Philippe Forcioli

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ou

L'oiseau qui chemine

27 rue Bussy l'Indien

13006 Marseille

 

 

 

Marseille

à Anne et Judith

Marseille

De ma mort et de ma renaissance

Marseille grise et bleue

 

Pareil

À la misère qui fleurit sur tes rives

Etranger j'ai connu la dérive

En tétant le soleil

Pareil

À l'inconnu qui passe

Et qui trace un poisson

Sur le sable en silence

Je dessine un oiseau

Sur tes forêts absentes

Marseille

Ville de mauvais sang

Je t'ai bue adolescent

Et voici je te nomme

Reconnaissant

De la beauté de l'homme

 

Marseille

Capitale des fous

Si l'accent a le goût

Des collines marines

Tu veilles

À ce qu'au rendez-vous

Voyageurs et voyous

Vers la lumière s'inclinent

 

Oh aime

Oh aime jusqu'à l'infini

Homme aime crie dans la nuit

Jusqu'au matin suprême

Ma vieille

Au grand vent de l'enfance

Cet avril m'est immense

Comme il me fut dégoût

Merveille

Au bout de la mi-nuit

Fin de la rue Paradis

Un ange m'a souri

 

Marseille

De ma mort et de ma renaissance Marseille

Blanche et bleue


 

Philippe Forcioli chante Cadou...

Air triste et connu

 

Un caillou lancé

Une vitre saute

Un homme qui tombe

Le cœur fracassé

Celui-ci chantait

Pour ne pas entendre

Le pas de la mort

Dans son escalier

 

Celui-là mourait

De ne pas comprendre

Les ordres brutaux

Dits en étranger

Celui-ci vivait

Mais de son mensonge

Un autre homme est mort

Au lieu de parler

 

De tous les vivants

Pas deux ne s'accordent

Sur le nom secret

De la liberté

Un caillou lancé

Une vitre saute

Un autre homme tombe

Ah ç'en est assez

 

dans « Le cœur définitif » (éditions Seghers)

 


Louisfert

 

Pieds nus dans la campagne bleue comme un Bon Père   

Qui tient sa mule par le cou et qui dit des prières

 

Je vais je ne sais rien de ma vie mais je vais

Au bout de tout sans me soucier du temps qu’il fait

 

Les gens d'aujourd'hui sont comme des orchidées

Drôle de tête et les deux mains cadenassées

 

Je marche dans le jour épais d'avant midi

Pauvre fils de garce qui n'en a pas fini

 

De mener ses chevaux sur la route sans ombre

Qui a grand'hâte et soif et ne salue personne

 

Car j'aime ce village emmuré de forêts

Et ses très vieilles gens comme des pots de grès

 

Qui tendent leur oreille aux carrefours des routes

Avec des mouvements qui font croire qu'ils doutent

 

J'ai choisi mon pays à des lieues de la ville

Pour ses nids sous le toit et ses volubilis

 

Je vais loin dans le ciel et dans la nuit des temps

Je marche les pieds nus comme un petit enfant.


 

"Il n'échappera pas aux esprits chagrins, donc lucides, que l'auteur de ces chansons et adaptations n'aura pas lésiné dans l'emploi des mots "nuit, mort, misère, enfer, poussière, oubli, douleur, orphelin, faillite, dégoût..." C'est vrai. D'autres esprits plus enjoués, donc extralucides, noteront que "célébration, promesse, enfant, arc en ciel, merveille, amour, bienheureux, paradis, farandole, trésors..." sont fêtés ici. C'est vrai aussi.

Je crois au tout et au rien, au oui et au non, je crois que c'est dans le choc franc de ces deux silex que sont vie et mort, qu'une hirondelle nommée "poésie" s'éclaire et nous éclaire.

Le coeur du poète demeure ce ring sonore où le combat fait rage, victoire ou déroute, toujours cherchant la paix profonde, pour tous et pour toujours, inlassablement.

Nul mérite ni orgueil à cela mais plutôt "priez Dieu que tous nous veuille absoudre."