Extraits musicaux

 

 

 

La fleur rouge

(cliquez sur la croche)

 

A la place du ciel

Je mettrai son visage

Les oiseaux ne seront

Même pas étonnés

 

Et le jour se levant

Très haut dans ses prunelles

On dira "le printemps

Est plus tôt cette année"

 

Beaux yeux belle saison

Viviers de lampes claires

Jardins qui reculez

Sans cesse l'horizon

 

On fait déjà les foins

Le long de ses paupières

Les animaux peureux

Viennent à la maison

 

Je n'ai jamais reçu

Tant d'amis à ma table

Il en vient chaque jour

De nouvelles étables

 

L'un apporte sa faim

Un autre la douleur

Nous partageons le peu

Qui reste tous en cœur

 

Qu'un enfant attardé

Passe la porte ouverte

Et devinant la joie

Demande à me parler

 

Pour le mener vers moi

Deux mains se sont offertes

Si bien qu'il a déjà

Plus qu'il ne désirait

 

La chambre est encombrée

De rivières sauvages

Dans le foyer s'envole

Une épaisse forêt

 

Et la route qui tient

En laisse les villages

Traîne sa meute d'or

Jusque sous les volets

 

Tous les fruits merveilleux

Tintent sur mon épaule

Son sang est sur ma bouche

Une flûte enchantée

 

Je lui donne le nom

De ma première enfance

De la première fleur

Et du premier été.

 


 

Le printemps mène l'aventure

 

Depuis le temps que je navigue entre les souches

Tout près du Feu, sous les paupières du charbon

Depuis le temps que le grillon creuse ma bouche

Et chante là, dans le tunnel de mes poumons

 

Le ciel me touche enfin comme une joue dormante

Je me délivre de moi-même et je revois

Ma belle vie avec ses voiles murmurantes

Et la main du soleil qui tourne sur le toit

 

Me voici parmi vous chevaux les plus dociles

Je m'endors entre vos jambes et je vous fuis

Pour des pays de hautes vagues et des îles

Perdues comme un visage d'ange au fond d'un puits

 

Car je porte avec moi mon coeur, triste lanterne,

Insatisfait de sa lumière et voulant voir

Par-delà l'étendue trembleuse des luzernes

La mer qui va et vient sur ses grands boulevards

 

Mon printemps est dans l'air du large, dans l'écume

Blanche ainsi qu'un enfant qui n'a pas su grandir

Et je marche sur l'eau, calme comme un qui fume

A sa fenêtre en Juin avant de s'endormir.

 


 

Je suis née de la mer…

 

Je suis née de la mer

Qui déployait ses jupes

Un jour de pentecôte

Le ciel était bavard

 

Pour l’avoir écoutée

Je ne peux plus me taire

Et je révélerai

Le nom de vos douleurs

Mes sottes et mes saintes

 

Vous voici au soleil

Cœurs soucieux qui éclate

Abeilles saisonnières

Mots tenus à l’abri

Du gel et des menaces

 

A force de miroirs

On m’avait rendue sage

Et je me répétais

Dans toutes les images

 

Mais voici que se rompt

La digue de mes craintes

Je me rejoins enfin

Dans l’eau de ma naissance...

 

...Tu me prêtais tes mots

Et je te rends les miens

Je suis riche et vous donne

Cet espoir à jamais vivant

Dont je m’étonne

 

Je suis née de la mer

Qui déployait ses jupes

Un jour de pentecôte

Le ciel était bavard