Blog de Robert Duguet - Septembre 2017 /contact:

« Le césarisme de Macron ne peut pas tenir, il n’a pas de base sociale ; mon césarisme l’emportera ! » Jean Luc Mélenchon

Après la manifestation de France Insoumise du samedi 23 de Bastille à République, on fait quoi ? On travaille au « Tous ensemble » ou on tape sur des casseroles ? par Robert Duguet



C’est incontestablement une manifestation massive qui a regroupé plusieurs dizaines de milliers de travailleurs de toutes générations et de jeunes. 150 000 ou 100 000 ou 80 000, peu importe… Elle a été appelée dans des conditions sociales et syndicales précises. A l’étape actuelle, les conditions de l’unité pour s’opposer efficacement à la politique de Macron, ne sont pas réunies. L’offensive contre l’ensemble des conquêtes ouvrières et démocratiques, qui vont chercher leurs racines, dans un rapport de force éminemment favorable au mouvement ouvrier à l’issue de la seconde guerre mondiale, est dictée par le néo-libéralisme, le MEDEF et l’Union Européenne. Elle cherche à reprendre tout ce qui avait été concédé par une classe ouvrière offensive. Si nous ne voulons pas tout perdre, on ne peut pas faire l’économie de la construction d’un « tous ensemble ». Partir au combat secteur par secteur ne suffira pas à faire reculer le gouvernement. Par ailleurs le « tous ensemble » pour le retrait des ordonnances contribuera mais ne règlera pas la question d’une alternative anticapitaliste.

Il faut apprécier la différence entre la première manifestation de la CGT le 12 septembre, entrainant 50 Unions Départementales de la CGT-FO, malgré la position de Mailly et celle du 21 : on note une baisse de la participation. Cela signifie t’il que le mouvement social recule ? Les salariés qui ont ou pas participé aux manifestations savent très bien que l’obstacle est de nature politique. Il faut l’unité. Malgré l’extrême faiblesse du gouvernement, confirmée d’ores et déjà par les résultats de la République en marche aux élections sénatoriales, Macron reste droit dans ses bottes. Et il le restera tant qu’il ne sera pas menacé par un mouvement d’ensemble de la classe ouvrière et de la jeunesse.

Le changement de stratégie de Jean Luc Mélenchon tient compte de ce fait. Dans la campagne présidentielle il entraine ses troupes sur la ligne du national-populisme et interdit toute démarche dans la législative de construction d’un front pluraliste de rupture avec le néo-libéralisme, sur fond de drapeaux bleus blancs rouges et de marseillaise. Cela ne veut pas dire qu’il a rompu avec cette dérive. La composition de la manifestation était très hétéroclite : outre les secteurs militants de la gauche radicale qui la composait, cette manifestation signifie que des dizaines de milliers de travailleurs et de jeunes gens se posent le problème d’une alternative politique. La tâche immédiate étant que les obstacles internes au mouvement syndical pour le « tous ensemble » soient levés.

Mélenchon propose une manifestation d’un million de personnes sur les Champs Elysées. Bien. Position qui fait litière des sornettes populistes dont il nous a gavé précédemment : la "construction d'un peuple" n'a pas de base sociale, la seule base de masse sur laquelle J.L. Mélenchon peut s'appuyer, bien qu'il ait fait les plus grands efforts pour s'en dégager, c'est le salariat, le "peuple de gauche", la jeunesse.  Le refus des accords qualifiés de « tambouille » entre organisations différentes pour atteindre l’objectif d’une majorité politique dans le pays, c’est prendre la responsabilité de la division. Le combat pour l’unité se gagne de la base au sommet.

Il propose que les syndicats prennent la tête et il suivra derrière. Après avoir demandé que le peuple veuille bien déferler au jour et à l’heure décidée par le leader maximo, le voici qui donne des conseils aux organisations syndicales. Mettez-vous d’accord et je vous suivrai. 1 millions de travailleurs sur les Champs Elysées, soit ! ça arrive tard, mais ça arrive. Unité sur quel mot d’ordre ? il me semble que c’est la question de l’abrogation des ordonnances qui doit être au centre. Ce n’est pas précisé : contre le coup d’état social, c’est vague. C’est une perspective sérieuse dont il faut discuter et surtout l’organiser. Cela implique que ceux qui sont en capacité de mobiliser les travailleurs sur un objectif précis se mettent autour de la même table pour définir la marche à suivre.

Toutefois une manifestation de 1 million contre le gouvernement, c’est l’opposition frontale nécessaire à Macron et au MEDEF, cela n’a rien à voir avec un concert de casseroles pour empêcher le gouvernement de dormir, puisqu’il a aussi fait cette proposition. Tapez dans vos casseroles et Macron mettra des boules quies !

 


L'appel du maire de Gennevilliers...

Cessons de tout gâcher : construisons ! par Patrice Leclerc 


Maire de Gennevilliers, conseiller général des Hauts-de-Seine

Source : Cerises 333

 


Sommes-nous  condamnés  à   ne   pas   nous   entendre,    nous   qui souhaitons  faire la révolution ? L’actualité pourrait le laisser  croire, après  une période électorale où, la gauche radicale a fait son meilleur score du siècle avec Jean-Luc Mélenchon, et la gauche dans  son ensemble son plus mauvais score  depuis  1936.  Faut-il se  laisser aller, entre  nous, à une guerre  des  boutiques,  des  petites  phrases assassines, des  méfiances  mutuelles paralysantes ? J’ai la naïveté de penser qu’il nous faut éviter ce piège.

Aucune organisation  aujourd’hui n’est la forme aboutie  de l’organisation utile pour cette  révolution citoyenne  que  nous  appelons de nos  vœux. FI, le PCF ou Ensemble peuvent le prétendre, mais ce n’est pas la réalité. Reconnaissons cependant à FI sa capacité à marquer les consciences dans une période où ni Ensemble, ni le PCF n’en sont capables.
Devons-nous   passer notre  temps   à  décrire  la  paille  dans  l’œil du  voisin, ou à travailler les  convergences, dépasser les  rancœurs qui n’ont de  sens qu’entre nous et non dans le travail militant avec les citoyennes et les citoyens. S’engager dans  une concurrence partidaire est mortifère pour tout le monde. Cherchons le dépassement par le haut !

La force de l’addition de la fraîcheur et de la combativité des groupes FI et GDR à l’Assemblée nationale est  utile à toutes  et tous. Notre capacité à dépasser les oppositions pour construire sur le terrain des convergences d’idées, d’actions, de débats peut  permettre  de dépasser les obstacles, redonner  de l’horizontalité au mouvement  émancipateur.  Notre participation  aux initiatives des  uns et des  autres  est utile pour marquer cette  volonté d’unir sur un objet commun de lutte.
Faisons  des  expériences de  militances  communes,   sans   d’autres  arrières pensées que  de  faire gagner   le  peuple  en  lui permettant   de  maîtriser  le “cours des  choses”.  Cette  expérience  commune  sera  utile pour construire  du commun !

 


« Le césarisme de Macron ne peut pas tenir, il n’a pas de base sociale ; mon césarisme l’emportera ! » (Jean Luc Mélenchon)

Limites et écueils de la tactique populiste de Jean-Luc Mélenchon

Source : Politis, n° 1469, du 14 au 20 septembre 2017 dans le cadre d’un dossier sur « Le populisme peut-il sauver la gauche ? »
https://www.politis.fr/editions/1469-le-populisme-peut-il-sauver-la-gauche-34077/ –


 

La tactique revendiquée comme « populiste » de Jean-Luc Mélenchon, à distinguer du caractère composite de La France insoumise, utilise de vieilles recettes politiciennes, aggravées de risques inquiétants,  
Entretien de Philippe Corcuff avec Pauline Graule.


Entretien.

 

Politis : Le populisme, au sens de Laclau et Mouffe, mis en œuvre pendant la présidentielle par Jean-Luc Mélenchon a-t-il le mérite de relancer le débat intellectuel dans la gauche française ?

Philippe Corcuff : Cela redonne de la matière intellectuelle à une gauche qui a peu rediscuté de ses bases théoriques depuis le début des années 1980. C’était pourtant nécessaire après l’enlisement social-libéral du PS à partir de 1983 et la chute du mur de Berlin en 1989. Néanmoins, il me semble que la référence positive au populisme par Mélenchon demeure tactique et aborde peu la question stratégique de fond. On en reste au traditionnel « comment gagner les élections ? ». Mais « occuper » le pouvoir ne signifie pas lancer une dynamique d’émancipation enclenchant une sortie du capitalisme.

La stratégie anticapitaliste a été polarisée, historiquement, entre une voie dite « révolutionnaire », passant par une rupture violente, et une voie dite « réformiste », passant par une méthode parlementaire. Les deux ayant échoué, il pourrait être judicieux d’en explorer d’autres. La tactique populiste de Mélenchon est simplement une façon de repeindre la vieille voie réformiste : le changement social par les élections ! Elle l’adapte à la personnalisation de la Ve république. L’usage des travaux de Laclau et Mouffe contribue à donner de la légitimité intellectuelle à cette recette usée, en ce qu’ils insistent sur le rôle nécessaire du leader dans « la construction du peuple ».

Politis : La tactique de Mélenchon repose sur un constat : face à l’urgence climatique et sociale, pas le temps de lancer une réflexion d’ampleur !

Certes, mais cela maintient l’écart classique dans la politique traditionnelle entre l’aspiration à la victoire électorale et l’aspiration à une démocratie radicale. Mélenchon a eu beau dire qu’il partirait une fois que serait mise en place la VIe République, comment croire ce qui ne s’est jamais vu ? En outre, la tonalité populiste de la campagne a appauvri la vision du conflit. Dire qu’il n’existe que deux camps – l’oligarchie et le peuple – constitue une vision binaire et simpliste d’une réalité travaillée par une pluralité de conflits emboîtés : de classe, de genre, postcoloniaux, etc. De même, se concentrer sur les médias et sur les élites politiques en accusant des personnes revient à appauvrir la critique sociale. D’une part, cela sous-entend que, si on « dégage » les personnes, on règle le problème, comme s’il n’y avait pas de structures sociales. D’autre part, cela risque de renforcer l’imaginaire conspirationniste : il y aurait surtout de méchantes personnes qui manipuleraient dans l’ombre. Enfin, cultiver le ressentiment, me semble délétère.

L’apport éthique de la théorie de l’exploitation de Marx, c’est de convertir les frustrations sociales en un positif : la dignité des travailleurs dans la dynamique vers un monde meilleur. Le discours de Mélenchon a pour l’instant du mal à embrayer sur un tel positif. Son populisme a donc au moins deux écueils : il participe à déplacer l’imaginaire de la gauche dans le sens de l’aigreur, voire du conspirationnisme, et il reconduit une logique électoraliste-réformiste qui s’est montrée historiquement peu apte à transformer en profondeur la société.

Politis : Ne voyez-vous donc aucun atout à La France insoumise ? Par exemple dans sa tentative de renouer avec les classes populaires…

Je ne réduis pas la France insoumise à la stratégie populiste de ses dirigeants ! La FI est bien plus composite que la ligne portée par Mélenchon. Parmi les quelques 500 000 personnes qui ont cliqué sur le Net pour soutenir le mouvement, on trouve des personnes fort diverses. Concernant les classes populaires, je crois que la FI, pour l’instant, n’a pas remporté son pari. On parle au nom du peuple, mais les paroles populaires sont peu présentes. L’aigreur qui s’est exprimée dans la campagne présidentielle est davantage celle de couches moyennes en mal de reconnaissance sociale. En 2007, Ségolène Royal avait davantage mobilisé les classes populaires et réduit l’abstention et le vote ouvrier pour le FN que ne l’a fait Mélenchon cette fois-ci.

Par ailleurs, il peut tout à fait y avoir, au niveau local, de l’imagination qui se déploie à travers la FI, indépendamment de la stratégie de ses dirigeants. Aux débuts du NPA, on trouvait aussi de l’imagination débordant des cadres, et puis le mouvement s’est essoufflé et embourbé… Ce que l’on voit depuis vingt ans, à gauche, c’est qu’aucun mouvement ne dure vraiment : on ne sait pas encore ce qu’il en sera de la FI.

* Entretien paru sous le titre « La recette de la France Insoumise est usée » [titre de la responsabilité de la rédaction de Politis]

Les pistes brèves présentées dans ce court entretien pour Politis ont bénéficié d’un débat public à Buenos Aires avec deux spécialistes du « populisme » en Argentine et, au-delà, en Amérique latine : le chercheur en science politique Gerardo Aboy Carlés (par ailleurs spécialiste de la théorie politique d’Ernesto Laclau) et l’historienne Mariana Garzón Rogé sur « ¿ Qué es el populismo? Miradas cruzadas Latinoamérica y Europa », table-ronde modérée par le sociologue Gabriel Nardacchione, le 16 août 2017, http://www.alianzafrancesa.org.ar/cultura/debates-y-pensamiento/ciclo-de-dialogos

 


Les sénatoriales donnent un coup d’arrêt à La République en marche,

par Hubert Huertas

25 septembre 2017

Source : https://www.mediapart.fr/journal/france/250917/les-senatoriales-donnent-un-coup-d-arret-la-republique-en-marche...

 


La France s'éveille, en ce lundi, avec un pouvoir faible et une opposition sans force. Les sénatoriales ont remis Macron à sa place, mais la manifestation de samedi a réduit la déferlante France insoumise aux dimensions d'un gros meeting. Pourtant, le mouvement social contre les ordonnances est appelé à s’amplifier. 

Pour une fois, les élections sénatoriales vont servir de baromètre au climat politique. D’ordinaire, elles mesurent l’air du temps passé, au mieux l'ambiance des municipales d’il y a deux ou trois ans, dans des conciliabules plus proches du scrutin censitaire que du suffrage universel. Mais cette année tout se passe comme d’habitude et c'est une sensation.

Par leur absence de surprise, ces élections jouées d'avance viennent souligner les illusions perdues d'une « République en marche ». L'effet Macron, qui devait tout emporter, a calé sur le symbole le plus anachronique de « l'ancien monde ». Le scepticisme, nourri par la réduction des emplois aidés, la baisse des dotations aux collectivités locales, ou la réforme de la taxe d’habitation, a ramené les grands électeurs vers leurs balises traditionnelles : la droite classique et le centre sont passés de 142 à 159 élus, le PS a limité la casse en conservant 80 sièges sur 86, et le PC pourra former un groupe .

En juin, En Marche espérait attirer par dizaines les orphelins des partis soufflés par la présidentielle ; au début du mois de septembre, le mouvement en escomptait encore 40 ; dimanche soir, à l'issue du scrutin, il se consolait en décomptant ses fidèles dans leur enclos initial (27 sièges contre 29), et en soutenant que cette élection n’était pas faite pour lui. L’effet d’aspiration qui a propulsé des centaines de députés à l’Assemblée n’a pas joué sur les grands électeurs.

Cette incapacité à déclencher sur le Sénat le même cyclone qu’à l’Assemblée est d’autant plus symptomatique que cette institution demeure l’« anomalie démocratique » relevée par Lionel Jospin en 1998. Le mode de désignation des sénateurs est étranger au quotidien des Français. Dans leur écrasante majorité, les électeurs ne savaient même pas qu'une élection s'y déroulait.

Il faut dire que cette affaire se négocie entre initiés. Les sénatoriales désignent de grands notables choisis par leurs semblables, parfois petits, parfois puissants, dans un réseau d’influence. Ils disposent d’un pouvoir impalpable, qui se réduit pour l'essentiel à bloquer les réformes constitutionnelles. Sanctuarisé dans un palais magnifique, le Sénat vit à l’abri du quotidien, organisant même entre amis des caisses noires et des ristournes (lire ici les révélations de Mathilde Mathieu), mais son rôle est parfois important : son président est le second personnage de l'État, de Gaulle en a fait les frais, et tous ceux qui ont tenté, à sa suite, de le ranger au musée des objets anachroniques s’y sont cassé les dents.

Dès qu’on effleure ses prérogatives, le Sénat dégaine son argument majeur : le malmener serait s’en prendre à la France des champs. Toucher à ses moquettes ou ses tapis et tapisseries reviendrait à piétiner la glaise des territoires. Cela dure ainsi depuis des lustres : installé dans son palais du Luxembourg, ce châtelain de la République revendique la charge de métayer.

Renouvellement des sortants, y compris des anciens ministres éjectés en masse au printemps, résistance des socialistes écrabouillés en juin, bonne tenue du Parti communiste malmené il y a trois mois, poussée de la droite qui parade comme avant la chute de François Fillon, le bilan de la majorité présidentielle est donc aux antipodes du raz-de-marée législatif.

Christophe Castaner, l’omniprésent porte-parole du gouvernement, pourra toujours expliquer en long et en large que ce résultat était couru d’avance, il ne date que des déboires d’Emmanuel Macron et fait donc figure de coup d’arrêt. Un échec qui préfigure de futures difficultés.

L’une des grandes incertitudes était de savoir si le renouvellement sénatorial permettrait au Président d’atteindre le seuil des trois cinquièmes de parlementaires nécessaires à l’adoption d’une réforme constitutionnelle. La réponse est négative. La réduction du nombre de députés et de sénateurs, ou la limitation du nombre de mandats dans le temps, ne seront pas simples à obtenir, sauf à passer par un référendum. Or un référendum est un grand risque quand le Président est fragile.

C’est le cas d’Emmanuel Macron.

La fin d’une Macronie qui se croyait toute-puissante est actée depuis hier. Est-ce à dire que l’heure de son principal opposant, La France insoumise, a sonné depuis samedi ? Rien ne l’assure.

Le 4 juillet à l’Assemblée nationale, lors du vote de la confiance au nouveau gouvernement, Jean-Luc Mélenchon avait lancé un défi et un avertissement (écouter ici) : « Nous ne voulons pas être seulement votre opposition. Nous nous présentons comme l’alternative au monde que vous représentez. Il faut qu’il y en ait une. Car le sol se dérobera bientôt sous vos pieds. »

Le 27 août, à Marseille, il avait précisé sa pensée : « Le 23 septembre prochain, il faut que le peuple déferle à Paris contre le coup d'État social, antidémocratique qui s'organise contre lui. »

Des paroles fortes, reprises dans le discours politique et dans tous les médias. Le verbe « déferler » et l’expression « coup d’État social » sont entrés dans le vocabulaire commun, un peu comme la formule « des pudeurs de gazelle » s’était installée depuis l’un des débats d’avant le premier tour. Cette capacité à poser des balises sémantiques dans le flux médiatique est l’une des forces de Jean-Luc Mélenchon. C’est aussi l’une de ses faiblesses. Car parler haut implique d’agir à la même dimension.

Or le sol politique s’est bel et bien « dérobé sous les pieds » du nouveau pouvoir, mais sans consolider l’assise du mouvement qui se réclame des « gens ». Samedi, le peuple de France n’a pas déferlé à Paris. 150 000 personnes selon les organisateurs, 30 000 selon la préfecture, 60 000 selon un décompte du magazine Marianne, la guerre des chiffres n’a pas grande importance. Car même à hauteur du double, même à 300 000 personnes selon la police, la manifestation voulue par le porte-parole de La France insoumise, et rejointe par une bonne partie de la gauche et des syndicats, n’aurait pas « déferlé ».

« Déferler » pour faire reculer le gouvernement voudrait dire qu’on a atteint les niveaux évoqués samedi par Jean-Luc Mélenchon quand il a rappelé les échecs d’Alain Juppé ou du CPE, c’est-à-dire au-delà du million selon la police, et de trois millions selon les organisateurs. Nous en sommes loin, et le chef de file de La France insoumise le sait si bien qu’il a transformé son bilan mitigé en perspective irrésistible. Le déferlement est renvoyé à plus tard, sur les Champs-Élysées, avec la promesse d’un million de manifestants.

Dans cette affaire, les deux duellistes, le chef de l’État et celui qui se pose en Président de la Rue publique, ont présumé de leurs forces. Le premier dans une mise en scène à l’américaine, avec cette signature des ordonnances sous l’œil des caméras, en l’absence spectaculaire du Premier ministre, le second en se laissant emporter par son lyrisme pour décréter, contre toute vraisemblance historique, que « c’est la rue qui a abattu les nazis ».

Il faut se méfier de la bête médiatique, et d’autres en ont déjà fait l’expérience, comme Nicolas Sarkozy : à force de nourrir la machine, on se fait dévorer par elle, parfois pour des « trucs à la con » comme dirait François Ruffin.

La République en marche s’est donc pris les pieds dans le tapis de l’ancien monde, et la fronde politique contre la loi sur le travail a du mal à cristalliser. Est-ce à dire que le mouvement social patine pour de bon et que la question des ordonnances est maintenant dépassée ? Sans doute pas.

Si l’opposition à la réforme du code du travail ne s’est pas incarnée, ou pas encore, dans les cortèges traditionnels, elle touche à des points trop sensibles, et trop fondamentaux, pour être admise à la hussarde. La légitimité démocratique n’est jamais une carte blanche.

Les routiers CGT et FO bloqueront une cinquantaine de dépôts à partir de ce lundi, provoquant d’ores et déjà une tension dans les stations d’essence. Jeudi, les retraités sont appelés à descendre dans la rue : ils protestent contre l’augmentation sans contrepartie de 1,7 % de la CSG, qui survient après trois ans de blocage des pensions. Et le 10 octobre, les fonctionnaires entreront dans la bataille contre le gel interminable de leur point d’indice, et contre la journée de carence en cas d’arrêt de maladie.

Alors que le gouvernement prépare la refonte de l’assurance chômage, éminemment sensible, et que sa fragilité vient d’être confirmée par son échec au Sénat, alors que l’élection allemande jette un doute sur le fameux modèle qui fait rêver Macron, la vague de contestation française a dépassé les divergences syndicales et les luttes de chapelles à l’intérieur d’une gauche décomposée. Elle prouve que « le peuple », ce personnage insaisissable invoqué à longueur de discours, est plus sceptique que jamais, d’où l’abstention électorale, mais qu’il n’attend qu’une étincelle pour faire entendre sa voix. 

 


 

Le programme de Corbyn, une rupture en profondeur avec l’hégémonie néolibérale, par Thomas Lemahieu

Source: L’Humanité, Rubrique Monde

mardi 26 septembre 2017.



 
Les politiques proposées par Jeremy Corbyn attaquent résolument la répartition déséquilibrée entre le capital et le travail.

Les conservateurs s’en pourléchaient les babines d’avance, il y a quelques semaines. Une fois le programme du Labour de Jeremy Corbyn connu à la mi-mai, eux qui étaient largement en tête dans les enquêtes d’opinion (autour de 45-48 %, contre 24-26 % pour les travaillistes), ils allaient ramasser la mise en brocardant son « irréalisme » ou sa « ringardise ». Mais rien ne s’est passé comme ils l’attendaient : à partir de la publication du document de 128 pages, intitulé « For the many, not the few » (Pour le plus grand nombre, pas quelques-uns), le Labour a entamé sa spectaculaire remontée dans les sondages, jusqu’à souffler sur la nuque des tories : une enquête donne même les travaillistes (39 %) à 1 point derrière les conservateurs (40 %). Signe que, quoi qu’il arrive ce jeudi, l’hégémonie néolibérale a du plomb dans l’aile au sein du Parti travailliste, cette formation qui a inspiré ces dernières décennies tant de conversions aux lois du marché dans la social-démocratie européenne, et dans toute la société britannique…

Pour le privé, le salaire minimum horaire passerait de 8,50 à 11,50 euros

En rupture avec l’austérité blairiste ou conservatrice, le Parti travailliste a, sous l’impulsion de Jeremy Corbyn, réussi le tour de force de substituer, dans les débats, au mantra de Theresa May – le « Brexit dur » – la plupart de ses mesures phares en matière économique ou sociale, comme la propriété publique sous contrôle des usagers et des agents des services essentiels privatisés (poste, rail, eau) et encore une augmentation générale des salaires des fonctionnaires gelés depuis des années et, pour le secteur privé, le passage du salaire minimum horaire de 8,50 à 11,50 euros.

Pour l’énergie, les travaillistes qui ont par ailleurs avec Corbyn intégré une série de convictions environnementales – ils prévoient d’interdire l’extraction des gaz de schiste –, comptent sortir des logiques de profit qui conduisent à des hausses de tarifs et au report des investissements indispensables : les entreprises pourraient, en cas de victoire, être gérées « démocratiquement » à l’échelle des régions. Après ce qui a été décrit par la Croix-Rouge comme une « crise humanitaire » en janvier dernier, après la mort, faute de lits, de plusieurs patients dans les couloirs des hôpitaux, le système de santé britannique figure en bonne place dans le programme : les travaillistes entendent graver dans le marbre les moyens nécessaires à son bon fonctionnement et revenir sur la privatisation rampante des soins. Le Labour veut supprimer les contrats zéro heure, qui condamnent les précaires à une subordination totale par rapport à leurs patrons et, d’une manière plus générale, il entend garantir les droits sociaux et syndicaux des travailleurs mis à mal continuellement depuis le triomphe de Margaret Thatcher. Dans plusieurs secteurs (éducation, dépendance, handicap, formation professionnelle, mais aussi logement), il entend investir massivement et garantir un accès gratuit aux services essentiels. Les travaillistes s’engagent à construire 100000 logements sociaux et à mettre en œuvre un contrôle des loyers. Les frais d’inscription à l’université seraient annulés, alors que les étudiants s’endettent sur plusieurs années pour achever leurs parcours dans l’enseignement supérieur.

Pour financer ces mesures, selon John McDonnell, un très proche de Corbyn, ministre des Finances de son gouvernement fantôme, responsable du programme économique du Labour, il suffit, à rebours des cadeaux des conservateurs au capital financier, que seuls les 5 % les plus riches contribuent à la mesure de leurs fortunes. Avec eux, la redistribution des richesses passe à travers une série d’impôts et taxes visant les multinationales (taxe dite « Robin des Bois ») et les grandes fortunes (impôt sur les « gros bonnets »). Dans le même esprit, le Parti travailliste refuse le grand dessein de Theresa May pour le Royaume-Uni post-Brexit. Pas question de jouer la concurrence fiscale : l’impôt sur les sociétés serait ainsi remonté au taux de 26 % (contre 19 % aujourd’hui). Toutes ces recettes nouvelles pourront servir, au-delà du financement des services publics remis en selle, à abonder une nouvelle banque publique d’investissement qui garantirait « l’accès au crédit pour les petites entreprises, les coopératives et les projets innovants ».

 


110 000 personnes chantent l'hymne historique de la Catalogne dans le stade de Barcelone, Les Faucheurs (El Segadors)

Regardez sur Youtube, c'est impressionnant...

https://www.youtube.com/watch?v=ntjDJmFp04M

Les Faucheurs

La Catalogne, triomphante,
redeviendra riche et prospère !
En arrière, tous ces gens
si orgueilleux et arrogants !

Un bon coup de faux !
Un bon coup de faux, défenseurs de la terre !
Un bon coup de faux !

Maintenant c'est heure, faucheurs !
Maintenant c'est l'heure d'être en alerte !
Pour quand viendra un autre juin,
Aiguisons bien les outils !

Qu'il tremble l'ennemi en voyant notre bannière
comme nous faisons tomber les épis d'or,
Le temps venu, nous couperons les chaînes !

 

 

La Guerre des Faucheurs, par Courrier International

Source : http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2017/07/14/els-segadors-hymne-de-la-premiere-revolution-ouvriere-catalo-52157.html


 

La Guerre des Faucheurs a marqué le début d'une série d'affrontements et de conflits tout au long du XVIIe siècle. Le résultat en a été une forte pénalisation de la Catalogne, d'abord scindée en une « partie française » et une « partie espagnole » et dont, par la suite, tous les droits ont été abolis en 1716 par le roi Felipe V qui l'a intégrée de force dans l'administration castillane.

Parallèlement et par la suite, la révolution des Faucheurs a subi un véritable dénigrement de la part des milieux « bien-pensants ».

De toute évidence, l'insurrection ouvrière de 1640-41 a profondément « dérangé », non seulement par son caractère de classe sociale mais également du fait d'avoir été portée par une nationalité historique que l'on cherchait à soumettre et à marginaliser au profit des milieux hégémoniques.

A fortiori, compte tenu de la dénonciation du comportement de l'armée espagnole très explicite dans la version ancienne d'Els Segadors qui suit plus bas. On remarquera également qu'il ne s'agit pas d'une révolution mettant en cause la religion mais, bien au contraire, menée par des croyants. C'est un prêtre catholique, Pau Claris, qui proclamera la République Catalane en 1641.

Et comme l'indique explicitement la version ancienne de l'hymne (voir plus bas), c'est « com a segadors » (en tant que faucheurs), que les protagonistes de la révolte ont pris la ville de Barcelone.

La condition ouvrière de fait est manifeste dans une telle proclamation collective. En réalité, sur l'ensemble du territoire catalan, les paysans de condition modeste se trouvaient soumis à deux grands exploiteurs communs : le roi et l'armée espagnole.

La Catalogne était ainsi devenue une gigantesque usine exploitée par le pouvoir espagnol en place qui, dans la pratique, exerçait des pouvoirs discrétionnaires à l'égard de sa force de travail et de la production générée par cette force. La population de condition modeste était même kidnappée de fait, comme en témoignent les viols dénoncés par la version ancienne d'Els Segadors.

Les théoriciens du mouvement ouvrier du XIXe siècle soulignaient à juste titre le potentiel révolutionnaire de la classe ouvrière naissante en rapport avec sa concentration géographique face à des exploiteurs communs. Mais dans le cas de la Catalogne des années 1640-41, un potentiel analogue a été atteint dépassant les distances à l'échelle du pays.

Les faucheurs (segadors), ouvriers à la pointe de la de la révolution catalane, se trouvaient en nombre à Barcelone pour vendre leur main d'oeuvre le jour du Corpus Christi (7 juin)  de 1640, appelé Corpus de Sang. Ce jour, ils ont pris la tête du mouvement populaire révolutionnaire qui a procédé à l'anéantissement de l'appareil d'Etat royal (vice-roi, députés, juges...) comme le souligne la version ancienne d'Els Segadors.

 


La police de Franco est toujours là, tout comme les institutions de la dictature...

La Guardia Civil arrête quatorze personnes et effectue plus de quarante perquisitions contre le référendum du premier octobre 2017

Arrestation de l’équipe d'Oriol Junqueras qui préparait le référendum

Source : http://www.elmundo.es/cataluna/2017/09/20/59c2032446163f2b338b459a.html


La Guardia Civil saisit sur un bateau plus de neuf millions de bulletins de vote
 
Le ministère espagnol de l’intérieur suspend les permissions des agents de la Guardia Civil
 
La Guardia Civil a arrêté quatorze personnes et a fait plus de quarante perquisitions, dont six bureaux du gouvernement catalan, les départements de l'économie, des affaires sociales et des affaires étrangères, le Centre des Télécommunications et des Technologies de l’Information (CTTI) et l'Agence du Trésor de Catalogne (ATC).
 
Le secrétaire général à l'économie et numéro deux d’Oriol Junqueras, Josep Maria Jové, et le secrétaire au trésor, Lluís Salvadó, sont parmi les personnes arrêtées. Les ministres des affaires étrangères et des affaires sociales et les responsables du CTTI et de l’ATC sont également arrêtés.
 
Au cours de l'opération, plus de neuf millions de bulletins de vote prêts pour le référendum ont également été trouvés sur un navire à Biells, dans la province de Barcelone. Quatre vingt pour cent des notifications pour constituer les bureaux de vote du référendum illégal avaient été saisies, Mardi 19 Septembre 2017.
 
Des milliers de personnes sont rassemblées devant le ministère de l’économie pour protester contre les perquisitions et contre les arrestations.
 
La Guardia Civil a arrêté quatorze personnes, des ministres du gouvernement catalan et des responsables d’entreprises privées, et a fait plus de quarante perquisitions, dont trois ministères du gouvernement catalan et trois autres institutions publiques, ce qui est la plus grande offensive judiciaire contre le référendum du premier octobre 2017 suspendu par le Tribunal Constitutionnel espagnol. Comme cela a été confirmé par des sources policières et gouvernementales, les personnes arrêtées par ordre du treizième juge d’instruction sont le numéro deux d’Oriol Junqueras et secrétaire général à l’économie du gouvernement catalan, Josep Maria Jové, et le secrétaire au trésor, Lluís Salvadó. Les personnes arrêtées sont accusées de prévarication, de détournement de fonds publics, de désobéissance au Tribunal Constitutionnel et de divulgation de secrets.
 
En plus de Josep Maria Jové, ont également été arrêtés les ministres des affaires étrangères et des affaires sociales et les responsables du CTTI et de l’ATC. Les identités des personnes arrêtées confirmées jusqu'à présent sont le ministre de l’économie Juan Manuel Gómez, le ministre des affaires sociales Xavier Puig Farré, les responsables du CTTI Josué Sallent et David Franco et le ministre des affaires étrangères David Palancad. Rosa Maria Rodriguez Curto a également été arrêtée à Madrid, comme cela a été confirmé par des sources policières.
 
La Guardia Civil a arrêté également des responsables d’entreprises privées, Pau Furriol et Mercedes Martinez, dans lesquelles a été localisé du matériel électoral et de propagande pour le référendum. Selon des sources policières,  plus de neuf millions de bulletins de vote ont été localisés sur un bateau de Bigues i Riells, dans la province de Barcelone.
 
Les arrestations au département d'économie visent à démanteler complètement l'équipe chargée de la logistique et de l'organisation du vote de premier octobre 2017, dont la coordination est assumée par Oriol Junqueras.
 
La Guardia Civil a perquisitionné à cet effet les bureaux du secrétaire au trésor du gouvernement catalan, Lluís Salvadó, et du secrétaire à l'économie, Pere Aragones, tous les deux membres d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC).
 
L’enquête se concentre également, en pleine Rambla Catalunya, sur le bureau qui a coordonné tous les travaux pour le référendum et où travaillent depuis trois mois des membres de l’organisation des campagnes électorales de Catalogne.
 
Le département dirigé par Oriol Junqueras était dès le départ dans les plans des enquêteurs, car c’était le lieu dans lequel étaient conservées les données sur le recensement électoral, en plus des listes des fonctionnaires du gouvernement catalan. Le juge qui a autorisé les arrestations, Juan Antonio Ramírez Sunyer, a engagé l'affaire à la suite d'une plainte déposée par Vox et par l'avocat Miguel Durán contre l'ancien sénateur Santi Vidal, l’ancien magistrat Carles Viver Pi Suñer et le secrétaire au trésor du gouvernement catalan, pour plusieurs délits relatifs au contenu des conférences de Santi Vidal dans lesquelles il disait qu’il détenait les données fiscales des catalans, a dit Germán González.
 
Des unités de la Guardia Civil sont entrées Mercredi 20 Septembre 2017 peu avant 8 heures du matin dans les bureaux des ministères de l'économie, des affaires sociales et des affaires étrangères, dont le siège est physiquement au Palau de la Generalitat, en plus des bureaux de l'ATC et du CTTI. Des perquisitions ont également été réalisées à l’Institut Catalan des Finances (ICF) et à la Direction Générale du Patrimoine (DGP).
 
Des policiers en uniforme et en civil se sont présentés à la première heure dans les bâtiments appartenant au gouvernement catalan, répartis entre Barcelone et L'Hospitalet de Llobregat, dans lesquels, après avoir présenté les ordonnances judiciaires, ils ont commencé à contrôler l'entrée et la sortie des employés. Des unités des délits économiques et des techniciens des délits informatiques participaient à l’opération. Des perquisitions ont également été effectuées dans des entreprises technologiques dans le quartier de Poble Nou à Barcelone.
 
La Guardia Civil a également perquisitionné des domiciles privés. A Sabadell, les agents sont entrés dans la maison de Joan Ignasi Sánchez, secrétaire du département du gouvernement de la Generalité. Selon des sources présentes sur place, deux véhicules de la Guardia Civil sont arrivés à la première heure à son domicile et des agents des Mossos d'Esquadra étaient également présents pour permettre l'accès au bâtiment. Certains manifestants ont tenté de bloquer l'entrée de l’immeuble, rapporte Jordi Ribalaygue.
 
Joan Ignasi Sánchez est un militant du Parti Démocrate Européen de CATalogne (PDECAT) et a été conseiller municipal de Convergencia i Union (CiU) dans la ville de Sabadell. Le secrétariat du gouvernement, dirigé par la ministre Meritxell Borràs, est considéré comme la clé de l'organisation du référendum que le gouvernement catalan veut convoquer le premier octobre 2017.
 
Après avoir diffusé les informations relatives aux perquisitions, les souverainistes ont mobilisé et organisé des manifestations aux portes des départements, surveillés à leur tour par les agents des Mossos d'Esquadra. La manifestation la plus massive était la manifestation devant le ministère de l’économie.
 
Le président de l'Assemblée Nationale de Catalogne (ANC), Jordi Sanchez, a assuré sur Twitter que « l'heure est venue de la résistance pacifique ».
 
Le ministère espagnol de l’intérieur a annoncé, dans les heures qui ont suivi les arrestations, que les directions de la Policia Nacional et de la Guardia Civil ont suspendu toutes les permissions à leurs agents en Catalogne qui ont été mobilisés pour répondre au premier octobre 2017. Entre le Mercredi 20 Septembre et le Vendredi 5 Octobre 2017, « les vacances et les permissions ne seront pas accordées », a déclaré le ministère dans une note.
 
L'opération du Mercredi 20 Septembre 2017 est la continuité de celle commencée Mardi 19 Septembre 2017, dans laquelle la Guardia Civil a localisé quatre vingt pour cent des notifications pour constituer les bureaux de vote.
 
Ce fut un revers pour le gouvernement catalan, car cela réduisait de manière drastique sa capacité à donner un caractère solennel au référendum illégal du premier octobre 2017.
 
Selon des sources policières et judiciaires confirmées à el Mundo, la Guardia Civil a retiré de la circulation la majeure partie des notifications, jusqu’à cinquante mille, emballées et prêtes à être envoyées aux citoyens choisis par loterie pour former les bureaux de vote.
 
En outre, une « quantité énorme et énorme d'enveloppes » a été trouvée avec le logo du gouvernement catalan, avec les cartes de recensement à l'intérieur, selon l'ordre judiciaire qui a donné l'autorisation de vérifier le contenu des enveloppes.
 
Les sources du gouvernement catalan ont déclaré que, bien que cela soit un coup dur contre l'organisation du référendum, il existe encore un matériel électoral prêt à être distribué dans les prochains jours.

 


Madrid met sous tutelle les finances de la Catalogne, par François Musseau, correspondant permanent de Libération à Madrid

Source : http://www.liberation.fr/planete/2017/09/18/referendum-d-autodetermination-madrid-met-sous-tutelle-les-finances-de-la-catalogne_1597223

Lundi18 Septembre 2017


 

L'exécutif espagnol entend empêcher les autorités indépendantistes de Barcelone de consacrer de l'argent à l’organisation de la consultation prévue pour le premier octobre 2017 et bloquer ainsi la fourniture d'urnes, les travaux d'imprimerie et la location de locaux.

Le bras de fer entre la capitale espagnole et Barcelone, dont les autorités s’évertuent à organiser pour le premier octobre 2017 un référendum d’autodétermination prohibé par Madrid, touche désormais le nerf de la guerre, les finances. Celles de la Catalogne, une des dix-sept régions de ce pays quasi fédéral qu’est l’Espagne, ont été mises sous tutelle sous l’égide du ministère de l'économie à Madrid.

Concrètement, cela veut dire que les autorités séparatistes à Barcelone ne peuvent plus disposer du milliard et des quatre cent millions d’euros qu’elles collectent au titre de divers impôts. Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy estime que ce blocage est le seul moyen de s’assurer que les indépendantistes conduits par Carles Puigdemont ne consacrent pas un seul euro de leurs ressources financières à l’organisation de la consultation proscrite, urnes, imprimeries, location de locaux et publicité institutionnelle. Déjà, la garde civile aurait mis la main sur un million cinq cent mille affiches, tracts et dépliants, liés au référendum de la discorde.

Le pouvoir central et cette région rebelle se regardent en chiens de faïence, alors que la tension autour de ce référendum d’autodétermination est à son comble. Les deux adversaires campent sur leurs positions, Madrid dit que « le référendum n’aura pas lieu » et Barcelone dit « qu'il est inimaginable de ne pas voter le premier octobre 2017 ». Le 21 juillet 2017, dans ce climat de méfiance mutuelle, le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy avait obligé l’exécutif catalan de Carles Puigdemont à produire chaque semaine un document justifiant ses recettes et ses dépenses. Or, le vice-président de Catalogne, le très indépendantiste Oriol Junqueras, a désobéi la semaine dernière en cessant d’envoyer ces justificatifs. Réponse de Madrid, donc, qui tente de faire avorter toute entreprise contribuant à l’organisation de la consultation, la mise sous tutelle des finances de la Catalogne. 

« Nous avons établi un nouveau système de contrôle des dépenses », a précisé le ministre espagnol du budget, Cristobal Montoro, « afin d’éviter des activités illégales ».

Pourtant la Catalogne, une des locomotives de l’économie espagnole, avec dix-neuf pour cent du Produit Intérieur Brut (PIB) de l’Espagne, connaît une situation financière désastreuse. Avec une dette totale de cinquante et un milliards d’euros contractée auprès de l’état espagnol et un déficit budgétaire de près de deux milliards d’euros, la Catalogne est au bord de la banqueroute.

Cette forte dépendance financière constitue un des principaux arguments de ceux qui prônent la sécession. « Madrid nous étouffe, n’investit pas en Catalogne et s’arroge une bonne partie de notre richesse », confiait récemment Oriol Junqueras, « alors nous n’avons d’autre solution que la pleine souveraineté ». Dans la capitale espagnole, à l’inverse, on brosse un avenir apocalyptique si la Catalogne obtenait l’indépendance. « Dans cette perspective, leur économie connaîtrait une contraction de trente pour cent et le chômage se multiplierait par deux », a répliqué hier le ministre espagnol de l’économie, Luis de Guindos. D’après plusieurs titres, dont le conservateur ABC, cette décadence économique de la Catalogne, imputable selon lui à la force grandissante du projet indépendantiste, serait en cours. Huit cent entreprises auraient quitté la région rebelle depuis 2008. En face, les séparatistes parlent de se débarrasser du boulet espagnol pour devenir une république aux finances assainies.

 


Lettre ouverte à M. le président de la République française, par Shlomo Sand

historien israélien


 

En commençant à lire votre discours sur la commémoration de la rafle du Vel’d’hiv, j’ai éprouvé de la reconnaissance envers vous. En effet, au regard d’une longue tradition de dirigeants politiques, de droite, comme de gauche, qui, au passé et au présent, se sont défaussés quant à la participation et à la responsabilité de la France dans la déportation des personnes d’origine juive vers les camps de la mort, vous avez pris une position claire et dénuée d’ambiguïté : oui la France est responsable de la déportation, oui il y a bien eu un antisémitisme, en France, avant et après la seconde guerre mondiale. Oui, il faut continuer à combattre toutes les formes de racisme. J’ai vu ces positions comme étant en continuité avec votre courageuse déclaration faite en Algérie, selon laquelle le colonialisme constitue un crime contre l’humanité.
Pour être tout à fait franc, j’ai été plutôt agacé par le fait que vous ayez invité Benjamin Netanyahou, qui est incontestablement à ranger dans la catégorie des oppresseurs, et ne saurait donc s’afficher en représentant des victimes d’hier. Certes, je connais depuis longtemps l’impossibilité de séparer la mémoire de la politique. Peut-être déployez-vous une stratégie sophistiquée, encore non révélée, visant à contribuer à la réalisation d’un compromis équitable, au Proche-Orient ?

J’ai cessé de vous comprendre lorsqu’au cours de votre discours, vous avez déclaré que :
« L’antisionisme… est la forme réinventée de l’antisémitisme ». Cette déclaration avait-elle pour but de complaire à votre invité, ou bien est-ce purement et simplement une marque d’inculture politique ? L’ancien étudiant en philosophie, l’assistant de Paul Ricœur a-t-il si peu lu de livres d’histoire, au point d’ignorer que nombre de juifs, ou de descendants de filiation juive se sont toujours opposés au sionisme sans, pour autant, être antisémites ? Je fais ici référence à presque tous les anciens grands rabbins, mais aussi, aux prises de position d’une partie du judaïsme orthodoxe contemporain. J’ai également en mémoire des personnalités telles Marek Edelman, l’un des dirigeants rescapé de l’insurrection du ghetto de Varsovie, ou encore les communistes d’origine juive, résistants du groupe Manouchian, qui ont péri. Je pense aussi à mon ami et professeur : Pierre Vidal-Naquet, et à d’autres grands historiens ou sociologues comme Eric Hobsbawm et Maxime Rodinson dont les écrits et le souvenir me sont chers, ou encore à Edgar Morin.
Enfin, je me demande si, sincèrement, vous attendez des Palestiniens qu’ils ne soient pas antisionistes !

Je suppose, toutefois, que vous n’appréciez pas particulièrement les gens de gauche, ni, peut-être, les Palestiniens ; aussi, sachant que vous avez travaillé à la banque Rothschild, je livre ici une citation de Nathan Rothschild, président de l’union des synagogues en Grande-Bretagne, et premier juif à avoir été nommé Lord au Royaume Uni, dont il devint également la gouverneur de la banque. Dans une lettre adressée, en 1903, à Théodore Herzl, le talentueux banquier écrit : « Je vous le dis en toute franchise : je tremble à l’idée de la fondation d’une colonie juive au plein sens du terme. Une telle colonie deviendrait un ghetto, avec tous les préjugés d’un ghetto. Un petit, tout petit, État juif, dévot et non libéral, qui rejettera le Chrétien et l’étranger. » Rothschild s’est, peut-être, trompé dans sa prophétie, mais une chose est sûre, cependant : il n’était pas antisémite !

Il y a eu, et il y a, bien sûr, des antisionistes qui sont aussi des antisémites, mais je suis également certain que l’on trouve des antisémites parmi les thuriféraires du sionisme. Je puis aussi vous assurer que nombre de sionistes sont des racistes dont la structure mentale ne diffère pas de celle de parfaits judéophobes : ils recherchent sans relâche un ADN juif (ce, jusqu’à l’université où j’enseigne).

Pour clarifier ce qu’est un point de vue antisioniste, il importe, cependant, de commencer par convenir de la définition, ou, à tout le moins, d’une série de caractéristiques du concept : « sionisme » ; ce à quoi, je vais m’employer le plus brièvement possible.

Tout d’abord, le sionisme n’est pas le judaïsme, contre lequel il constitue même une révolte radicale. Tout au long des siècles, les juifs pieux ont nourri une profonde ferveur envers leur terre sainte, plus particulièrement pour Jérusalem, mais ils s’en sont tenus au précepte talmudique qui leur intimait de ne pas y émigrer collectivement, avant la venue du Messie. En effet, la terre n’appartient pas aux juifs mais à Dieu. Dieu a donné et Dieu a repris, et lorsqu’il le voudra, il enverra le Messie pour restituer. Quand le sionisme est apparu, il a enlevé de son siège le « Tout Puissant », pour lui substituer le sujet humain actif.

Chacun de nous peut se prononcer sur le point de savoir si le projet de créer un État juif exclusif sur un morceau de territoire ultra-majoritairement peuplé d’Arabes, est une idée morale. En 1917, la Palestine comptait 700 000 musulmans et chrétiens arabes et environ 60 000 juifs dont la moitié étaient opposés au sionisme. Jusqu’alors, les masses du peuple yiddish, voulant fuir les pogroms de l’empire Russe, avaient préféré émigrer vers le continent américain, que deux millions atteignirent effectivement, échappant ainsi aux persécutions nazies (et à celles du régime de Vichy).

En 1948, il y avait en Palestine : 650 000 juifs et 1,3 million de musulmans et chrétiens arabes dont 700 000 devinrent des réfugiés : c’est sur ces bases démographiques qu’est né l’État d’Israël. Malgré cela, et dans le contexte de l’extermination des juifs d’Europe, nombre d’antisionistes sont parvenus à la conclusion que si l’on ne veut pas créer de nouvelles tragédies, il convient de considérer l’État d’Israël comme un fait accompli irréversible. Un enfant né d’un viol a bien le droit de vivre, mais que se passe-t-il si cet enfant marche sur les traces de son père ?

Et vint l’année 1967 : depuis lors Israël règne sur 5,5 millions de Palestiniens, privés de droits civiques, politiques et sociaux. Ils sont assujettis par Israël à un contrôle militaire : pour une partie d’entre eux, dans une sorte de « réserve d’Indiens » en Cisjordanie, tandis que d’autres sont enfermés dans une « réserve de barbelés » à Gaza (70 % de ceux-ci sont des réfugiés ou des descendants de réfugiés). Israël, qui ne cesse de proclamer son désir de paix, considère les territoires conquis en 1967 comme faisant intégralement partie de « la terre d’Israël », et s’y comporte selon son bon vouloir : jusqu’à présent, 600 000 colons israéliens juifs y ont été installés... Et cela n’est pas terminé !

Est-cela le sionisme d’aujourd’hui ? Non ! Répondront mes amis de la gauche sioniste qui ne cesse de se rétrécir, et ils diront qu’il faut mettre fin à la dynamique de la colonisation sioniste, qu’un petit État palestinien étroit doit être constitué à côté de l’État d’Israël, que l’objectif du sionisme était de fonder un État où les juifs exerceront la souveraineté sur eux-mêmes, et non pas de conquérir dans sa totalité « l’antique patrie ». Et le plus dangereux dans tout cela, à leurs yeux : l’annexion des territoires occupé constitue une menace pour Israël en tant qu’État juif.

Voici précisément le moment de vous expliquer pourquoi je vous écris, et pourquoi, je me définis comme non-sioniste, ou antisioniste, sans pour autant devenir antijuif. Votre parti politique inscrit, dans son intitulé : « La République », c’est pourquoi je présume que vous êtes un fervent républicain. Et dussé-je vous étonner : c’est aussi mon cas. Donc, étant démocrate et républicain, je ne puis, comme le font sans exception tous les sionistes, de droite comme de gauche, soutenir un État juif. Le ministère de l’Intérieur israélien recense 75 % de ses citoyens comme juifs, 21 % comme musulmans et chrétiens arabes et 4 % comme « autres » (sic). Or, selon l’esprit de ses lois, Israël n’appartient pas à l’ensemble des Israéliens, mais aux juifs du monde entier qui n’ont pas l’intention de venir y vivre.

Ainsi, par exemple, Israël appartient beaucoup plus à Bernard Henry-Lévy et à Alain Finkielkraut qu’à mes étudiants palestino-israéliens qui s’expriment en hébreu, parfois mieux que moi-même ! Israël espère aussi qu’un jour viendra où tous les gens du CRIF, et leurs « supporters » y émigreront ! Je connais même des français antisémites que cette perspective enchante ! En revanche, on a pu entendre deux ministres israéliens, proches de Benjamin Netanyahou, émettre l’idée selon laquelle il faut encourager le « transfert » des Israéliens arabes, sans que personne n’ait émis la demande qu’ils démissionnent de leurs fonctions.

Voilà pourquoi, Monsieur le Président, je ne peux pas être sioniste. Je suis un citoyen désireux que l’État dans lequel il vit soit une République israélienne, et non pas un État communautaire juif. Descendant de juifs qui ont tant souffert de discriminations, je ne veux pas vivre dans un État, qui, par son autodéfinition, fait de moi un citoyen doté de privilèges. À votre avis, Monsieur le Président : cela fait-il de moi un antisémite ?

 


Créer les conditions d'une alternative, tout à la fois crédible et claire

Source : http://www.mancalternativa.com/en-reponse-a-un-tweet-de-jean-luc-melenchon-a131554026


 

Nous publions un texte signé par  plusieurs membres de Manca Alternativa Ensemble Insoumis (MAEI) en réponse à un tweet de Jean-Luc Mélenchon condamnant, sans consultation préalable, un accord éventuel entre la Corse Insoumise et diverses organisations politiques de la vraie gauche, en vue de la constitution d'une liste unique pour les prochaines élections territoriales.
 
Dimanche 3 Septembre 2017 à 20 heures, Jean-Luc Mélenchon, dans un tweet, a condamné les militants de la Corse Insoumise qui depuis deux mois créent les conditions d'un rassemblement avec les forces antilibérales, dont le Parti Communiste Français (PCF) autour d'un programme anti-austérité et pour l’intérêt général humain. En effet, en Corse au mois de décembre 2017, auront lieu les élections territoriales.
 
Ces élections sont très importantes pour l'avenir de l'île et sa population, dont une personne sur cinq se trouve en situation de précarité extrême, en dessous du seuil de pauvreté.
 
Il s'agit de la première consultation nationale depuis les élections présidentielles et les élections législatives. Nous avons considéré, qu'en dehors de tout esprit politicien, il était important de créer les conditions d'une alternative, tout à la fois crédible et claire, pour changer le cours des choses et influer positivement sur la situation. Á toutes les étapes de nos discussions, nous avons, en ce qui nous concerne, appliqué la démocratie citoyenne.
 
Les militants de la Corse Insoumise et de MAEI ont rencontré le PCF à trois reprises, Europe Ecologie Les Verts (EELV) à une reprise à travers le réseau VIA et le POE une fois, pour avancer sur le nécessaire chemin du rassemblement.
 
Nous avons discuté avec les responsables du Mouvement de la France Insoumise (MFI) et nous leur avons proposé un document d'analyse des particularités politiques de la Corse, dès le mois d'octobre 2016. Deux réunions ont été organisées á ce sujet avec notamment Manuel Bompard et des discussions ont eu lieu avec Raquel Garrido, lors de sa venue en Corse pour les élections présidentielles.
 
Au mois de juillet 2017, nous informions le MFI de nos démarches ouvertes pour les élections territoriales. Au cours de l'été, profitant de la présence de Martine Billard en Corse, une réunion a été organisée pour informer et rendre compte des discussions.
 
A la fin du mois d’août 2017, une rencontre a été organisée à Marseille dans le cadre de l’université d'été du MFI.
 
Il n'est pas juste de dire comme l'a fait Jean Luc Mélenchon dans son tweet, que « des insoumis ont engagé une liste avec le PCF en Corse sans prendre aucun avis. Je ne soutiens pas cette initiative. Je la condamne ».
 
Il est peu de dire que cette remarque nous a surpris, nous a blessés dans sa formulation et nous alarme pour l'avenir. Jean-Luc Mélenchon a ainsi tourné le dos à la Corse malgré nos nombreuses sollicitations.
 
Nous n'avons, depuis le début des campagnes électorales, reçu de sa part aucun mot de soutien ou d'encouragement.
 
D'un point de vue politique, ce n'est pas un hasard, si seule la Corse est concernée aujourd'hui par l'élection d'une collectivité unique. Elle continue à être un laboratoire dans les politiques libérales de démantèlement et de balkanisation des territoires voulue par l'Europe fédérale et libérale. C'est la solidarité nationale et la nécessaire péréquation de l’état qui sont frontalement remises en cause pour continuer à affaiblir les services publics.
 
Jeudi 7 Septembre 2017, profitant d'une présence à Paris, Jacques Casamarta a été reçu par une délégation de cinq personnes de l’espace politique dans les locaux du MFI pour préciser de nouveau le sentiment politique des militants corses. La délégation a écouté notre camarade en précisant qu'elle n'était pas mandatée par l’espace politique. Il en ressort tout de même qu'elle ne serait pas forcément favorable à l'élaboration d'une liste commune.
 
Ne pas être présents lors de cette élection territoriale comme certains l'ont émis, serait une impasse politique, voire une erreur politique. Ne pas chercher le rassemblement sur la base d'une rupture avec les soutiens du libéralisme en serait une autre.
 
Cette situation désagréable nous pose question. Elle doit trouver une issue positive, sous peine de paralyser le mouvement.
 
La question de l'unité sur un positionnement politique clair est et reste une condition essentielle à l'émergence d'une perspective. Cette question éminemment politique doit être rapidement débattue, il en va de notre avenir et pas seulement en Corse.
 
Il y a urgence, Samedi 9 Septembre 2017 les insoumis d'Ajaccio  et de Bastia doivent en débattre en assemblée générale. C'est pour cela que nous tenons  á informer les militants d’Ensemble Insoumis.
 
Cette question doit être discutée au sein de notre mouvement et portée au niveau de l'espace politique.
 
Premiers signataires
 
Jacques Casamarta, Francis Peretti, Robert Armata, Pascale Larenaudie, Jean Pierre Orsi, Muriel Buisson, Guy Lannoy, Claude Franceschi, Amélie Raffaelli, Aldo Siddi, Xavier Bernardini, Catherine Laurenti, Bernard Bouquet. Jacques Coti.

 


Ancienne vice-Président de  la Diète polonaise (Sejm)

En direct avec Wanda Nowicka, militante laïque et féministe

Source: La Raison, organe de la Fédération Nationale de la Libre Pensée


 

La Libre Pensée : Pourquoi vous engagez-vous dans le combat pour l'Etat laïque ?

Wanda Nowicka : Sans trop exagérer, je peux admettre que l'Église catholique m'a fait « sortir dans la rue », m'a poussée à participer activement dans l'action publique. Lorsque, en 1989, la Pologne a commencé la période de la transformation du régime et est entrée dans le chemin vers la démocratie, je n'aurais jamais imaginé que l'Église en profiterait pour influencer la vie politique du nouveau régime, construire un puissant empire économique soutenu par les fonds publics et pour faire en sorte que la Pologne devienne le leader conservateur de l'Europe qui promeut l'intégrisme religieux comme pierre angulaire de la politique de l'État.

En 1990, les autorités polonaises, sous la pression de l'Église, ont décidé d'introduire la religion comme matière dans les écoles. Pour protester contre cette évidente violation du principe de Séparation de l'Église et de l'État, avec quelques personnes qui partageaient les mêmes idées, nous avons décidé de fonder une association NEUTRUM, en faveur de l'État idéologiquement neutre. Lorsque, toujours sous la pression de l'Église, le gouvernement a commencé le travail sur le projet de l'interdiction de l'avortement, et, au bout de trois ans de combat, a fini par adopter une loi répressive, j'ai lutté contre la restauration de « l'enfer des femmes ». J'ai ensuite cofondé la Fédération des Femmes et de la Planification Familiale qui lutte pour les droits reproductifs des femmes. J'étais en tête de la Fédération pendant 20 ans (1991-2011), jusqu'à ce que je sois élue au parlement polonais (le Sejm). En tant que députée et vice-présidente du Sejm, j'ai entrepris de nombreuses initiatives en faveur de l'État laïque. J'étais la première Elue à organiser dans le Sejm plusieurs conférences avec des organisations laïques, dont quelques-unes avec la participation de mes amis français de la Libre Pensée, traitant de divers aspects de la violation des principes de laïcité en Pologne et dans le monde. D'ailleurs, il y a 20 ans, sous le couvert de la nuit et contrairement à la loi, quelqu'un a suspendu une croix dans le Sejm et jusqu'à aujourd'hui personne n'a eu le courage de l'enlever.

En tant que Vice-présidente du Sejm, j'ai fondé le prix de « Bougeoir en Cristal » pour tous ceux qui mènent un combat actif en faveur de la laïcité. Ce prix a entre autre été attribué aux lycéens pour avoir organisé les manifestations contre la pendaison de la croix dans une école laïque. Le Président de l'Université de Bydgoszcz a également reçu ce prix pour avoir enlevé la croix de la salle universitaire du Sénat. Maintenant j'étudie la philosophie et bioéthique a la Sorbonne.

LP : En Pologne, une «réforme» scolaire vient d’étre mise en place. En quoi consiste-t-elle et comment a-t-elle été perçue par les enseignants et les laïques?

WN : La réforme de l'éducation ou plutôt la « déforme », appelée ainsi par ses opposants, qui est en vigueur depuis le mois de septembre à l'école, est à l'origine de nombreuses protestations sociales. Le mouvement civique « Les parents contre la réforme de l'éducation » avec l'Union des Enseignants Polonais ont pris l'initiative d'organiser un référendum sur cette question. Malgré près d'un million de signatures recueillies, cette motion civile a été rejetée par le parti au pouvoir conservateur Droit et Justice (PiS).

La « déforme », actuellement appliquée par le gouvernement et contre laquelle la mobilisation est organisée par les enseignants et les parents, est critiquée pour au moins deux raisons. Elles se reflètent parfaitement par les slogans utilisés pendant les manifestations : « NON pour le chaos à l'école », « Oui pour l 'éducation ! Non pour l'endoctrinement ! », « Nous voulons de l'éducation du XXIème siècle ! ». La réforme vise à modifier la structure du système de l'éducation de celui à trois niveaux à deux niveaux. Le collège est supprimé, la durée de l'école primaire est restaurée à 8 ans, 4 ans pour le lycée. Ces changements n'ont pratiquement aucune valeur substantielle, on ne sait pas comment ils amélioreraient le niveau d'éducation. En revanche, la réforme a provoqué un énorme chaos, entraîné des coûts considérables et des licenciements chez les enseignants.

Ce qui a sans doute provoqué les changements à l'école, et ce qu'on voit d'ailleurs au bout de quelques semaines après l'entrée en vigueur de la réforme, c'était la volonté de retourner à l'enseignement autoritaire, la propagation des « idées justes » plutôt que de favoriser la pensée autonome. On veut façonner les jeunes Polonaises et Polonais à devenir des citoyens qui obéissent à la volonté du régime et de l'Église en abolissant le restant de l'éducation sexuelle et en la remplaçant par l'enseignement de la doctrine de l'Église en matière de la sexualité et de la reproduction. Bref, au lieu de construire une école moderne, ouverte et pluraliste, on est en train de créer une école enfermée où il n'y aura pas de place pour les idées différentes de celles transmis pendant les cours, et où les personnes de nationalités ou d’origines différentes, de plus en plus nombreuses en Pologne, se sentiront rejetées. On peut seulement compter sur les parents et les enseignants pour qu'ils continuent à protester et stigmatiser toute manifestation d'intolérance ou discrimination.

LP : Les droits des femmes semblent particulièrement remis en cause aussi. Comment ?

WN : Bien que la lutte pour les droits de femmes ne finisse jamais, non seulement en Pologne, la situation dans notre pays est particulièrement difficile en ce moment. Il existe au moins deux dangereuses tentatives soutenues par l'Église qui visent à exacerber la législation sur l'avortement, déjà très restrictive. Les deux ont pour l'objectif d'interdire l'interruption de grossesse lorsque le fœtus est gravement endommagé. La première est une initiative populaire, la seconde est un recours constitutionnel. Les milieux pro-choice appelés « Sauvons les femmes 2017 » ont à nouveau lancé une initiative populaire en faveur de la libéralisation de l'avortement, l'introduction de l'éducation sexuelle et de la contraception. Son but n'est pas pour autant de changer la loi en termes réels, ce qui serait impossible à faire aujourd'hui, mais de bloquer les tentatives des fondamentalistes.

L'année dernière, nous avons réussi à empêcher l'adoption de l'interdiction totale de l'avortement, on verra comment la situation va évoluer cette année. Je crains que le Tribunal Constitutionnel, qui est désormais sous l'influence des autorités, ne finisse par juger l'avortement inconstitutionnel. Ainsi, on priverait les femmes de ce qui reste aujourd'hui de leurs droits de reproduction. Mais, comme le disent les féministes polonaises, « on ne met pas les parapluies de côté », le parapluie étant le symbole de la Grève Nationale des Femmes (Octobre  2016) dont l'action a empêché de nouvelles répressions.

La lutta continua!

Wanda Nowicka sera présente au 7ème Congrès de l’Association internationale de la Libre Pensée à Paris du 22 au 24 septembre 2017

 


Où va la sociale ? par Aplutsoc

17 septembre 2017

Source : Aplutsoc , Arguments pour la lutte sociale
https://aplutsoc.wordpress.com/2017/09/17/ou-va-la-sociale/



La « Sociale » est le site de Denis Collin, professeur de philosophie, et de Jacques Cotta, documentariste. Il nous est arrivé d’y collaborer. Depuis ce printemps, après avoir beaucoup critiqué J.L. Mélenchon, les animateurs de ce site en sont devenus des thuriféraires de plus en plus exaltés et ont rompu avec la recherche de la discussion démocratique avec quiconque n’est pas d’accord avec eux.

La pire expression de cette dérive, de la part de Denis Collin, a été la tentative de retirer du net la vidéo d’une conférence de notre camarade Vincent Présumey sur la révolution allemande tenue à l’Université populaire d’Evreux alors qu’elle dépassait les 2000 vues. Qui ne fait pas sa prière pour Jean-Luc doit être puni, et Rosa Luxemburg et Paul Lévi avec lui !
Depuis, Denis Collin pond.

Il pond, pour en nourrir la France insoumise, la notion de « stratégie théologico-politique de l’islam » (article du 21 août), maintenant envisagé par lui comme une essence globale, menaçant « les sociétés libérales pluralistes qui sont les nôtres », sans plus le différencier de l’islamisme.

Il pond un argumentaire pseudo-philosophique pour étayer le culte du Chef, et là, qu’il soit permis de rire :
« Nous aimerions pouvoir nous passer de chef. Mais dans la situation présente, alors que l’éducation politique est à refaire, alors que les bonnes habitudes de la discipline militante se sont évaporées et qu’on doit reconstruire tout, dans l’urgence, sur un champ de ruines, on est contraint de soutenir un prince au sens de Machiavel, un prince « virtuoso », apte à fédérer les énergies et à donner un coup d’arrêt à l’invasion des barbares. »

J.L Mélenchon serait le prince de Machiavel qui va nous délivrer des « barbares » ! Ce qui s’appelle prostituer Machiavel, authentique républicain lui, dont la pensée achevée sur ce sujet n’est pas dans le Prince, mais dans les Discorsi.
Notons bien le « raisonnement » : l’éducation politique est à refaire, donc il nous faut un Chef, un vrai. Voila qui s’appelle une démission, un renoncement, une désertion : au lieu de combattre pour l’émancipation des travailleurs par eux-mêmes, par la conscience, la culture, la lutte et l’organisation, on choisit, par mépris pour ces travailleurs et pour les générations présentes, de les vouer à un « chef ». Remarquons ce que cela implique pour les « insoumis » : D. Collin les tient pour des imbéciles, mais il faut pour lui faire avec. Place au Chef, donc – pardon, au Prince virtuoso !
Mais au fait, qui sont ces barbares dont le Chef doit nous délivrer, qu’il convient donc d’expulser ?
A la lecture de la prose immédiatement antérieure de D. Collin, on peut penser que ce sont les musulmans …
Ou alors les Allemands ? Les Américains ? Les musulmans emmenés chez nous par les Allemands et par les Américains ?
On attend avec une curiosité attristée la suite des élucubrations de D. Collin sur la pente, il faut bien le dire, de la barbarie.

En attendant, il désigne déjà des cibles à la haine « insoumise », malgré son mépris perceptible pour ces « insoumis » à qui il faut bien se résoudre, tant « l’éducation politique est à refaire », de donner un Chef, et de leur désigner des boucs émissaires, ceux qu’il faut censurer et réprimer :
« Il y a des groupuscules et des petits groupes qui depuis des mois passent le plus clair de leur temps à dénoncer les initiatives de la France Insoumise. Le POID renoue avec le sectarisme obtus et son principal dirigeant, Gluckstein, ne manque jamais de glisser une tirade anti-FI dans ses éditos. Parmi les pires, un certain Présumey, qu’on avait connu mieux inspiré, se déchaîne contre Mélenchon avec une hargne digne des staliniens d’antan. On pourrait parler des éclopés du PCF et du NPA qui ne supportent pas de s’être complètement trompés et d’avoir été marginalisés par la dernière séquence politique et dénoncent la « volonté d’hégémonie » de Mélenchon. Tous ces pieds écrasés finissent par nous fatiguer. »

Hé oui, vous avez bien lu : de tous les ennemis du Prince, entre le POID, le PCF et le NPA, V. Présumey est « le pire » !
Cette escalade s’explique : la lutte des classes réelle ne se conforme absolument pas aux affirmations fantasmées de notre penseur de service. Les militants lutte de classe, qui avaient autre chose à faire que de préparer le 23 septembre, ont battu Mailly le 12 septembre (les partisans du 23 septembre l’ont, eux, protégé…), et ils ont amorcé la grève illimitée des Transports.

D. Collin doit donc renier toute pratique de débat argumenté et renouer avec les méthodes staliniennes de dénonciation et de censure, rompant avec l’humanisme philosophique dont il se targue. Bien obligé pour s’auto-convaincre que tous ces bruits gênants viennent de « pieds écrasés », alors qu’ils viennent du mouvement réel des classes en lutte …
Il est, dans ce contexte, doublement comique de le voir soudain s’offusquer de ce que « L’annonce du ralliement de Benoit Hamon à la manifestation du 23 a provoqué sur les posteurs Facebook de la FI quelques réactions d’un incroyable sectarisme, certains proposant, ni plus ni moins, d’empêcher Hamon de manifester. »
S’efforçant de défendre les intérêts tactiques de son petit Principe virtuoso (il est si nécessaire de se faire bien voir pour revenir en cour ?), D. Collin feint de découvrir la violence des « insoumis de Facebook » ces gens sans éducation à ses yeux, à qui il faut un Chef ! Mieux vaut en rire …

Sur ses traces, commence à arriver aussi Jacques Cotta. Celui-ci a publié une sorte de dénonciation : « le PCF, le POID et le NPA » sont mus par l’hostilité à la FI et à J.L. Mélenchon. Leur méchant « sectarisme » vise à empêcher rien de moins que la révolution, qui par le biais du 23 septembre menace la V° République. Qu’on se le dise : même la grève des fonctionnaires le 10 octobre pourrait avoir parti lié avec la campagne de la « presse aux ordres de l’oligarchie » contre la France insoumise !

Encore un petit effort, Jacques Cotta : apprends de ton camarade Denis Collin qu’en guise de révolution, il s’agit non d’en finir avec la V° République, mais de mettre au pouvoir un Chef, un vrai, virtuoso, un authentique César Borgia du tonnerre de Dieu, et qu’alors ce pouvoir personnel nous débarrassera des « barbares » : musulmans, oligarchie cosmopolite, PCF, POID, NPA, « Présumey » … Ah, quel bonheur d’avoir enfin un Chef, un vrai !
Voila ce que, en un semestre, l’adhésion tardive mais d’autant plus fanatique à la « France insoumise », a fait d’un groupe d’intellectuels d’un certain âge et d’un certain passé. Comme aurait dit Georges Sorel (après Renan), ces gens là pourraient bien avoir raté leur réforme intellectuelle et morale …


 

Michel Le Roch, secrétaire de l'UD

UD-FO de Loire Atlantique:

Pour le retrait des ordonnances,

Contre la destruction du Code du travail et des Conventions collectives

Contre les mesures antisociales du gouvernement Macron-Philippe


Le gouvernement a enfin dévoilé, le 31 août, les ordonnances de la « loi travail 2 » Ces ordonnances sont une attaque sans précédent contre les conquêtes sociales des salariés à la très grande satisfaction du patronat qui ne cache pas son bonheur. Les mesures régressives contenues dans ces ordonnances prennent clairement le pas sur les garanties obtenues à l’occasion des réunions de concertation.

En effet, elles organisent :

1. Un approfondissement de « l’inversion de la hiérarchie des normes. » La plupart des champs de négociation, en particulier ceux concernant de nombreux éléments de salaires (primes d’ancienneté, 13e mois, primes de nuit…) pourront désormais être négociés dans les entreprises alors que jusqu’à présent ils relevaient du Code du travail ou des Conventions collectives.

2. Une simplification considérable, pour les patrons, des conditions de recours aux « accords de compétitivité ». Il suffira pour le patron de justifier du fait qu’un tel accord « réponde aux nécessités liées au fonctionnement de l’entreprise » pour qu’il puisse organiser la baisse des salaires et/ou des primes, l’augmentation du temps de travail, etc. C’est « open-bar » pour les patrons qui ne se priveront pas.

3. La fusion des instances représentatives du personnel, vieille revendication patronale dans un « conseil social et économique d’entreprise », c’est à dire en clair une diminution drastique des moyens des Institutions Représentatives des Personnels (IRP), ce qui affaiblira considérablement les possibilités de résistance des salariés. Ainsi, les CHSCT seront remplacés par une commission obligatoire seulement à partir de 300 salariés. Dans les autres entreprises (l’immense majorité), aucune instance ne s’occupera spécifiquement de la santé, de la sécurité et des conditions de travail !

4. Une facilitation considérable des licenciements par : La généralisation du « CDI » de chantier. Ce contrat, sorte de super CDD qui, de plus, ne comporte même pas de prime de précarité, est aujourd’hui réservé au BTP, avec de sérieuses contraintes. Avec les ordonnances, il va être généralisé dans tous les secteurs.

Le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement illégal : les patrons pourront provisionner (inscrire dans leur budget) le fait d’être hors-la-loi ! La réduction des possibilités de contestation par les salariés : Plusieurs mesures protègent les patrons des recours aux prud’hommes de leurs salariés. Un périmètre national en cas de plan social. Pour juger du sérieux des difficultés économiques avancées par une multinationale qui veut licencier en France, le juge ne pourra prendre en compte que le périmètre de l’Hexagone, et non plus l’échelle mondiale comme aujourd’hui.

Les multinationales pourront donc assécher artificiellement leurs établissements en France pour licencier et délocaliser ensuite. Une « rupture conventionnelle » collective : Les ordonnances vont sécuriser les plans de départs volontaires dans le cas où une entreprise veut inciter ses salariés au départ, quelle qu’en soit la raison. Dehors, les salariés trop âgés et/ou aux salaires trop élevés !

Ces ordonnances poursuivent et aggravent la loi El Khomri.

Il s’agit donc d’une loi Travail XXL, comme nous l’avons toujours craint !

Cette nouvelle loi « travail » se situe dans un ensemble de mesures d’austérité contre les salariés décidées par le gouvernement :

– suppressions d’emplois de fonctionnaires,

– gel du point d’indice,

– augmentation de la CSG de 1,7 points (avec suppression à terme de toutes les cotisations sociales),

– remise en cause des APL,

– mise au chômage de centaines de milliers d’emplois aidés – etc…

L’Union Départementale Cgt-Force Ouvrière de Loire Atlantique appelle les salariés actifs, retraités, chômeurs, du privé comme du public

À PARTICIPER AUX MANIFESTATIONS

(avec grèves et débrayages)

le 12 SEPTEMBRE 2017

A Nantes 14h30 Place du commerce

A St Nazaire 10h00 Place de l’Hôtel de ville

UD Cgt-Force Ouvrière de Loire Atlantique 2 Place de la gare de l’Etat – 44200 NANTES

Tél. : 02 28 44 19 00 – Site Internet : force-ouvriere44.fr  – Blog : fo44.org

 


La Confédération Générale du Travail (CGT) Force Ouvrière toujours plus fracturée par les ordonnances de Muriel Pénicaud, par Luc Peillon

Source : http://www.liberation.fr/france/2017/09/07/ordonnances-penicaud-fo-toujours-plus-fracturee_1594814


Alors que la direction de la CGT Force Ouvrière refuse de battre le pavé Mardi 12 Septembre 2017 avec la CGT et l'Union Syndicale Solidaire (USS) contre la réforme du code du travail, cinquante deux unions départementales et huit fédérations professionnelles de la CGT Force Ouvrière appellent quand même à défiler.
 
Coup dur pour Jean-Claude Mailly, selon nos informations, plus de la moitié des unions départementales de la CGT Force Ouvrière en métropole, cinquante-deux précisément, appelaient, Jeudi 7 Septembre 2017 en fin d’après-midi, à manifester Mardi 12 Septembre 2017 avec la CGT, la Fédération Syndicale Unitaire (FSU) et l'USS, contre les projets d’ordonnances de Muriel Pénicaud réformant le code du travail, en opposition avec le refus affiché par leur secrétaire général d’appeler à défiler ce jour-là.
 
En plus des unions départementales, huit fédérations ont également lancé un appel en ce sens, la Fédération de l'Equipement, de l'Environnement, des Transports et des Services (FEETS), la fédération des transports, la fédération de la chimie, la fédération des cheminots, la fédération des mines et de l'énergie, la Fédération Nationale de l'Enseignement, de la Culture et de la Formation Professionnelle (FNECFP), la Fédération de l'Administration Générale de l'Etat (FAGE) et la Fédération Nationale de l'Action Sociale (FNAS).

Cinq autres fédérations se seraient positionnées en ce sens, mais pas de façon explicite, explique une source interne à l’organisation syndicale, la Fédération des Personnels des Services Publics et de la Santé (FPSPS), la Fédération Générale des Fonctionnaires (FGF), la Fédération des Employés et des Cadres (FEC), la fédération de la communication et la fédération du bâtiment.
 
Au siège de la confédération, où l’on affirme ne pas tenir les comptes, on minimise l’importance de ce chiffre. « Il y a des appels explicites, mais aussi de simples soutiens. Dans certains départements, par exemple, l'union départementale a fait un communiqué pour soutenir les syndicats de la CGT Force Ouvrière qui, localement, ont décidé d’aller à la manifestation. Mais ces syndicats de la CGT Force Ouvrière le font parfois, dans certaines entreprises, sous la pression de la CGT », explique Yves Veyrier, de la direction confédérale. « Quoi qu’il en soit, ce n’est pas notre sujet et nous n’avons aucun état d’âme », poursuit ce dirigeant confédéral, « nous nous félicitons d’avoir obtenu ce que nous avons obtenu, même si nous dénonçons un certain nombre de points que nous avons qualifiés de régressions sociales. Après, si la CGT avait été plus présente aux côtés de la CGT Force Ouvrière dans la concertation, nous aurions eu un texte plus équilibré ».
 
Lundi 4 Septembre 2017, la Commission Exécutive Confédérale (CEC) de la CGT Force Ouvrière s’était déjà fendue d’un communiqué, âprement discuté en son sein, qui allait beaucoup plus loin dans la condamnation des ordonnances que ce qu’exprimait jusqu’ici Jean-Claude Mailly, mais sans appeler à défiler Mardi 12 Septembre 2017.
 
Reste que si la pression en interne continue de monter et que la journée de mardi est un succès, la position de la direction pourrait difficilement ne pas évoluer. Notamment avant la réunion du Comité Confédéral National (CCN) qui réunit les responsables des unions départementales et des fédérations, le 28 septembre et le 29 septembre 2017, et où les frondeurs ne devraient pas manquer de se faire entendre.

 


L'assemblée citoyenne du Val d'Yerres reprend ses activités

Elle convie tous ceux et celles, qui dans cette rentrée marquée par une offensive brutale contre les intérêts des salariés, souhaitent renouer la discussion politique avec nous, à un apéritif fraternel samedi 6 septembre, lors de la fête de la ville de Yerres

Voici le tract d'appel



Chavez Castro et Maduro, par Bernard Fischer

Source : http://www.fischer02003.over-blog.com/2017/08/chavez-castro-et-maduro.html

Lundi 28 Août 2017


Le Venezuela sombre dans une profonde crise économique, sociale et politique et cette crise provoque une importante discussion politique à l’intérieur de la gauche et de l’extrême gauche française.

La position des défenseurs de l’actuel gouvernement vénézuélien de Nicolas Maduro procède d’une double négation.

C’est d’abord la négation de cette crise et l’inversion des causes de cette crise. C’est ensuite la négation du contexte historique et international de cette crise.

L’élection d’Hugo Chavez en 1998 à la présidence de la république du Venezuela est un tournant et un changement qualitatif dans l’histoire politique récente du Venezuela.

C’est l’acte de naissance de la révolution bolivarienne dont les deux caractéristiques les plus importantes sont les suivantes.

D’un point de vue politique, c’est la participation du peuple du Venezuela à un certain nombre d’organes d’auto organisation populaire. Hugo Chavez et son Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV) présentent systématiquement pendant au moins dix ans des candidats aux élections, ils respectent les résultats et les échéances électorales, les candidats du PSUV gagnent systématiquement les élections et les observateurs internationaux reconnaissent et garantissent généralement la régularité de ces élections.

D’un point de vue économique et social, les gouvernements successifs d’Hugo Chavez procèdent à une distribution partielle de la rente pétrolière par des programmes sociaux et cette distribution partielle de la rente pétrolière entraîne une élévation et une amélioration substantielle du niveau et des conditions de vie des masses populaires vénézuéliennes.

Combien de temps et d’années dure la révolution bolivarienne et quelle est la date exacte de la fin et de l’épuisement du modèle bolivarien et de la transformation de la révolution en contre révolution ? Quelles sont les modalités précises par lesquelles la contre révolution de Nicolas Maduro succède, remplace et provoque la défaite de la révolution d’Hugo Chavez ?

Il faudrait certainement un message d’au moins une dizaine de pages pour une réponse précise à ces questions. Vous trouverez seulement dans ce message trois réponses générales.

Premièrement, la révolution bolivarienne connaît le destin de toutes les révolutions, des révolutions démocratiques comme des révolutions sociales. Les révolutions sont comme les ogres, elles mangent leurs enfants. Après la grande révolution bourgeoise française de Maximilien Robespierre et de Georges Danton en 1789, il y avait la contre révolution du premier empire de Napoléon Bonaparte.

Après la révolution russe de Vladimir Lénine, de Léon Trotsky et de Nestor Makhno en 1917, il y avait la contre révolution de Joseph Staline. Après la révolution cubaine en 1959, il y avait les divergences entre Fidel Castro et Ernesto Guevara et la lente transformation de la révolution cubaine en dictature castriste. Après la révolution chaviste au Venezuela, il y a la contre révolution maduriste.

Quelles sont les principales formes d’expression de la contre révolution maduriste ?

Du point de vue de la situation économique, il y a d’abord l’effondrement du cours mondial du baril de pétrole et de la rente pétrolière. Il y a ensuite une modification importante de la répartition de la rente pétrolière et des dépenses budgétaires de l’état vénézuélien. Les trois postes budgétaires les plus importants étaient et sont les programmes sociaux, l’aide économique à Cuba et la corruption. L’augmentation exponentielle de l’aide économique à Cuba et de la corruption entraîne la disparition des programmes sociaux, une inflation exponentielle et la disparition des biens économiques les plus élémentaires dans les magasins.

La corruption générale prend une part de plus en plus importante du budget de l’état et provoque l’apparition d’un nouveau groupe social parasitaire, une nouvelle bourgeoisie rouge, la bolibourgeoisie, dont la principale composante est la caste des officiers de l’armée vénézuélienne et des gestionnaires des entreprises d’état et dont une partie de la fortune viendrait du trafic de drogue.
         
Du point de vue de la situation politique, les organes d’auto organisation populaire disparaissent au profit de la dictature du parti unique.

Du point de vue de la diplomatie internationale du gouvernement vénézuélien, le syndrome cubain frappe le Venezuela de Nicolas Maduro et son gouvernement soutient les pires dictatures du monde entier. Le gouvernement de Nicolas Maduro nous sert encore et toujours la vieille propagande anti impérialiste de l’union soviétique du vingtième siècle. Cette propagande anti impérialiste est toujours la propagande officielle de la dictature cubaine trente ans après la dissolution de l’union soviétique. La base la plus fondamentale de cette propagande anti impérialiste est un contre sens historique, économique et idéologique total dont le point de départ est la question de l’embargo économique des Etats Unis contre Cuba.

Nous sommes bien évidemment pour la levée et pour la suppression de l’embargo économique des Etats Unis contre Cuba mais cet embargo est bien un embargo économique contre le peuple cubain et ce n’est pas un embargo économique contre la dictature castriste. Nous sommes donc pour la levée de cet embargo économique pour deux raisons. Premièrement, l’ouverture du marché cubain au marché régional et au marché mondial entraînerait une augmentation significative des conditions de vie du peuple cubain. Deuxièmement, elle précipiterait la chute de la dictature castriste.

Il y a enfin la question de l’inversion des relations, des valeurs et des flux migratoires entre le Venezuela et la Colombie, la question des deux dernières années de la vie d’Hugo Chavez à Cuba et la question de la désignation de son successeur.

La désignation de Nicolas Maduro comme successeur d’Hugo Chavez était de toute évidence une décision de la direction castriste.   


C'était avant!...

Forces contraires à la Confédération Générale du Travail (CGT) Force Ouvrière, par Alexia Eychenne

Source : http://www.liberation.fr/france/2017/09/01/loi-travail-forces-contraires-chez-fo_1593673



 
La position tiède du secrétaire général, Jean-Claude Mailly, qui a annoncé Mercredi 30 Août 2017 la décision de la direction de ne pas appeler à manifester le Mardi 12 Septembre 2017, a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans bon nombre de fédérations. Menaçant de faire sécession, certains affirment qu’ils défileront avec la CGT.
 
« Qu’est-ce qu’il fout Jean Claude Mailly ? C’est quoi ce bordel ? On nous a fait descendre dans la rue pour moins que cela ». Ces derniers jours, le standard téléphonique de l’union départementale du Loiret de la CGT Force Ouvrière a dû s’habituer aux appels courroucés. Deux adhérents ont même renvoyé leur carte. Annoncée par le secrétaire général, Jean-Claude Mailly, Mercredi 30 Août 2017, soit la veille de la publication des ordonnances sur le droit du travail, la décision de la direction confédérale de ne pas appeler à manifester contre la réforme Mardi 12 Septembre 2017 passe mal. Dans le Loiret, mais aussi ailleurs. « Cela grogne en interne. Les syndiqués nous interpellent », constate Nadine Hourmant, secrétaire générale de l’union départementale du Finistère de la CGT Force Ouvrière.
 
Depuis le début, à la fin du mois de mai 2017, du cycle de concertations sur le droit du travail entre le gouvernement et les partenaires sociaux, nombre de militants bouillaient d’entendre leur leader multiplier les déclarations bienveillantes. L’annonce du Mercredi 30 Août 2017, suivie par la présentation des ordonnances, a été le coup de grâce. Plafonnement des indemnités prud’homales et possibilité pour les multinationales de licencier dans l'hexagone malgré des profits réalisés hors de France, la réforme du gouvernement consacre des propositions patronales considérées par la CGT Force Ouvrière comme des lignes rouges lors des débats sur la première loi travail. Un an plus tard, Jean Claude Mailly persiste pourtant à se montrer conciliant. « Il y a des reculs. Il y a aussi des avancées. Le modèle social n’est pas remis en cause », plaidait-il encore Vendredi Premier Septembre 2017, en vantant trois mois de discussions intenses. « Mais c’est comme si on nous avait annoncé qu’on allait nous couper la jambe et qu’il fallait se réjouir de ne perdre que le pied », s’agace Jean Hédou, à la tête de la Fédération des Equipements, de l'Environnement, des Transports et des Services (FEETS) de la CGT Force Ouvrière. Vendredi Premier Septembre 2017, son bureau s’est prononcé à quatre vingt dix pour cent pour rejoindre la CGT, l'Union Syndicale Solidaire (USS) et la Fédération Syndicale Unitaire (FSU) dans les cortèges.
 
Même décision de la Fédération des Transports et de la Logistique (FTL) de la CGT Force Ouvrière, « les ordonnances, c’est tout bon pour le patronat et pas grand-chose pour les salariés. Nos adhérents sont vent debout », assure son secrétaire général, Patrice Clos. Sa fédération avait réservé sa position ces derniers mois, choisissant comme Jean Claude Mailly de jouer la carte du dialogue. « Je n’avais pas de problème avec le fait de laisser la concertation aller au bout », poursuit Patrice Clos, « le souci, c’est qu’on ne partait pas d’une feuille blanche et qu’on se retrouve avec une deuxième loi travail ». La FTL de la CGT Force Ouvrière appelle donc ses troupes à défiler. « Et ce n’est que le commencement », promet le secrétaire général, qui dit avoir reçu un coup de fil du ministère des transports, inquiet de savoir jusqu’où son syndicat va aller. Selon la CGT, qui a fixé la date de la manifestation, au moins quinze unions départementales de la CGT Force Ouvrière participent à sa préparation, dont l’Yonne et les quatre départements bretons. Des intersyndicales s’y sont constituées dès le début de l’été.
 
D’autres ralliements pourraient suivre. Des commissions exécutives de la CGT Force Ouvrière vont se tenir partout en France d’ici le milieu de semaine prochaine. La suite à donner à la mobilisation contre les ordonnances figurera en tête des discussions. Sans compter que de nombreux adhérents rejoindront les manifestations quelle que soit la position de leur section. « Des copains m’ont dit qu’ils iraient tenir des banderoles de la CGT s’il le faut », lance un leader local de la CGT Force Ouvrière.
 
Dans la Manche, l’union départementale prendra sa décision Lundi 4 Septembre 2017. Mais à écouter son secrétaire Yann Perrotte, l’issue des débats ne fait guère de doutes. « Beaucoup d’entre nous faisions confiance à Jean Claude Mailly pendant la concertation », raconte-t-il, « puis son insistance à montrer que nous étions un interlocuteur privilégié du gouvernement a commencé à nous exaspérer. Nous sommes tombés de haut en voyant les ordonnances, pour des militants qui ont bataillé contre la première loi travail, c’est difficile à avaler ».
 
Avec les militants de la CGT, les militants de la CGT Force Ouvrière étaient en effet aux avant-postes de l’éprouvante contestation de 2016.
« Nous avons manifesté quatorze fois contre la première loi travail », insiste Nadine Hourmant, dans le Finistère, « je ne peux pas entendre aujourd’hui le secrétaire confédéral dire que nous devons respecter cette nouvelle réforme parce qu’il y a eu concertation. Nous n’avons rien obtenu pour les salariés ».
 
L’incompréhension, si ce n’est la colère, se cristallise autour de Jean Claude Mailly, qui quittera la tête de la CGT Force Ouvrière à l’issue du prochain congrès de la CGT Force Ouvrière au mois d’avril 2018. « Pour moi, il n’a pas respecté le mandat qui lui a été donné », tranche Nadine Hourmant. Il est encore tôt pour juger de l’ampleur des dissensions et des conséquences pour l’avenir de la CGT Force Ouvrière. Mais les prochaines échéances internes s’annoncent agitées. Une Commission Exécutive Confédérale (CEC) doit se réunir, Lundi 4 Septembre 2017.
 
Au mois de juin 2017, cette instance de trente-cinq membres promettait de mobiliser contre les ordonnances en cas de deuxième loi travail.
 
Le 28 Septembre et le 29 septembre 2017 se tiendra aussi un comité national, qui réunira les secrétaires d’unions départementales et de fédérations. Dont les frondeurs mobilisés Mardi 12 Septembre 2017 qui auront tout loisir de réclamer des comptes aux dirigeants. Plusieurs d’entre eux ont demandé d’en avancer la date en urgence. Un signe que la fièvre couve. Certains relativisent la portée des divergences au nom du fédéralisme de la CGT Force Ouvrière. « Les militants savent être des grognards fidèles », estime Yann Perrotte, reprenant la métaphore de Jean Claude Mailly pour nuancer les critiques, même les plus énervés respecteront ses treize ans de mandat et n’essayeront pas de saborder sa sortie, « nous allons nous dire les choses, mais nous allons maintenir l’unité, car des combats arrivent », comme la réforme des retraites et de l’assurance chômage. Yves Veyrier, de la direction confédérale, balaie aussi le risque d’une crise majeure, « que des positions contradictoires s’expriment dans la CGT Force Ouvrière, ce n’est pas nouveau ». Les appels à manifester à une date « que la CGT a décidée seule » sont, selon lui, le fait « de minorités agissantes amplifiées par les réseaux sociaux ». D’autres sont moins optimistes.
 
« Tout dépendra de la mobilisation », prévient un responsable d’union départementale, « si plus de la moitié des départements se joint à la journée du Mardi 12 Septembre 2017, Jean Claude Mailly sera désavoué. Emmanuel Macron a bien fait éclater les partis traditionnels, il pourrait faire de même avec les syndicats ».

 


Réforme du code du travail, changement de cap de la Confédération Générale du Travail (CGT) Force Ouvrière, par Luc Peillon

Source : http://www.liberation.fr/france/2017/09/04/reforme-du-code-du-travail-mailly-mis-en-cause-par-sa-direction_1594122


Dans un communiqué publié Lundi 4 Septembre 2017, la Commission Exécutive Confédérale (CEC) de la CGT Force Ouvrière semble remettre en cause la position conciliante du secrétaire général Jean-Claude Mailly sur les ordonnances de Muriel Pénicaud.

Le week-end de la CGT Force Ouvrière a dû être sportif. Alors que son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, affichait jusqu’ici une position plutôt conciliante sur les ordonnances de Muriel Pénicaud réformant le code du travail, la direction de la CGT Force Ouvrière semble opérer un virage sur l’aile.

Dans un communiqué publié Lundi 4 Septembre 2017 à l’issue de sa réunion, la CEC de la CGT Force Ouvrière se montre ainsi beaucoup plus critique sur le projet du gouvernement.

Certes, la direction de la CGT Force Ouvrière « souligne le travail réalisé par la confédération depuis trois mois qui se traduit par l’obtention de certaines garanties et le blocage de nombreuses dispositions ». Mais rapidement, le ton se fait beaucoup moins positif, « à contrario, nombre d’éléments constituent aujourd’hui une régression sociale et sont en tant que tels inacceptables ». Au point, précise le communiqué, que « dans les consultations officielles et obligatoires qui seront organisées, la CGT Force Ouvrière votera contre les ordonnances, d’autant qu’à la lecture des textes d’autres éléments négatifs apparaissent ». Et la direction d’envisager « les possibilités de recours juridiques ». Ce n'est pas vraiment ce que laissait entendre Jean Claude Mailly dans ses dernières déclarations.

Pire encore, alors le secrétaire général a annoncé son refus de participer à la manifestation du Mardi 12 Septembre 2017 organisée par la CGT, la direction de la CGT Force Ouvrière « estime qu’il est important que les confédérations syndicales puissent échanger rapidement entre elles sur la situation ». Sous-entendu, aller parler avec les autres responsables syndicaux, dont Philippe Martinez, responsable de la centrale de Montreuil et plus globalement « d’examiner toute initiative permettant de développer les positions de la CGT Force Ouvrière ».

Le jour de la présentation des ordonnances, Jean-Claude Mailly avait eu un jugement mesuré sur le projet du gouvernement,  « on consolide la branche, mais il reste un problème sur les primes et il reste des points de désaccord », avait-il dit. Mais à aucun moment il n'avait évoqué des  « régressions sociales », comme le souligne le communiqué de la CGT Force Ouvrière.

Contacté par Libération, Yves Veyrier, du bureau confédéral, reconnaît que les débats au sein de la commission exécutive ont été intenses et il concède des « conneries de communication ». Mais refuse de parler de fragilisation de son secrétaire général. « Le problème, c’est que ce que nous avons obtenu est dans le premier chapitre des ordonnances, aujourd’hui, nous voyons ce que nous n'avons pas obtenu dans le reste du texte et qui pose de gros problèmes ». Bref, pas d’inflexion au sein de la CGT Force Ouvrière, juste « une difficulté à communiquer dans ce brouhaha médiatique ». Et s’il est question d’aller parler avec les responsables des autres confédérations, la participation à la manifestation du Mardi 12 Septembre 2017 avec la CGT, « date qu’elle a décidée seule sans nous consulter », n’est toujours pas d’actualité. Même si plusieurs fédérations ou unions départementales de la CGT Force Ouvrière devraient descendre dans la rue ce jour-là.
 


Document - Texte de la CE de FO du 4 septembre 2017 :


Les ordonnances sur le Code du travail ont été rendues publiques par le gouvernement.

La commission exécutive souligne le travail réalisé par la confédération depuis trois mois en application du réformisme militant qui se traduit par l’obtention de certaines garanties et le blocage de nombreuses dispositions.

A contrario, nombre d’éléments constituent aujourd’hui une régression sociale et sont en tant que tels inacceptables, ce qui explique notamment que dans les consultations officielles et obligatoires qui seront organisées, FO votera contre, et ce d’autant qu’à la lecture des textes d’autres éléments négatifs apparaissent.

Par ailleurs la commission exécutive considère qu’il faut d’ores et déjà examiner les possibilités de recours juridiques et estime qu’il est important que les confédérations syndicales puissent échanger rapidement entre elles sur la situation.

Elle demande au Bureau Confédéral d’examiner toute initiative permettant de développer les positions FO.

Adoptée: 28 pour ; 5 contre.

 


L'émouvante mission des chirurgiens de la main à Gaza
 
Jeudi 13 Juillet 2017

Source : http://www.leparisien.fr/paris-75011/paris-l-emouvante-mission-des-chirurgiens-de-la-main-a-gaza-13-07-2017-7132932.php


Le professeur Christophe Oberlin, chirurgien orthopédiste, et son équipe viennent de rentrer de leur mission bénévole à l’hôpital Shifa de Gaza. En une semaine, ils ont réalisé dix huit opérations.
 
« La première fois que je suis entré à Gaza, l’électricité était coupée. C’était en décembre 2001, nous avions traversé Israël illuminé et en arrivant sur le territoire palestinien, c’était le noir total ». Quelques jours après son retour de mission à Gaza où il a pratiqué, avec son équipe, dix huit opérations chirurgicales extrêmement minutieuses, le professeur Christophe Oberlin, pratiquant à la clinique Mont Louis, dans le onzième arrondissement de Paris et enseignant à l’université Paris Diderot, se remémore les impressions de son premier voyage, il y a quinze ans. Les conditions archaïques de l’époque n’avaient pas découragé ce médecin déjà très expérimenté. Lui, qui se considère comme médecin du monde, a passé sa carrière à s’engager dans des programmes de bénévolat notamment en Algérie où il a participé à la formation de plusieurs chirurgiens. Là-bas, il a appris à faire avec ce qu’il avait sous la main et seul. « J’ai vu des patients arriver sur leurs pieds, monter sur ma table et mourir. Vous imaginez le niveau d’épuisement ». Quand Marcel-Francis Kahn, rhumatologue, lui propose en 2001 de lancer un programme de formation et d’opération à Gaza, il n’hésite pas. Depuis, il se rend trois fois par an sur cette terre enclavée entre l’Egypte et Israël. Sa trentième mission organisée par le Palestine Children's Relief Fund (PCRF), le fonds d’aide pour les enfants de Palestine, s’est achevée le Jeudi 6 Juillet 2017. Au total, douze enfants et six adultes ont subi une chirurgie.
 
Là-bas, le professeur Christophe Oberlin, accompagné de Christophe Denantes, anesthésiologiste, et de Paulette Fauché, infirmière de quatre vingt cinq ans infatigable, accomplissent trois types d’opérations, toujours concernant des paralysies, celles des membres inférieurs et supérieurs et les paralysies obstétricales.
 
Le chirurgien à de nombreux souvenirs en Palestine. Comme cette fille de six ans, victime d’un attentat, qui est arrivée gravement blessée dans son service en 2004. De multiples fractures, un coude luxé et traumatisée par un bras devenu difforme, la fillette s’était complètement renfermée sur elle-même. « Après trois opérations, nous avons réussi à rendre ce bras esthétique, c’est très important là-bas car c’est ce qui fait qu’elle se mariera. Plus tard je l’ai revue, elle était transformée, son visage souriait à nouveau. C’est la plus belle reconnaissance pour moi ».
 
En quinze ans de mission à Gaza, le médecin bénévole a opéré près de mille patients. Aide indispensable les premières années, il constate l’amélioration de la prise en charge médicale, « maintenant, ils ont leurs propres spécialistes. Avant, ils venaient de Russie et du Kirghizistan avec une formation aléatoire. Désormais, les médecins sont très bien formés ». Les conditions de travail se sont également améliorées. Le médecin explique qu’il opère à Paris dans les mêmes conditions de personnel, de sérieux et d’hygiène qu’à Gaza, « évidemment, c’est un peu plus rustique ».
 
En sortant de l’hôpital, tout est différent. Le médecin bénévole décrit les terribles problèmes d’électricité et d’eau insalubre qui touchent les gazaouis. Sans compter la pollution inimaginable et la misère effroyable qui touche la population. A son niveau, l’équipe de médecins apporte son aide à la ville de Gaza. Et les trois compères ont déjà rendez-vous au mois de décembre 2017 pour mener de nouvelles opérations.

 


Ordonnances Macron

Lien : http://www.gds-ds.org/wp-content/uploads/2017/08/commande-livre-Richard-et-G%C3%A9rard.pdf



Dans un nouveau livre, Richard Abauzit et Gérard Filoche, tous deux anciens inspecteurs du travail, « décortiquent » les ordonnances de Macron. Un livre indispensable en cette rentrée, et pour aider à la réussite à l’action intersyndicale du 12 septembre contre la loi « anti-travail » XXL de Macron ! À commander sans plus tarder !

Dans son jusqu’auboutisme contre le Code du travail, son acharnement contre « le coût du travail » , la casse des droits, protections et dignité des salariés, Emmanuel Macron n’a pas de mandat. Personne n’en était demandeur à part le Medef. 80 % de l’opinion est contre ces « ordonnances ». Ce sont des ordonnances anti-travail. Elles sont contre les salaires et pour la hausse des dividendes.

25 millions de salariés sont concernés, privés et publics. Il faut des mois pour que ces ordonnances soient « ratifiées ». Elles peuvent être battues. En juin 36, en mai 68, quand leurs entreprises furent occupées, patronat et gouvernement ont bien été obligés de négocier.

Ayons confiance, ils y seront obligés à nouveau si nous agissons dans l’unité. En 2016, 2017, 2018, les salariés n’ont jamais été aussi nombreux, aussi puissants mais aussi menacés, aussi obligés à agir.

Agir : cela commence inlassablement par expliquer, expliquer, expliquer. Décortiquer à une échelle de masse, le contenu de ces textes scélérats, en démontrer la dangerosité, ce livre le fait en détail, argument après argument, article par article. Ce livre est une arme pour lutter.

Disponible le 1er septembre. 10 euros (frais de port offerts) . Règlement par chèque à Com’Garonne 28 rue de la Bruyère 31120 Pinsaguel (commegaronne@orange.fr)

Pour commander le livre et bénéficier des frais de port offerts, je remplis le bon de commande.

 


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