravant la loi El Khomri. La disparition du droit en matière de régulation des rapports salariat-patronat c’est donner tout pouvoir à l’exploitation capitaliste. Il vise ensuite à faire disparaitre l’assurance-maladie cœur de la sécurité sociale, en supprimant le remboursement des soins dits « inutiles » pour ensuite s’attaquer aux « soins utiles ». La porte sera alors largement ouverte aux assurances privées et au modèle américain. Il vise à liquider les régimes de retraite par répartition et instaurer la retraite à points, le contraire du principe de solidarité ouvrière intergénérationnelle. Par rapport à la situation actuelle, si on reprend les analyses faites par les syndicalistes des confédérations CGT et FO, cela représentera une perte de pouvoir d’achat de 30 à 40%. Enfin dans la ligne de tout ce qui a été fait par les différents gouvernements qui se sont attaqués à ces conquêtes, droite et « gauche », il veut associer les organisations syndicales à la mise en œuvre de ces plans de destruction. Cela s’appelle le corporatisme. C’est une offensive contre tout ce qui avait été imposé au capital, à l’issue de la victoire contre le fascisme, par nos aînés par la sueur, le sang et les larmes dans le programme du CNR (Conseil National de la Résistance). Voilà le programme de Macron. J’aimerais bien que Pierre Laurent et Jean Luc Mélenchon s’adressent à nos concitoyens en ces termes. Ce serait mieux.

On se félicite de partout que Le Pen soit battue. Dans notre circonscription des centaines de citoyens ont défilé devant la mairie de Yerres et dans les rues de la commune en s’insurgeant contre l’accord passé par Nicolas Dupont Aignan avec le Front National. C’est bien. Il a du plomb dans l’aile. Mais jusqu’à quand pourra t’on arrêter la catastrophe, si on ne s’attaque pas à ce qui fonde la montée du populisme d’extrême droite ?  Et surtout c’est bien mal servir la cause que de commencer par partir au combat divisés : les Insoumis d’un côté et le FDG-PCF de l’autre.
Refusons d’entrer dans les manœuvres d’appareil politique (par ailleurs tous en crise) qui prennent la responsabilité de diviser le mouvement des 7 millions de citoyens qui se sont portés sur le nom de Mélenchon. Par ailleurs la décomposition continue : Hamon vient d’annoncer la naissance d’un nouveau mouvement dès le 1er juillet pour une « gauche inventive », tout en restant membre du PS ; Taubira, ainsi que les maires de Paris et Lille, Hidalgo et Aubry, annoncent le lancement d’un nouveau mouvement politique baptisé « Dès Demain », selon les 200 signataires d’une tribune publiée le site du quotidien Le Monde il doit être « grand mouvement d’innovation pour une démocratie européenne, écologique et sociale ». Localement la section de Crosne du PS et le sénateur Berson ont fait campagne pour Macron.

En date du 10 mai Pierre Laurent vient de déclarer :

« Les élections législatives s’annoncent en effet cruciales. Si Emmanuel Macron a été élu, la majorité parlementaire n’est acquise pour personne. Nous pouvons donc la disputer aux forces du libéralisme et de l’extrême-droite, fort des sept millions et demi de voix recueillies par Jean-Luc Mélenchon le 23 avril. Nous pouvons ensemble empêcher Emmanuel Macron d’avoir les mains libres pour casser le Code du travail, nous pouvons battre ses candidats et ceux la droite dans de très nombreuses circonscriptions, barrer la route à l’entrée massive de députés Front national au Parlement après avoir barré la route de l’Elysée à Marine Le Pen. La meilleure chance de victoire que nous pouvons nous donner, c’est l’union maximale des forces qui ont permis le résultat du 23 avril, en conjuguant leurs forces, tout en respectant leurs différences. C’est cette méthode que nous n’avons cessé de proposer pour les élections législatives, en rassemblant tous nos candidats sous une bannière commune respectueuse de tous, membres ou non de la France insoumise. Pourquoi refuser cette proposition de bon sens ? »

Il a raison. Si Mélenchon allait dans le même sens je dirais aussi bravo !

Mélenchon contre Renucci?

Malheureusement je ne crois pas que ce soit une bonne chose que de présenter une candidature marseillaise dans la circonscription où le PS présente Renucci. Une stratégie qui d’un côté refuse l’unité avec le PCF et d’un autre canarde un socialiste qui déclare : « (Mélenchon vient) dans la seule circonscription de l’arc méditerranéen où le Front National n’a aucune chance d’être au second tour (14,3% au premier tour de la présidentielle), où la droite ne peut l’emporter (10,8% au premier tour de la présidentielle) il montre que son seul combat, le sens de son engagement politique est le combat gauche contre gauche. Il construit un affrontement avec un député qui a soutenu jusqu’au bout, qui s’est battu pour l’amnistie sociale des syndicalistes, contre la déchéance de nationalité pour les seuls bi-nationaux et contre la loi travail. Il clarifie la vision de la démocratie de Jean-Luc Mélenchon ». Je crois que Mélenchon se laisse emporter par ses effets d’estrade et que, comme beaucoup d’hommes qui ont fait une carrière dans le système, il pense que les sept millions de voix lui appartiennent et qu’il suffit d’un claquement de doigts pour que ceux-ci répondent à l’appel du leader maximus. Le PS d’Epinay est mort mais la social-démocratie, c’est-à-dire le courant réformiste du mouvement ouvrier, existe toujours. En l’absence d’un mouvement politique qui conjugue la gestion des affaires quotidiennes du salariat (par exemple la gestion d’une mairie dans le sens des intérêts des administrés) avec une perspective de reconstruction de la société sur des bases socialistes, le phénix social-démocrate peut renaître de ses cendres. Cambadelis, qui a appris dans le trotskysme un certain nombre de choses, se dispose sur cette ligne. Il faut saisir pour constituer un front politique tout ce qui a d’ores et déjà rompu ou qui va rompre avec le macronisme. Le mouvement des 7 millions nous dicte cette voie-là. Nous avons besoin d’un mouvement politique qui, ancré sur la colère sociale, donne à tous ceux qui le veulent un outil pour combattre dans la société et dans les institutions : nous avons besoin d’un podemos à la française.

Je comprends les hésitations des citoyens à s’engager pour l’unité. Mais la lutte sociale pousse : il suffit de voir le nombre de conflits du travail aujourd'hui. La preuve que l’unité est possible c’est que des accords partiels ont été passés dans 51 circonscriptions à ma connaissance. Pourquoi ce qui a été réalisé dans 51 ne serait-il pas possible dans 577 ? Et qui plus est, dans la 8ème circonscription, avec la situation créée par Dupont Aignan.

Quant à nous, ne lâchons rien ! On continue à faire pression même s’ils déclarent des candidatures concurrentes. La vie et la lutte sociale ne s'arrêtera pas à la division dans ces élections.

 


Faites l'unité contre le programme de Macron!

Pierre Laurent « Je regrette profondément le refus des dirigeants nationaux de France insoumise »

Source: L’Humanité

Mercredi, 10 Mai, 2017 – Humanite.fr



 

Dans un communiqué publié hier soir, le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard, annonce la rupture unilatérale par la France insoumise des discussions entre nos deux formations politiques. Cette rupture, ni moi, ni la direction du PCF, ne l’avons ni décidé, ni souhaité. Ceux qui affirment le contraire mentent et cherchent à se dédouaner de leurs responsabilités.

Hier encore, devant le risque que je sentais grandir, j’ai lancé un nouvel appel, le troisième en quinze jours, pour que nos discussions aboutissent sans délai à un accord large et national permettant d’aller ensemble à la bataille des élections législatives avec une candidature commune dans le maximum de circonscriptions. Je sentais grandir le risque puisque nos interlocuteurs écartaient depuis déjà dix jours toute possibilité d’un accord national qui n’aurait pas lieu sous la tutelle unique de la France insoumise, poussant ainsi à la multiplicité des candidatures issues des diverses forces ayant soutenu Jean-Luc Mélenchon, et à la division des électeurs réunis par son bulletin de vote le 23 avril. Depuis, nous en étions réduits à des discussions rabougries comme peau de chagrin, concernant une poignée de circonscriptions, 26 exactement sur 577 lors de la dernière discussion de lundi. Nous les poursuivions tout de même, avec la volonté d’aboutir à un accord pourtant insuffisant mais dont nous espérions qu’il envoie un signal unitaire positif. Le communiqué de France insoumise rompt cette dernière discussion. C’est irresponsable.
Les élections législatives s’annoncent en effet cruciales. Si Emmanuel Macron a été élu, la majorité parlementaire n’est acquise pour personne. Nous pouvons donc la disputer aux forces du libéralisme et de l’extrême-droite, fort des sept millions et demi de voix recueillies par Jean-Luc Mélenchon le 23 avril. Nous pouvons ensemble empêcher Emmanuel Macron d’avoir les mains libres pour casser le Code du travail, nous pouvons battre ses candidats et ceux la droite dans de très nombreuses circonscriptions, barrer la route à l’entrée massive de députés Front national au Parlement après avoir barré la route de l’Elysée à Marine Le Pen. La meilleure chance de victoire que nous pouvons nous donner, c’est l’union maximale des forces qui ont permis le résultat du 23 avril, en conjuguant leurs forces, tout en respectant leurs différences. C’est cette méthode que nous n’avons cessé de proposer pour les élections législatives, en rassemblant tous nos candidats sous une bannière commune respectueuse de tous, membres ou non de la France insoumise. Pourquoi refuser cette proposition de bon sens ?

Je regrette profondément le refus des dirigeants nationaux de France insoumise, qui privilégient manifestement sans le dire un intérêt de recomposition partisane à la possibilité d’une ample victoire les 11 et 18 juin prochains. Ce choix est périlleux pour la défense des intérêts populaires. Mais rien ne nous détournera du cap choisi. Je renouvelle mon appel, car l’union des forces capables de reconstruire une gauche nouvelle, profondément réinventée comme nous avons commencé à le faire avec le Front de gauche puis dans cette année 2017, n’est pas un choix de circonstance électorale, c’est un choix de fond et durable. Et je demande aux candidats que nous avons investi d’entrer en campagne partout, en maintenant la main tendue et ouverte à tout accord qui permettra localement ou nationalement de dépasser cette situation.

Notre ligne de conduite reste la même. Nous avons voté Jean-Luc Mélenchon pour ouvrir la voie à un nouvel espoir. Après avoir battu Marine Le Pen, conscient des combats qui nous attendent face à Emmanuel Macron, nous voulons aujourd’hui concrétiser cet espoir et cette force dans les élections législatives en rassemblant le maximum de voix et de forces à gauche , et en faisant élire le maximum de députés qui les porteront dans les combats à venir. Nos candidates et candidats, issus dans toute la France du monde du travail, travailleront à faire entrer cette force populaire à l’Assemblée nationale.

C’est sur ces bases que je lancerai demain à 19 h au gymnase Japy à Paris la campagne nationale de nos candidats pour les élections législatives.

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF
Paris, le 10 mai 2017.


Couché Dupont Gnangnan et je la remplirai ta gamelle !

Nous n’acceptons pas la division, contre Dupont Aignan nous voulons une candidature unitaire, par Robert Duguet




La décision de Nicolas Dupont-Aignan de se rallier à Marine Le Pen a créé une onde de choc dans le Val d’Yerres. Plusieurs manifestations se sont tenues, dont la plus importante le 1er mai en fin d’après-midi, a rassemblé un millier de personnes qui se sont rendus à  l’Hôtel de Ville pour ensuite partir en cortège dans les rues de la commune. Appelées par aucune organisation précise mais par le libre jeu des réseaux locaux et sur internet, c’étaient des citoyens, pas forcément encartés ici ou là, qui ont dit leur colère et le sentiment d’avoir été trahis par leur maire. Les tentatives de quelques vieux crabes locaux (Michel Berson, sénateur, Marc Lucas, ex-maire de Yerres et Alain Girard, ex-maire de Crosne…) et du PS de faire reprendre par la foule « Macron président ! » se sont heurtées à un refus des manifestants et à une mise au point d’un citoyen qui s’est improvisé organisateur.

Rappelons pour mémoire que la liste conduite par Nicolas Dupont Aignan a réalisé un score de 77% dans la commune lors du dernier scrutin municipal: ce qui faisait la force de ce maire, c’est que suite à l’incompétence et l’irresponsabilité de deux majorités précédentes, l’une conduite par le PS et l’autre par le RPR, des dépenses somptuaires engagées ruinant la commune pour des décennies, il avait su redresser partiellement la situation qu’il avait trouvée en 1995. Dans la foulée il avait conquis la circonscription en 1997 et s’était octroyé un petit empire dans cette vallée de l’Yerres, où les politiques néo-libérales conduites par les gouvernements socialistes, ont fait perdre toutes les positions que la gauche détenait.  Il proclamait son attachement au « gaullisme social ». Toutefois pour les citoyens qui confrontent les principes à la réalité, il y a loin de la coupe aux lèvres : la prétendue défense des services publics locaux, par exemple la gestion de la piscine de Yerres, est en fait une privatisation déguisée en « délégation de service public ». Y compris sur le plan municipal, Dupont Aignan s’inscrit dans la continuité des politiques néo-libérales menées par la droite républicaine et par le PS. L’intercommunalité est aussi en fait le moyen de faire partager aux autres communes du Val d’Yerres, le trou dans les finances de la ville. Il n’est pas sûr, non plus, que les citoyens qui l’ont élu en 2014 soit au courant des emprunts toxiques qui courent et qui finiront par faire grimper l’addition, d’autant que les investissements dans des projets somptuaires continuent. Dupont Aignan, c’est cela, une imposture qui a fleuri sur les défaites de la gauche vendue au néo-libéralisme …

L’accord avec le Front National, c’est une autre étape. On a franchi une ligne jaune : visiblement cela ne passe pas dans la population et la fronde remonte y compris dans les instances représentatives du Val d’Yerres : les maires des autres communes demandent sa démission de la présidence de l’Intercommunal.

Une brèche est ouverte aujourd’hui dans le système Dupont Aignan. Mais gardons-nous bien de penser en termes purement locaux. Cette affaire éclate au moment où des millions de travailleurs et de jeunes se sont saisis de la candidature Mélenchon pour dire leur colère après le mouvement social contre la loi El Khomri. Le bilan du quinquennat d’Hollande, dont Macron a été le ministre zélé, est clair. Tout ce qui est issu des conquêtes ouvrières et démocratiques de 1936 et 1945 a été saccagé par les gouvernements de droite et de gauche. Et Macron a déclaré récemment lors d’un meeting à Paris : « Les Françaises et les Français se sont exprimés et ont choisi le projet qui porte ses réformes, je ne vais pas les trahir en me reniant. Et je veux demain pouvoir agir, être efficace. Donc ces réformes, nous les avons conçues, portées, nous les ferons ». Le programme du Conseil National de la Résistance, qui s’est payé de la sueur et du sang de la génération de nos pères est aujourd’hui partiellement détruit. Ruffin, réalisateur du film «Merci patron», publie une «Lettre ouverte à un futur président déjà haï », s’adressant à Macron. On y lit : « Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï. Je vous le martèle parce que, avec votre cour, avec votre campagne, avec la bourgeoisie qui vous entoure, vous êtes frappé de surdité sociale. Vous n’entendez pas le grondement : votre heure, houleuse, sur le parking des Whirlpool, n’était qu’un avant-goût. C’est un fossé de classe qui, face à vous, se creuse. L’oligarchie vous appuie, parfait, les classes supérieures suivent. (…)Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï. Et c’est dans cette ambiance électrique que, sans concession, vous prétendez « simplifier le code du travail par ordonnances ». C’est dangereux. Comme si, le 7 mai, les électeurs vous donnaient mandat pour ça. »

Il est temps de reprendre l’offensive et de dégager les solutions politiques, car le mouvement social d’en bas a besoin de perspective pour retrouver confiance en lui-même : c’est le message des 20% en faveur de Mélenchon. Il a besoin surtout que les forces qui se sont manifestées dans la campagne du premier tour en faveur de Mélenchon s’unissent au lieu de continuer leurs négociations de marchands de tapis. Alors que le PCF a soutenu la candidature de Mélenchon à l’élection présidentielle, un communiqué virulent du comité national de la France insoumise le met en garde contre l’utilisation de l’image de Mélenchon pour les élections législatives et décide d’engager des poursuites judiciaires. Laurent, secrétaire du PCF rappelle « Nous vous avons fait une proposition qui permettrait de rassembler nos forces dans le maximum de circonscriptions, sous la bannière commune la force du peuple à l’Assemblée nationale (…). Vous avez contesté puis refusé cette proposition ». De son coté, Cormand, responsable des verts (EELV), met la France insoumise en garde à ce que le « dégagisme » si cher à Mélenchon n’emporte pas toute la gauche en juin. C’est bien mal honorer le mandat que les travailleurs et la jeunesse ont confié à Jean Luc Mélenchon que de prendre ainsi le chemin d’une division, qui ne laissera comme seul alternative au peuple que celui de la violence sociale.

Car, que nos petits marquis de banlieue le sachent bien, s’ils se mettent en travers de la construction nécessaire d’une force politique se situant sur le mandat des 20% à Mélenchon, ils porteront, eux aussi,  la responsabilité directe de la violence sociale. La situation sociale française est aujourd'hui une poudrière: ne pas travailler à la construction d'une force politique démocratique et anticapitaliste, c'est faire aussi le choix de la guerre civile.

Ainsi dans notre huitième circonscription de l’Essonne, celle du sieur Dupont Aignan, ceux et celles, citoyens encartés ou non, qui ont fait le beau résultat de Mélenchon, doivent intervenir pour lever les obstacles de la division. Monsieur Dupont Aignan vient de montrer son vrai visage. Il est sérieusement touché. Pour le terrasser il faut une candidature unitaire (Mouvement de la France Insoumise, PCF, ainsi que les citoyens qui veulent que l’essai des 20% soit transformé localement). Quant aux échanges de correspondance entre Pierre Laurent et France Insoumise portant sur quelques circonscriptions du niveau "passe moi le sel, je te passerai le poivre", ce n'est pas cela que nous attendons, mais une plateforme programmatique unitaire pour les législatives et un seul candidat par circonscription.

Localement unissons-nous pour reprendre à Dupont Aignan la circonscription, puisqu’il a trahi le mandat qu’il avait reçu de  nos concitoyens. Nous n’accepterons pas d’avoir à choisir entre un candidat issu du PCF et un autre de la France Insoumise. Continuez ainsi, messieurs les promoteurs de l’irresponsabilité, et vous aurez un résultat électoral totalement éclaté dans lequel Dupont Aignan tirera son épingle du jeu.

 


Gilles Poux, membre du PCF, maire de La courneuve depuis 1996.

Gilles Poux PCF, Maire de La Courneuve : Lettre ouverte à Pierre Laurent


Lundi 1er mai 2017.


Source : http://www.gauchemip.org/spip.php?article29056



La Courneuve, le 27 avril 2017

Cher Pierre,

Les communistes sont face à un choix stratégique majeur :

Soit se mettre résolument au service de la dynamique populaire qui est née grâce à l’espoir qui se redessine dans notre peuple du fait de la formidable campagne que nous venons de vivre avec la France Insoumise.

Soit chercher à préserver des positions, une légitimité d’appareil, dans des postures de calculs à mille lieux des gens.

Pour moi, le choix est clair, c’est la première alternative qui s’impose.

Je ne me suis pas, en effet, reconnu dans les atermoiements de mon parti ces dernières années et particulièrement ces derniers mois, plus soucieux de son existence que d’être au cœur du mouvement populaire.

J’ai le terrible sentiment qu’une fois de plus, guidés par des crispations d’appareil, nous sommes en train de passer à côté de l’histoire.

Une fois de plus, car la liste des occasions manquées est longue dans notre histoire. Par exemple :

Il y a eu 1956 où nous avons préféré cacher aux communistes et aux peuples le rapport Khrouchtchev pensant ainsi préserver notre aura, nous rendant à notre corps défendant complices des crimes et déviations du régime de l’URSS

Ce fut le cas aussi au milieu des années 60 et 70 où ne voyant pas l’enthousiasmant mouvement d’émancipation populaire se dessiner avec une jeunesse en quête d’une nouvelle société, d’un monde nouveau, où ignorant la naissance de mouvements d’émancipation des femmes, nous nous sommes retrouvés à la remorque des luttes et des exigences nouvelles qui émergeaient au sein du peuple

Ce fut le cas au début des années 80 face aux mouvements des jeunes des cités populaires, filles et fils d’immigrés, quand nous les avons regardés se révolter sans vraiment en être alors que dans ces mêmes cités populaires nous avions une cellule communiste par cage d’escalier

Et que dire de l’après 2012 et de nos tergiversations avec le Front de Gauche

Que l’on ne se méprenne pas, il ne s’agit pas ici d’un réquisitoire contre le PCF, mon parti, d’autant que dans le même temps nous avons su être là dans les luttes sociales, au cœur des solidarités internationales, souvent seuls à garder l’idée vivante de la nécessaire transformation sociale.

Mais à l’évidence, nos pratiques nous ont conduits à passer à côté des mutations, des évolutions qui se dessinaient dans notre société et des exigences qui naissaient au cœur des populations. Et de fait, nous n’avons pas contribué à ce que ces possibles prennent l’essor suffisant pour devenir majoritaires et transforment la société.

J’ai été moi-même acteur de ces politiques mais nous pouvons évoluer comme quand, par exemple, Marie-George Buffet a proposé cette belle dynamique du Front de Gauche et du non au référendum sur le traité constitutionnel européen.

Alors aujourd’hui, allons-nous laisser dans la nature ces 7 millions d’électrices et d’électeurs qui se sont déplacé-e-s parce qu’elles-ils se sont senti-e-s à l’unisson d’un projet de société incarné par « l’avenir en commun » ?

Allons-nous continuer à dire que nous soutenons Jean-Luc Mélenchon mais que les communistes font leur propre campagne, alors qu’au cœur des bureaux de vote dimanche nous étions rassemblés pour représenter la France Insoumise ?

Allons-nous pour les élections législatives qui arrivent être dans des exigences déplacées, parce que partisanes, et ainsi nourrir de nouvelles divisions, incompréhensions et paralysies ?

Personnellement, je dis stop. J’en ai assez de ces gâchis.

Soyons capables enfin de nous dégager des intérêts de chapelle respectifs et acceptons pour une fois de partir, et d’être d’abord et surtout au service, mais réellement, de ces 7 millions de citoyennes et citoyens qui ont repris confiance en leur force. La force du peuple.

Soyons capables d’admettre, et ce 1er tour avec la campagne que nous venons de mener nous l’a dit avec force, que l’histoire de l’union de la gauche qui nous a bercé depuis la fin des années 60 est terminée. Une nouvelle réalité politique est en train de s’écrire. Le temps des petits calculs, des billards à trois bandes pour soit disant préserver des positions est révolu et c’est tant mieux. D’autant que le résultat de ces pratiques n’a été qu’un continuel affaiblissement. De nouvelles exigences émergent, alors soyons capables d’être ouverts à ce mouvement, inventons, faisons vraiment du neuf.

Ainsi, pour aborder les prochaines élections législatives, il est essentiel d’ouvrir la discussion entre la France Insoumise, le Parti de Gauche, le PCF, Ensemble,… avec un seul objectif : « fortifier le mouvement qui vient de s’exprimer ce 23 avril 2017 ». Nous en aurons bien besoin car ce qui sortira de ce 2ème tour des présidentielles tournera le dos, une fois encore, aux attentes populaires.

Pour cela, pourquoi ne partirions-nous pas de cette idée simple, à partir de « l’article 11 de l’alinéa 3 de la constitution actuelle » qui dit, qu’avec 185 Députés et 4,5 millions de pétitions, on peut imposer que soit organisé un référendum pour la convocation d’une Assemblée constituante et ainsi donner un prolongement immédiat et concret à notre campagne des présidentielles ?

Voilà une belle ambition.

Naturellement, ces Députés devraient représenter de manière équilibrée les forces en présence y compris en ouvrant des investitures à celles et ceux qui ne sont dans aucun parti.

Mais de grâce, ne recommençons pas à dicter les conditions comme tu le fais encore, certes poliment, à l’occasion de ta dernière conférence de presse.

Il est temps enfin de reprendre confiance en notre peuple, en notre force. Soyons ambitieux, créatifs, soyons capables de porter le bonheur.

Bien fraternellement.

Gilles POUX


Ghislaisne Zaparty, militante du PG des Pyrénées Orientales et ses amis lors d'une diffusion...

À l'attention du MFI, du Parti de Gauche, du Parti Communiste Français (PCF) et d'Ensemble

Par Ghislaine Zaparty, France insoumise et Yves Benassis, syndicaliste

Voir la liste de signataires à l’adresse source :

Source : https://www.mesopinions.com/petition/politique/avenir-commun-candidatures-unitaires-aux-legislatives/29975



 

Au soir du premier tour des élections présidentielles du Dimanche 23 Avril 2017, Jean-Luc Mélenchon a réuni sous son nom plus de sept millions de voix, soit vingt pour cent des suffrages.
 
C'est notre victoire commune et notre fierté. Si ces résultats se confirment lors des élections législatives, nous pouvons être au second tour dans de nombreuses circonscriptions et les gagner. C'est le cas dans les Pyrénées Orientales. Or la mise en concurrence de candidats du MFI et du PCF, qui soutenaient tous la candidature de Jean Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles, divise les voix sur deux candidats au lieu de les concentrer sur une seule candidature unitaire avec le risque bien réel d' envoyer à l'assemblée nationale des députés du Front National, de droite ou du Mouvement En Marche. Cela est incompréhensible pour bon nombre d'électrices et électeurs fortement attachés à la consolidation de notre avenir en commun dans un cadre unitaire.
 
Cette dynamique unitaire enclenchée lors du premier tour des élections présidentielles, qui est le résultat d'une campagne exceptionnelle portée par Jean-Luc Mélenchon et menée sur le terrain par les militants du MFI, du PCF, d'Ensemble, d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) et d'autres militants d'autres organisations ou d'aucune organisation, serait mise à mal pour les élections législatives comme pour les élections intermédiaires à venir, si vous n'êtes pas en mesure de construire des candidatures communes.
 
C'est pourquoi, nous, signataires de cet appel, nous vous demandons de bien vouloir vous réunir rapidement sur le plan départemental et sur le plan national afin d’œuvrer à la mise en place de candidatures communes pour ces élections législatives et d'une stratégie de résistance et de lutte constructive à mettre en œuvre conjointement.


Macron-Le Pen, un piège savamment organisé… au compte d’une offensive anti républicaine et anti sociale, par Jacques Cotta

Source: http://la-sociale.viabloga.com/news/macron-le-pen-un-piege-savamment-organise

Vendredi 05 mai 2017



Sommaire

Ces élections présidentielles sont conformes à la volonté de l’oligarchie politico médiatique qui a tout fait pour que le deuxième tour soit celui qui aura lieu le 7 mai. Macron-Le Pen, une affiche qui devrait consacrer le candidat du Cac40, des banques, des médias et de l’union européenne devant lequel il faudrait se prosterner au risque d’être taxés de lepénistes ou de fascistes. Toute résistance, tout refus serait un soutien direct au FN. Les partisans de Macron vont d’injonction en injonction, accusant de diviseurs tous ceux qui ne veulent se résoudre à donner leur voix au porteur officiel du programme de régression sociale de l’union européenne. Division ? Mais qui a organisé ce stratagème incroyable qui repose sur une 5ème république moribonde dont le caractère anti démocratique éclate au grand jour dans cette élection présidentielle, voulant contraindre de choisir entre deux candidats qui ne représentent même pas ensemble 40% du corps électoral.

La division, c’est le PS et la gauche bien-pensante qui l’ont organisée.

Ils n’ont de cesse d’injurier sur les « réseaux sociaux » tous ceux qui non seulement ne voteront pas Macron, mais qui même s’ils votent pour lui refusent de faire ses louanges. Après les responsables socialistes, députés, ministres, élus, après l’ancien premier ministre Valls, après Hollande lui-même, mais aussi après les Juppé, Fillon, Raffarin ou autres Madelin, après les caciques du PS ou de LR, il faudrait à tout prix dire « je vote Macron et plus, j'aime Macron ». Mais que cherchent-ils donc ? Une victoire ? Non pas seulement. Ce qui compte à leurs yeux, c’est un plébiscite pour permettre au candidat une fois élu d’appliquer sans contestation aucune le programme terrible qu’il aura évité de développer devant les français. Remise en cause toujours plus de la sécurité sociale, remise en cause aussi des retraites, remise en cause du code du travail jusqu’au bout, ubérisation de toute la société, soumission aux directives de l’union européenne, négation de ce qui reste de notre souveraineté… C’est pour tout cela entre-autres que Macron et son entourage – « gauche » et « droite » d’hier réunis- ne veulent pas qu’une seule voix ne manque. Et c’est précisément pour cela que la grande majorité des insoumis, mais aussi d’autres votants du premier tour, refuseront de se rendre aux urnes pour le second.

La division pouvait être déjouée sans difficulté. Il suffisait à ceux qui clament « vive Macron » aujourd’hui, à ceux qui proposent de « voter pour lui au deuxième tour pour le combattre ensuite », à ceux qui suggèrent de mettre toute réticence de côté car « l’ennemi, c’est Le Pen », bref il suffisait à tous ceux-là d’appeler à voter Mélenchon au premier tour pour avoir le choix au second. Voir aujourd’hui ceux-là même qui portent cette responsabilité vouloir faire la morale est à la fois pathétique et un peu énervant. Ils ont tout fait pour que le scénario soit celui-là. Monsieur Urvoas du parti socialiste, en substituant « l’équité » à « l’égalité » a interdit à Jean Luc Mélenchon, le seul à avoir fait reculer Marine Le Pen, d’être au deuxième tour. 600 000 voix manquaient. A temps d’antenne égal, Mélenchon battait Marine Le Pen ( Voir l’article de Marianne « A temps de parole égal, le deuxième tour aurait opposé Mélenchon à Fillon ». Chaque minute de parole a rapporté 668 voix au candidat de la France Insoumise, 558 à Emmanuel Macron, 517 à Marine Le Pen. Mais du 1er février au 21 avril, Mélenchon a bénéficié de 176 heures et 2 minutes de télé ou radio, Macron 245 heures et 13 minutes soit +56% et Marine Le Pen 247 heures et 22 minutes soit +58%).

La presse écrite dans son ensemble qui a consacré plus de 8000 articles à Macron de Janvier 2015 à janvier 2017, dont les plus en vue ont troqué leur carte de presse contre celle de la morale et de la bien-pensance. Tout ce beau monde fait écho au plan machiavélique de François Hollande dont Macron a été un temps le plan B. Mais la popularité du chef de l’état en a fait son plan A, son ombre portée, son double. Ils osent tous faire la leçon alors qu’ils ont travaillé de longue date à ce scénario catastrophe. Les Poutou, Arthaud, ou autre Hamon avec des candidatures de témoignage, leur quart d’heure de gloire à la télévision, feraient mieux eux aussi de garder le silence. Tous ont chacun à leur façon organisé la division et portent donc l’entière responsabilité d’un deuxième tour de dupes, car sur le fond Macron et Le Pen ne sont pas loin l’un de l’autre.

Un programme commun Macron Le Pen

Argument choc, il s’agirait de voter Macron car il incarnerait face à Le Pen « le moindre mal ». Mais sur le fond, Macron et Le Pen ont des positions communes, identiques. Et pour cause. Sur toutes les questions, les propositions du FN sont favorables à la finance et aux banques ; Par exemple :

Le FN est partisan de la mise en coupe réglée du mouvement syndical indépendant, partisan de l’amputation du code du travail, de négociations par branches et par entreprises en lieu et place de la loi au niveau national… Comme Macron.
Démagogie aidant, le FN propose l’augmentation des salaires des ouvriers (salaire net) sans augmenter le salaire versé par les patrons mais en baissant les cotisations sociales prélevées sur le salaire brut. Donc, comme tous les autres candidats du « système », Le Pen propose la baisse du salaire différé, c'est-à-dire la remise en cause de la Sécurité sociale… Comme Macron.

Voilà pourquoi les macronistes ne disent mot du fond de la question. Le Pen et Macron sont chacun à leur manière exactement sur les mêmes objectifs.

Alors que Macron vante « l’esprit entrepreneurial » et l’ambition de « devenir millionnaire », Le Pen vise à opposer les faibles aux plus faibles qu’eux pour permettre au système de perdurer. Les immigrés et la xénophobie de Le Pen trouvent là leur raison d’être.

Alors que Macron annonce la couleur en renforçant la soumission de la France à l’Union Européenne, la souveraineté nationale de Le Pen a bon dos. Le FN est déjà revenu sur « la rupture avec l’UE » dont les institutions sont prêtes à avoir à son égard la même bienveillance qu’à l’égard d’Orban en Hongrie ou du PIS polonais.

Les macronistes privilégient l’invective contre Mélenchon et la France Insoumise à la discussion sérieuse car Marine Le Pen et Emmanuel Macron divergent sur l’emballage, mais renferment sur le fond le même contenu au compte du capital et au détriment du travail. L’un et l’autre servent les mêmes maitres. Aussi critiquer Le Pen sur le fond revient à critiquer Macron sur les mêmes questions. Voilà pourquoi Macron n’en dit mot. L’histoire de la peste et du choléra… Voilà pourquoi les deux sont affligeants, d’autant plus affligeants qu’ils sont confrontés l’un à l’autre, comme dans le débat de l’entre-deux tour, qui fait l’unanimité sur sa nullité.

Un moindre mal ? Non, un mal absolu

Que signifie dans les faits la ligne Macron ? La soumission à l’union européenne dans laquelle s’inscrit la politique de Macron a une histoire. Comme l’indique à juste titre Raoul Marc Jennar, « jamais il n'a été possible de revenir sur une avancée néo-libérale depuis 1983. Jamais, il n'a été possible de revenir sur un traité européen ». Lorsque le peuple français a décidé de mettre un coup d’arrêt à cette politique d’abandon de souveraineté en votant Non au référendum européen de 2005, unis, PS et LR (à l’époque UMP) ont décidé un terrible déni de démocratie en trahissant le vote français et en adoptant en 2007 au congrès le texte qui deux ans plus tôt avait été rejeté. Les directives européennes s’imposent. Tous critiquent par exemple la directive sur les travailleurs détachés qui organise la concurrence déloyale entre travailleurs de différents pays de l'UE, sans pour autant que celle-ci n’ait été révisée. Aucune mesure anti sociale initiée par l'Union européenne n'a pu être contrariée.

Comme l’indique Jennar : « A-t-il été possible de revenir sur les pouvoirs exorbitants de la Commission européenne dont certains membres détiennent tout à la fois du pouvoir législatif, exécutif et judiciaire ? Jamais. A-t-il été possible de modifier les décisions européennes une fois qu'elles ont été intégrées dans le droit national ? Jamais. A-t-il été possible d'empêcher les opérations successives de démantèlement du droit du travail ? A-t-il été possible de revenir sur les reculades successives du régime des retraites ? ».

La position de Macron affirmant qu’ « il ne cédera rien » nous ramène aux années 80 dans la lignée de Margareth Thatcher ou de Ronald Reagan. Fort du soutien de l’oligarchie médiatico-politico-financière, c’est par ordonnance qu’il décidera de mettre en place les mesures dont il se réclame et qui en organisant la dislocation et la paupérisation du peuple français, la démoralisation et le désespoir de couches de plus en plus importantes, préparera l’avènement futur de Le Pen qu’il qualifie pourtant pour l’occasion de mal total.
L’argument du fascisme

L’argument ultime qui devrait faire accepter le programme de liquidation de Macron est celui du fascisme. Si en effet le danger fasciste menaçait avec Le Pen, il n’y aurait pas d’hésitation possible. Le vote Macron, comme le vote pour n’importe quel autre candidat se réclamant de la démocratie, s’imposerait pour sauver les libertés démocratiques, éviter la dictature. Encore faudrait-il pour être efficace que la politique suivie ne féconde pas à nouveau et avec force le ventre d’où sort la bête immonde. Que la rupture des solidarités et des protections, que la liquidation du bien commun ne jettent pas plus encore dans les bras du FN des bataillons de démoralisés.

Mais le caractère réel du FN assez rebutant tel quel nécessite-il d’en rajouter avec une caractérisation de fascisme pour le moins discutable.

Le fascisme est une forme de domination du capital qui dans une situation extrême a besoin de détruire physiquement les organisations ouvrières, les syndicats, les associations, les partis, les militants. Lorsque la bourgeoisie ne parvient plus à désamorcer les contradictions explosives de la société, ce sont les bandes armées qui doivent assurer l’essentiel, la centralisation du pouvoir d’état, la destruction des conquêtes ouvrières, la liquidation des organisations ouvrières et démocratiques, l’anéantissement des syndicats, des associations, des partis. Pour exister, pour durer, pour remplir son rôle, un mouvement fasciste doit de plus obtenir le soutien actif d’une partie significative du capital. Il lui faut avant de prendre le pouvoir avoir fait la preuve de l’efficacité de ses bandes armées, de ses milices organisées. Il faut à un mouvement fasciste avoir testé son efficacité dans des épreuves de force contre le monde salarié, contre le monde ouvrier.

Aujourd’hui, la bourgeoisie se trouve fort bien servie par les Hollande et consorts, par le PS ou les LR. Et dans les manifestations du premier mai, ce ne sont pas les chemises brunes qui dominent. Ce constat ne rend pas le FN plus agréable. Son idéologie demeure nauséabonde et la vie dans les villes qu’il dirige des plus inconfortable. Mais cela n’en fait pas pour autant un parti fasciste.

Ce n’est évidemment pas sur une analyse sérieuse que les macronistes qualifient de fasciste le front national. Il s’appuie sur des questions sociétales, sur son racisme, sur sa xénophobie. Mais cela ne fait pas un parti fasciste. Ou alors il faut élargir la liste aux LR, à Fillon, à la manif pour tous, à tout ce qui est particulièrement réactionnaire sur la question des différences, de la vie commune, des mœurs. Non, le front national n’a pas besoin d’être qualifié de fasciste pour être rejeté. Il est un parti semblable au PIS polonais, et madame Le Pen est plus proche du hongrois Orban que de Mussolini. Une fois encore, cela suffit pour un rejet franc et massif. Nul besoin d’en rajouter pour les besoins de la cause.
Une seule conclusion

Les diviseurs, les responsables de la situation sont donc clairement ceux-là mêmes qui accusent à longueur de colonnes ou de messages les citoyens qui refusent la politique ultra libérale que veut imposer Macron.
Quel que soit le résultat du deuxième tour, la crise politique, conséquence des institutions anti démocratiques de la 5ème république, va prendre un nouvel élan. C’est cela qui compte. Les élections législatives censées donner une majorité au parlement risquent fort de mener le système à une impasse. D’autant que la décision de ne voter ni pour l’un, ni pour l’autre au deuxième tour est combattante, dans la perspective de concrétiser aux législatives le rejet du système et de ses candidats, Macron et Le Pen, en votant notamment pour les candidats de la France Insoumise.
En attendant donc, sur le simple terrain électoral, Marine Le Pen dont le programme veut opposer les faibles aux plus faibles pour assurer les intérêts du capital ne peut trouver aucun appui de quiconque est attaché aux intérêts du plus grand nombre, des travailleurs, des retraités, des jeunes. Emmanuel Macron, s’il est élu, veut gouverner tout de suite par ordonnance pour faire passer le plus vite possible ses mesures de misère sociale en comptant sur l’anesthésie estivale des français. Il sera sans doute élu. Il veut un plébiscite, et donc que pas une voix ne manque. C’est précisément pourquoi son score, le plus étriqué possible, avec un nombre de bulletins blancs ou d’abstentions le plus élevé possible, pourrait être une première réponse au programme qu’il se propose de mettre en œuvre.

 


Face au Front National : réponse aux pompiers pyromanes qui ont voté Macron, par Olivier Tonneau


Professeur à l’université de Cambridge

Lundi 1er mai 2017.

Source : https://blogs.mediapart.fr/olivier-tonneau/blog/240417/face-au-front-national-reponse-aux-pompiers-pyromanes-qui-ont-vote-macron



 
Vous avez voté pour Macron et vous nous exhortez à faire barrage au Front National. Nous n’avons aucune leçon à recevoir de ceux qui sont responsables de son ascension .

Vous avez voté pour Macron et vous venez nous faire la leçon : il faut faire barrage au Front National. « Faire barrage » : les mots vous évoquent des corps tendus contre l’assaut. Vous vous imaginez en héros de la lutte pour la République. A moi, ils n’évoquent qu’un bête mur de béton qui retient l’eau qui monte. Elle n’en finit pas de monter depuis cinq ans. C’est un fait objectif : jusqu’en 2012, le vote Front National était encore flottant, versatile, contestataire. C’est le quinquennat Hollande, qui est aussi le quinquennat Macron, qui l’a vu s’enraciner. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi. L’extrême-droite monte partout dans le monde ; or il n’y a qu’une cause qui s’exerce à l’échelle de la planète et c’est la dictature de la finance dont vous venez de porter au pouvoir le zélé serviteur.

Peut-être n’êtes-vous pas convaincus ? La corrélation entre néolibéralisme et fascisme vous échappe ? C’est parce que vous vivez dans un monde imaginaire, au sens propre : un monde d’images. Vous n’êtes pas marxistes et vous ne pensez pas que les conditions matérielles d’existence déterminent la conscience. Tout est discours pour vous, comme pour le gouvernement le plus impopulaire de l’histoire de la cinquième république qui, pendant cinq ans, à chaque résistance à ses « réformes », n’a rien su comprendre sinon qu’il avait manqué de « pédagogie ». Manuel Valls s’écriait « J’aime l’entreprise » et vous avez élu l’homme qui promet de la faire aimer aux Français. Il vous a dit que les jeunes seraient heureux de travailler pour Uber pourvu qu’ils puissent rêver d’être milliardaires et vous l’avez cru. Il vous a dit que les chômeurs seraient contraints d’accepter des emplois moins bien payés et loin de chez eux, et vous vous êtes dit : voilà qui est sérieux. Vous vous êtes si bien retrouvés dans cette caricature de cadre supérieur que vous avez pensé qu’il saurait « rassembler les Français » - les rassembler dans l’amour d’un homme qui vous ressemble. Vous n’avez même pas conscience que ce faisant, vous avez fait monter le Front National.

Combattre le Front National, c’est aussi pour vous une affaire de mots. Quand Malek Boutih crie que le fascisme est à nos portes, vous vous dites : « Il a combattu le Front National ». Vous ne savez pas que le Front National puise à deux sources : la haine de l’étranger bien sûr, ce vieux fond de xénophobie raciste qui depuis toujours est la lie de la France, mais aussi la haine qu’inspire votre modèle de société haï de tous excepté vous, ce que vous sauriez si vous rencontriez qui que ce soit d’autre que vous. Vous n’avez pas voulu mettre en question votre attachement béat à une Europe qui n’existe que dans vos rêves. Vous avez dit « la dette » et « la dépense publique » et vous avez conclu : c’est impossible.

L’eau finira par déborder. Ce jour-là, que ferez-vous ? Vous n’en avez aucune idée. Vous devriez nous demander conseil. Car nous que vous accusez de ne pas faire barrage au Front National, nous faisons tout autre chose : nous le combattons – nous l’avons même en partie vaincu. Pourquoi croyez-vous que Marine Le Pen n’est pas arrivée en tête du premier tour ? Parce qu’un grand nombre d’ouvriers et d’employés qui s’étaient résolus à voter pour elle ou s’abstenir ont voté pour Jean-Luc Mélenchon. Parce que les jeunes, prétendument acquis au Front National, ont massivement voté pour Jean-Luc Mélenchon. Et pourquoi l’ont-ils fait ? Pourquoi nous ont-ils rejoint nous, et non pas vous qui avez pourtant seriné de si belles fables sur le rassemblement des Français ? Parce que nous leur avons fait espérer ce que vous n’osez plus imaginer : nous allions changer le monde.

Vous n’en avez évidemment pas conscience mais si nous avons lutté contre vous, c’est encore pour combattre le Front National. Pour faire naître l’espoir, il fallait en finir avec votre suffisance, votre incapacité à rien penser au-delà de vous-mêmes, et votre certitude que vous pouvez tirer sur la corde indéfiniment sans qu’elle ne se rompe jamais. Nous avons tâché d’échapper à la violence que vous répandez partout. La violence ? Vous êtes outrés – car chacun sait, n’est-ce pas, que la violence est de notre côté : dans notre hostilité aux riches et dans les mauvaises manières de Jean-Luc Mélenchon. Vous ne comprenez pas que la violence, c’est quand un être humain pensant, sensible, est nié dans son humanité par un vulgaire Macron qui croit qu’il est acceptable de parler aux gens pour ne rien dire. Il est mille fois plus insultant de s’entendre dire « penser printemps » que de s’entendre appeler « les gens ». Il est mille fois plus violent de dire « je suis pour la France qui ose » que de répondre « si vous élisez cet homme, vous allez cracher du sang ». Il n’y a pas de violence plus grande que de prendre les gens pour des imbéciles.

Vous, si fiers d’aller dans quinze jours faire barrage au Front National, ne vous rendez pas compte que vous êtes son fidèle allié. Vous n’avez aucun reproche à nous faire, aucune consigne à nous donner. Nous ne sommes pas votre voiture-balai, nous n’avons pas à ramasser les débris de la société à mesure que vous la détruisez.

Que ferons-nous dans quinze jours ? Pour moi, ma décision est prise. Ceux à qui il m’importe qu’ils la connaissent, la connaissent. Quant à vous, je n’ai rien à vous dire et je remercie Jean-Luc Mélenchon de n’avoir pas sauté dans le cerceau comme une bête de foire. Nous trancherons à notre heure et si vous vivez quelques jours d’inquiétude, tant mieux : voyez en face le désastre dont vous êtes responsables. Se pourrait-il qu’une prise de conscience se fasse ? Je n’y crois pas. Je vous connais trop bien pour ça. Eh bien tant pis : nous aurons au moins jeté une ombre sur votre irresponsabilité confite en ses certitudes et votre mouvement qui marche si bêtement à contretemps de l’Histoire.

Pendant les cinq prochaines années, l’histrion que vous avez porté au pouvoir continuera l’œuvre de dissolution sociale de ses prédécesseurs. Mais qu’on se rassure : le Front National n’aura pas le dernier mot. Non grâce à vous mais grâce à nous qui en cinq ans avons réduit des deux tiers la distance qui nous séparait de lui. Détenteurs de l’avenir en commun, nous assumerons nos responsabilités face au Front National et malgré vous.


Cambadélis annonce la “mort” du PS pour refonder le parti, Par Juliette Redivo

Source : A lire sur lelab.europe1.fr

Le mardi 2 mai 2017



Le PS est mort, et ça c’est le patron qui le dit : “Le parti d’Epinay est mort et bien mort”, a annoncé ce matin Jean-Christophe Cambadélis, le Premier secrétaire du mouvement politique, sur RFI. Cela n’a rien d’une surprise : après l’échec cuisant de Benoît Hamon au premier tour des présidentielles (6,36%) et les nombreuses scissions internes depuis la moitié du quinquennat Hollande, entre les frondeurs ou ceux qui ont suivi Emmanuel Macron et son mouvement En Marche !, la fin du parti socialiste était prévisible. “Il est clair qu’il faudra une reconstruction voire une refondation”, a ainsi déclaré Cambadélis à la radio.

Et pour une fois depuis longtemps, les ténors sont d’accords pour en finir. C’est “la fin d’une histoire”, “d’un cycle”, disaient déjà Benoît Hamon, Manuel Valls, ou bien Stéphane Le Foll dès le 23 avril.

Vers une refondation du PS

Et les travaux vont commencer dès les législatives : “On va commencer d’emblée, c’est-à-dire que nous n’allons pas attendre un congrès de refondation dans un an ou je ne sais quand. Dès les élections législatives, nous allons renouveler profondément à la fois notre plateforme et surtout les candidats que nous présenterons dans cette élection. On ne reconnaîtra plus le Parti socialiste. Il y aura des nouveaux candidats partout”, annonce le Premier secrétaire.

La mouvance de gauche à plusieurs choix. Elle peut s’appuyer sur la ligne majoritaire obtenue lors du dernier congrès de Poitiers, en 2015 : les pro-Hollande avaient obtenu la légitimité du congrès, face aux frondeurs, notamment emmenés par Christian Paul, qui critiquait ouvertement la loi Macron ou la politique de Manuel Valls.

Elle peut également suivre la ligne conductrice édictée lors de la primaire de la Belle Alliance Populaire. Dans ce scrutin ouvert, qui consiste à consulter les adhérents socialistes sur certaines décisions, c’est Benoît Hamon qui avait obtenu la majorité, et les adhérents demandaient un positionnement plus à gauche et plus critique envers le quinquennat de François Hollande. Manuel Valls avait donc été battu au second tour à 41% des voix.

Une troisième option, celle d’un ralliement avec le parti écologiste, ne semble pas déplaire à Cambadélis : “tout ce qui permet de construire la social-écologie me semble positif”. Une alliance avait déjà était possible grâce à l’accord entre Benoît Hamon et Yannick Jadot, mais encore faut-il savoir quelle ligne prendra ce “nouveau” PS.


Appel concernant le deuxième tour des présidentielles, contre "le pacte républicain" bâti autour d'Emmanuel Macron, A l'initiative de syndicalistes...

Source : http://la-sociale.viabloga.com/news/appel-concernant-le-deuxieme-tour-des-presidentielles-contre-le-pacte-republicain-bati-autour-d-emmanuel-macron

Lundi 01/05/2017




Nous publions ci dessous un appel émanant de syndicalistes qui analysent le second tour des élections présidentielles et qui se situent sur le terrain de la démocratie et de la défense des intérêts matériels et moraux des citoyens. Nous le livrons ainsi à la discussion. Dans cette question électorale, ce sont des questions de principes de fond qui sont posées... Par La Sociale

Comité de liaison pour l’unité de Trappes & Environs (CLUTE) 28 avril 2017

Correspondants : Langlet Denis (denislanglet@live.fr) et Reix Gérard (gereix@gmail.fr)

Le texte ci-dessous est à l’initiative du CLUTE (Trappes) réunissant des syndicalistes locaux, de l’industrie, des services publics, de l’enseignement, des démocrates. Il est soumis à votre réflexion et si accord à votre signature, à nous envoyer par e-mail

Tout d’abord, nous sommes indignés par la campagne méprisable menée contre M Mélenchon et son mouvement La France Insoumise. De quel crime sont-ils accusés ? De ne pas s’être ralliés dès le soir du premier tour à l’appel à voter Macron comme l’ont fait en particulier, Ms. Hollande, Sarkozy, Fillon, Valls, Gattaz, Berger… Cette campagne, ponctuée de calomnies et de sous-entendus tente de discréditer l’équipe de J-L Mélenchon et de faire taire et peur à ses électeurs.

Par le texte ci-dessous, nous voulons donner les raisons pour lesquelles le plus grand danger qui menace la classe ouvrière et nos revendications sociales et démocratiques seraient que les organisations notamment syndicales soient intégrées dans le «pacte républicain » que les principaux responsables politiques tentent de bâtir autour de M. Macron.

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle ont confirmé l’élimination des responsables de la mise en œuvre de la politique d’austérité poursuivie, politique rejetée et suscitant même la colère. La puissance du rejet de cette politique toute entière au service des actionnaires ne manquera pas de se manifester à nouveau et constitue la première et la plus grande crainte de tous les sortants.

Après l’élimination des sortants Sarkozy, Juppé, Valls, l'auto élimination de Hollande en raison de son impopularité, le bilan du premier tour est spectaculaire : les deux premiers partis institutionnels, le PS et LR sont battus et leurs candidats, Hamon et Fillon, éliminés.

Depuis des années, les besoins fondamentaux de la population sont sacrifiés par la priorité donnée par les sortants à la satisfaction des exigences financières des sociétés transnationales et des banques.
Les résultats sont catastrophiques : plus de 10 millions de pauvres, un chômage inégalé à plus de 6 millions, une précarité généralisée et imposée à toutes les nouvelles générations, des vies de famille sacrifiées par la mobilité imposée, les bas salaires généralisés et la remise en cause de tous les acquis sociaux collectifs. Cela ne leur suffit pas, rien ne doit s'opposer à leur avidité destructrice et court-termiste.
Les dirigeants patronaux l'ont dit et répété. « La France a besoin d'un traitement de fond et de choc » et de dresser la liste des mesures à prendre par le futur gouvernement. Remise en cause de la Sécurité sociale, « achever la destruction du Code du travail, poursuivre la baisse du coût du travail et la dislocation des services publics » dixit M. Denis Kessler patron des assurances Scor et bien connu pour être le pourfendeur du modèle social « français ». Le président du Medef, M. P Gattaz insiste sur les mesures à prendre « celles de Fillon sont les plus détaillées » et « celles de Macron vont dans le bon sens » « Il faut aller très vite…on doit faire passer (ces mesures) par ordonnances. »

Nous le savons, s’il reste encore aujourd’hui le Code du travail et des conventions collectives, c’est parce que, mobilisés avec leurs organisations syndicales CGT et FO, les syndiqués de ce pays ont pendant des mois combattu la loi Travail, exprimant la volonté de l’écrasante majorité de la population.

C’est dans ce contexte que tous cherchent, en dernier recours, à précipiter la classe ouvrière et la démocratie dans un piège : celui du 2nd tour pour lequel restent en lice M. Macron et Mme Le Pen.

Mme Le Pen et son parti ont une politique bien connue de nous tous, celle de la division des salariés selon leur origine. De ce point de vue-là, le racisme n’est rien d’autre, dans tous les pays du monde, qu’une arme de plus aux mains des grands possédants pour imposer aux travailleurs les plus fragiles, les travailleurs immigrés, particulièrement ceux originaires du Maghreb, stigmatisés d’islamistes, des conditions de travail dégradée et des salaires inférieurs. Le patronat est gagnant à double titre de cette mise en concurrence et de cette division des travailleurs; d’une part, ils peuvent surexploiter ces travailleurs sans se heurter à une solidarité ouvrière puissante et d’autre part, ils disloquent le mécanisme de l’ascenseur social dont toutes les générations ont bénéficié depuis 1945.

Les ouvriers non qualifiés (dont 75 % sont des travailleurs immigrés) constituent le moteur de cet ascenseur social. En effet leur mobilisation et leur taux de syndicalisation ont permis que soient arrachées et préservées les conventions collectives et le principe de faveur assurant aux travailleurs une progression de leurs conditions d’existence.

Profitant du rejet des partis institutionnels qui, par l’alternance politique, appliquent la politique actuellement majoritairement rejetée, Mme le Pen et son parti tentent de se présenter comme « anti système » alors qu’ils sont les bénéficiaires de celui-ci.

Sur toutes les questions, les propositions du FN sont favorables à la finance et aux banques et ne remettent pas en cause les institutions anti-démocratiques de la Vème République ; ainsi le FN propose l’augmentation des salaires des ouvriers (salaire net) sans augmenter le salaire versé par les patrons. Par quel miracle ? En baissant les cotisations sociales prélevées sur le salaire brut. Donc Mme Le Pen comme tous les autres candidats du « système » propose la baisse du salaire différé, c'est-à-dire la remise en cause de la Sécurité sociale.

En conséquence, bien entendu aucun d’entre nous n’apportera sa voix à Mme Le Pen.

La quasi-totalité des responsables politiques affirment que la présence de Mme Le Pen au 2nd tour exige que tous les électeurs votent Macron. Tous : riches et pauvres, grands patrons et salariés, quels que soit leur choix devraient s’y plier. Il nous faudrait ainsi tous nous rallier à Macron, promoteur actuel de la politique de déréglementation, de rigueur et de soumission à la banque.

Le même scénario nous a été imposé en 2002. En nous appelant à voter massivement Chirac contre Le Pen, les capitalistes et les banquiers ont obtenu que la politique anti ouvrière de déréglementation soit accélérée. Chirac a pu conduire cette politique.

Or, ce sont les conséquences socialement désastreuses de cette politique qui nourrissent l’organisation de Mme Le Pen. Accepter cette union sacrée autour de Macron reviendrait en plus à favoriser les conditions de la montée de l’extrême droite.

Après 2002 et la réalisation du front républicain anti- le Pen, le FN et Le Pen ont-ils disparu ? Si l’union sacrée venait à se réaliser en 2017, alors gageons que le FN remporterait de plus grand succès encore.
 

Et qui est M. Macron ?

Sitôt connue, la présence de M. Macron au second tour a été saluée par les Bourses dans toute l’Europe … Ainsi M. Macron serait donc pour les spéculateurs et les financiers du monde entier une garantie pour leurs activités funestes.

Membre du Parti Socialiste qu’il quitte pour entrer au service de la banque Rothschild, considéré par le Président Hollande comme son propre «fils », rédacteur de tous les projets de loi de destruction des acquis sociaux depuis 5 ans, M. Macron a été récompensé par le président Hollande qui l’a nommé ministre. M. Hollande a promu M. Macron candidat de la « nouvelle gauche » afin de tenter d’assurer la poursuite de sa politique, elle-même aggravation de celle de son prédécesseur, M Sarkozy. Depuis se constitue autour de la candidature Macron une alliance qui va de la droite la plus réactionnaire à la gauche de la gauche sans oublier la CFDT et le patronat.

Répétons le M. Macron est le fer de lance actuel de l’ubérisation de toute la société. L’ubérisation, c’est, au nom de la liberté individuelle, livrer les nouvelles générations à l’exploitation et à l’arbitraire des employeurs sans la garantie des protections collectives. Le code du travail que M. Macron veut achever de détruire est le protecteur des exploités.

Partisans de la paix, opposants farouches au racisme et à la division des salariés, viscéralement attachés à la démocratie, fondement de l’égalité de droit, nous sommes depuis des années engagés dans une mobilisation pour mettre fin à la politique destructrice dont M. Macron entend ouvertement être le continuateur, et pour en finir avec le système anti démocratique de la Vème République.

C’est pourquoi, nous ne porterons pas nos suffrages sur M. Macron incontestablement un candidat de la Banque.

Nous, signataires de cet appel, appelons à constituer ou à renforcer partout, dans chaque localité quelle que soit leur forme (comité pour l’unité, comité pour la défense des acquis de 1936 et 1945, comités de liaison, comités des insoumis…) des groupements unitaires agissant pour qu’un coup d’arrêt décisif soit porté à la politique actuelle.

Le rejet de cette politique grandit chaque jour. Le spectaculaire résultat électoral de la France Insoumise avec plus de 7 millions de votants pour JL Mélenchon, la déroute des deux principaux partis de l’alternance, l’opiniâtreté et la puissance des mobilisations locales et nationales, le positionnement de la CGT et de FO dans une attitude unitaire salutaire, l’échec de la tentative à l’occasion du 1er mai de faire à nouveau de la CFDT le pivot de la lutte contre les syndicats ouvriers indépendants et le levier de la trahison des mouvements sociaux sont autant de preuves qu’il est possible par l’unité et la solidarité ouvrière d’infliger une totale défaite aux partisans de la politique actuelle.

Premiers signataires :

Battais Jean Pierre syndicaliste métallurgie 78, Benedetti René syndicaliste Métallurgie 78, De St Martin Elisabeth syndicaliste enseignement 78, Fassié Chantal syndicaliste enseignement 84, Jacquemin Hélène syndicaliste enseignement 78, Langlet Denis syndicaliste interpro 78, Malinosky Michèle syndicaliste enseignement 78, Pinet Jean Marc syndicaliste métallurgie 78, Reix Gérard syndicaliste interpro 78, Vialle Jean Pierre syndicaliste métallurgie 78/91


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