Marceline Desbordes Valmore (1786-1859)

D'après une miniature de A.Robillard.


 

Les séparés

Musique Julien Clerc

 

N'écris pas - Je suis triste, et je voudrais m'éteindre
Les beaux été sans toi, c'est la nuit sans flambeau
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre,
Et frapper à mon cœur, c'est frapper au tombeau
N'écris pas !

N'écris pas - N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes
Ne demande qu'à Dieu ... qu'à toi, si je t'aimais !
Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais
N'écris pas !

N'écris pas - Je te crains; j'ai peur de ma mémoire;
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire
Une chère écriture est un portrait vivant
N'écris pas !

N'écris pas ces mots doux que je n'ose plus lire :
Il semble que ta voix les répand sur mon cœur;
Et que je les voix brûler à travers ton sourire;
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon cœur
N'écris pas !

Marcelline Desbordes de Valmore, Poètes d’aujourd’hui, N°46 Edition Seghers 1971, page 154.


 

On pourra regretter deux modifications du texte de l'auteur par le chanteur-compositeur Julien Clerc, qui en l'occurence ne sont pas justifiées par la mise en musique:

"c'est l'amour sans flambeau" au lieu de "c'est la nuit sans flambeau"

"Au fond de ton silence écouter que tu m'aimes" au lieu de "Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes"

Toutes les deux ne valorisent pas le sentiment de la séparation des deux amants très bien rendue par l'auteur...